LA VANILLE
Hîsloriqne. — Botanique. — Fécondmlion artificielle. — Culture. — Récolle. -- Préparation. — Production. — Consommation. — Falsifications. — Vanillino artificielle.
Historique. — La vanille est, semble-t-il, originaire du Mexique méridional où elle était employée par les Aztèques pour parfumer leur boisson favorite, le chocolat. Un religieux franciscain, Bernhardino deSahagun, la signala en Europe dès 1560. Son nom aztèque était Tlilxochitl.
Ce fut pendant longtemps un produit rare et précieux ; cependant la France en utilisait déjà d'assez grandes quantités dès 1605. La Réunion, où la culture de la plante productrice devait prendre une extension considérable, ne reçut le vanillier qu'en 1817. Ce fut M. Marchant qui y introduisit les premières boutures, coupées sur une plante cultivée dans les serres du Muséum de Paris.
Botanique. — Le genre Vanillay de la famille des Orchidées, comprend un certain nombre d'espèces dont quelques-unes seulement donnent un produit utilisable dans l'économie domestique. La plus appréciée, celle qui est cultivée, presque à l'exclusion de toute autre, est le Vanilla planifolia Andrews, du Mexique méridional.
C'est une plante grimpante (fîg. 98), à tige cylindrique, charnue, verte, atteignant souvent une grande longueur, s'accrochant aux supports à l'aide de racines aériennes qui naissent en face des feuilles. Ces feuilles sont alternes, presque sessiles, entières, oblongues-lancéolées, de 10 à 15 centimètres de long sur 4 à 6 centimètres de large, épaisses et d'un vert brillant. Les fleurs
FifC. OS. — Liane he vanille.
feuilles ; elles mesurent i-iiviron 6 fpnlini(;lreB de rfiamètre el sont d'un lilanc vcrdàtre. Le fruit est une capsule grêle, cylindrique, atteignanl de 12 o 23 cenli-
mètres de longueur sur 2 à 3 centimètres de largeur; il s'ouvre en 2 ou 3 valves à la maturité. C'est ce fruit qui constitue la vanille, avant sa déhiscence, et qui est désigné dans le commerce sous le nom de Gousse de Vanille. Mais la construction de la fleur chez le vanillier est très particulière. Comme dans la plupart des autres Orchidées, le pollen forme deux petites masses arrondies qu'on appelle pollinies; or, il existe entre l'anthère (qui les renferme) et le stigmate, une languette qui sépare ces organes, de sorte qu'il est impossible aux pollinies de tomber directement sur le pistil. Ce sont des insectes qui, en transportant le pollen d'une partie de la fleur sur l'autre, déterminent habituellement la fécondation. Cette pollinisation est opérée naturellement par des insectes d'espèces particulières, propres au pays d'origine de la plante; aussi arrive-t-il que le vanillier reste stérile lorsqu'on le transporte dans un pays où manquent ses visiteurs attitrés. C'est ce qui est arrivé à la Réunion où l'on n'obtient des récoltes satisfaisantes que par la pratique de la fécondation artificielle des fleurs, opération qu'un créole, du nom d'Edmond Albius, appliqua pour la première fois en i841.
Fécondation artificielle. — Le procédé d'Edmond Albius consiste à écarter la languette stigmatique à l'aide d'un petit bâtonnet et à la dresser sous la partie inférieure du gynostème. L'obstacle étant ainsi supprimé, il suffit de presser légèrement sur l'anthère pour mettre les pollinies en contact avec le stigmate [dg. 99). Cette opération s'exécute le jour même de l'épanouissement des fleurs; elle est facile et très rapide.
Lorsque l'opération a réussi, la fleur se fane sans se détacher et la gousse se développe; sinon la fleur ne tarde pas à tomber. On féconde ordinairement 3 ou 4 fleurs par grappe et on enlève les autres.
Le nombre de fleurs qui fructifient, après avoir été ainsi traitées, est évalué à 40 p. iOO.
Les fruits, d'abord verts, jaunissent, puis deviennent
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- Fig. 'J9. — KÉCONIliTlON itnTIFICEELLK DE LA KLKUn DK ÏAMI.Ll
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