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L'ARACHIDE

Botanique. — CuUnre. — Rendement. — Produits. — Commerce.

L'arachide ou Pistache de terre, ou Cacahuète (Arachis hypogaea Linné), de la famille des Légumineuses, est le principal oléagineux importé en France par le commerce colonial.

La plante, originaire très vraisemblablement du Brésil, ne fut connue et introduite dans l'Ancien Monde qu'après la découverte du Nouveau Monde, d'abord, et probablement en Guinée, par les premiers négriers (de Candolle), ensuite par les Portugais, vers le xvu« siècle, d'Amérique, en Asie où elle s'est répandue jusqu'en Chine et au Japon. Elle est aujourd'hui cultivée dans tous les pays chauds et même dans la zone tempérée chaude, les limites de sa culture étant le 40<> de latitude nord et le 36° de latitude sud.

Botanique. — L'arachide est une plante annuelle à tiges couchées sur le sol, de 30 à 40 centimètres de hauteur; les feuilles ont ordinairement 2 paires de folioles stipulées, à long pétiole. Les fleurs sont petites, jaunes, striées de rouge ; elles naissent aux aisselles des feuilles.

2EI0 rnoDUiTs DU nèr.NB vâniiT^r.

Le mode de fructification de la plante est des plufi curieux (fig. 106). En effel. lorsque la récondalioii eslopcrée. le pédoncule lloral s'allonge, s'infléchit vers le sol de

;hii>e (Arachis hypogrea L.j 1. ftraine. — C. Fi.kur.

manière à enterrer l'ovaire qui se développe à une profondeur de 5 à 10 ceutiniéires, pour former une gousse {eot,sé) cylindrique, indéhiscente, longue de 3 à 5 centimètres, d'un gris jaunâtre, couverte d'un réseau de nervures snillantea, renfermant une. deux ou, plus rarement, IriiiM t^rfiines. Ce fruit est marqué d'un ou deux

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étranglements auxquels correspondent les loges contenant chacune une graine ovoïde, à testa rougeâtrc. Grillée, cette graine a une saveur qui rappelle un .peu celle de la noisette; il s'en fait une grande consommation dans les pays producteurs et même dans les grandes villes d'Europe ; mais c'est surtout comme graine oléagineuse que l'arachide ou cacaouette (du nom espagnol cacahuète) est utilisée.

On distingue deux variétés principales d'arachides : l'une, surtout cultivée en Asie, à tiges et à feuilles velues, à fruit contenant généralement 3 graines, qui se rattache au type péruvien ; l'autre, presque glabre, à fruit contenant habituellement 2 graines, qui rappelle le type brésilien, cultivé en grand sur la côte occidentale d'Afrique. Il existe d'aUtres variétés ou races locales, comme la Claire de Java, celle d*Égypte, plus ou moins hAtives, rustiques ou prolifiques.

La graine d'arachide renferme 50 p. 1 00 d'huile, 24 p. 100 de matières azotées et 11,7 p. 100 de sucre.

Cultare. — La culture en grand de l'arachide n'est vraiment profitable que dans les pays chauds ; dans les régions subtropicales et même tempérées, on peut obtenir cependant des produits, mais la graine y demeure petite, avec une faible teneur en huile.

Le sol doit être fertile, meuble, frais, avec, autant que possible, une certaine proportion de chaux. En terrain compact, argileux, le développement souterrain des fruits serait impossible ; en sol trop humide, ils pourriraient.

On laboure à une profondeur de 20 à 30 centimètres, puis on sème en déposant 2 ou 3 graines dans des trous de 7 à 8 centimètres de profondeur, placés à une distance de 50 centimètres les uns des autres. Des binages sont nécessaires pendant la végétation et il est utile de buter, c'est-à-dire de ramener la terre au pied des touffes au moment de la floraison, de manière à ce que les jeunes fruits puissent s'enterrer plus facilement. Il

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est également nécessaire d'arroser en cas de sécheresse, pendant le développement des plantes; mais rhumiditê excessive est nuisible surtout pendant la dernière période de la végétation.

La maturation des fruits a lieu six mois après le semis, et ce temps détermine l'époque du semis. Au Sénégal, on sème au commencement de la saison des pluies, de fin juin aux premiers jours d'août, de manière à ce que l'époque de la maturation coïncide avec le début de la saison sèche.

Le moment de la récolte est indiqué par le jaunissement des feuilles ; elle se fait par arrachage des pieds, à la main, sans plus, s'il s'agit de variétés à fruits groupés au pied de la plante ; en retournant le ôol à la spatule, si les fruits sont dispersés. Les plantes sont séchées au soleil et les gousses détachées à la main. Les tiges et les feuilles sont un excellent fourrage.

Les fruits détachés de la plante et séchés constituent les arachides en coque; c'est sous cette forme qu'ils sont exportés de la côte occidentale d'Afrique. Dans l'Inde et au Mozambique, on décortique les arachides avant de les livrer au commerce. Cette opération se fait par un battage à l'aide de fléaux. Les graines ainsi décortiquées sont d'un transport plus économique, mais elles rancissent plus facilement pendant le transport, dans la cale des bateaux.

Rendement. — Le rendement varie, cela va sans dire, suivant le climat et le terrain; il oscille entre i.500 et 4.500 kilogrammes à l'hectare ; nous admettons 2.400 kilogrammes dans une culture un peu soignée, donnant 73 p. iOO d'amandes et 27 p. 100 de cosses. Les graines décortiquées donnent en moyenne de 30 à 40 p. iOO d'huile à l'usine et par procédé européen, alors que l'indigèi^e, avec son outillage primitif, n'obtient que 20 à 25 p. 100.

Produits. — L'huile d'arachide est obtenue par près-

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sion. La première pression à froid donne l'huile dite surfine^ la meilleure pour latsrble; la deuxième pression, avec de l'eau froide, fournit une huile encore comestible, mais employée surtout pour l'éclairage et le graissage : c'est l'huile dite de graissage dans le commerce; enfin la troisième pression est faite à chaud et fournit l'huile de savonnerie. Les résidus ou tourteaux sont employés dans l'alimentation du bétail et comme engrais.

L'huile surfine d'arachide est jaune verdàtre, presque incolore, très fluide et agréable au goût (presque insipide). Elle commence à se figer à 1 degré au-dessous de zéro, rancit lentement et n'est pas siccative. Elle sert à falsifier l'huile d'olive et à fabriquer des beurres factices de margarine. Ces beurres en contiennent de 30 à 50 p. 100 et s'importent en quantité de Hollande sur l'Angleterre (pour plus de iOO millions par an).

L'industrie ordinaire emploie beaucoup d'huile d'arachides et la Hollande l'incorpore à ses fromages « pâte grasse ». Elle sert aussi à la préparation des conserves de sardines.

L'huile de fabrique, extraite à chaud, a une couleur jaune et une saveur désagréable; elle sert surtout dans la fabrication des savons blancs et durs.

L'usage de la cacaouette comme aliment direct est bien connu et s'est introduit dans les pays du Nord ; sous les tropiques, les nègres ont l'habitude d'en grignoter sans discontinuer. Pilée, l'arachide donne un condiment de couscouss ; enfin, en certains pays, comme en Espagne, on l'associe au cacao pour la préparation du chocolat.

Commerce. — Les principaux pays producteurs sont, par ordre d'importance : l^la côte occidentale d'Afrique, au nord de Rufisque, qui donne les Extra Cayor, les Rufisques et les Rupsgues surfines ; 2«* les pays de la côte occidentale d'Afrique, au sud de Rufisque, qui donnent les Sine-Rufisques ; Z^ la Gambie et la Plata ; 4° l'Inde, et surtout la côte de Coromandel.

C'est seulement vers 1840 que la culture de l'arachide

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a commencé à prendre une certaine importance sur la côte occidentale d'Afrique (en Gambie et au Cayor). En cette année, Marseille recevait un premier envoi de 1.200 kilogrammes. Les chiffres d'exportation augmentèrent rapidement et ilssont devenus énormes au Sénégal, dont l'arachide est devenue le principal élément de richesse. En i908, cette colonie en a exporté pour près de 33 millions de francs.

La France importe annuellement dans les 160.000 tonnes d'arachides en cosses ou décortiquées, d'une valeur de 48 millions de francs, provenant surtout de ses colonies : Sénégal et Pondichéry (le chiffre de l'importation en France a atteint jusqu'à 250.000 tonnes). En 1909, l'Afrique occidentale française en a exporté 228.000 tonnes ayant une valeur de 4i millions'de francs.

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