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LE PALMIER A HUILE

Bolaaiquo. — Varié'és. — Culture. Récolte. — Produits. — Commerce.

Le Palmier à huile {Elœis guineensis Jacquin), de la famille des Palmiers, est un bel arbre qui rappelle le cocotier par son port {fig. 107).

Sa patrie est la côte de Guinée, où les voyageurs l'ont vu exploité au xvi*^ siècle par les indigènes, et d'où les négriers et les nègres l'ont introduit au Brésil. Il a gagné peu à peu toutes les régions tropicales, mais son centre d'exploitation intense demeure le golfe de Guinée. On le trouve à l'état sauvage sur la côte occidentale d'Afrique, principalement entre le 13<* de latitude nord et le 6<* de latitude sud. Il pénètre dans l'intérieur du continent et existe dans toutes les parties basses et humides de cette vaste région, jusqu'au lac Tanganyka.

C'est l'arbre utile par excellence de nos colonies du Dahomey, de la Côte d'Ivoire et de la Guinée; il est également commun au Gabon.

Botanique. — Le Palmier à huile atteint 15 à

épineux. Les fleurs sont monoïques. cos)-n-dire les uit>;s mâles, les autres femelles, portées sur des infloreaeences distinctes, mais sur le même arbre. Llnflorescenee

femelle est de forme ovoïde et alleînt de 10 à 50 cenlimëlrcB de longueur sur 10 à 35 centimètres de larg'eui

elle est coiistiti

FiR. lOS. — Fnon

(ElmU ffuineensii).

Le noyau, de si neuse qui est ex

des ramifications munies de bradées épineuses et porte des fleura qui deviennent des fruits (drupes) de la forme et de la grosseur d'une prune quettcke, d'un jaune plus ou moins rougedtreà la maturité, selon les variétés (fig. lOB).

Ces fruits, au nombre de 1.000 â 1.500 sur un régime (inllorescence) de dimensions moyennes, possèdent un noyau à paroi (endocarpe) dure, épaisse, entouré d'une pulpe à la fois charnue et fibreuse, d'épaisseur variable selon les variétés, qui renferme une forte proportion d'huile.

»\ côté, renferme une amande oléagiportéc en Europe sous le nom do Pal-

Variétés. — Dans ses Documents sur le palmier à huile, M. Chevalier distingue plusieurs espèces et variétés de cetarbre, 1res différentes au point de vue du rendement fît de la qualité de leur produit. Il y aurait grand Intérêt à en poursuivre l'amélioration.

Culture Béoolte. — Sur la côte d'Afrique, ce Palmier n'est guère cultivé, parce qu'il existe en abondance à l'état sauvage et que ses fruits, se détachant à la maturité, germent sans autres soins, assurant ainsi la propagation de la plante. Mais i] y aurait utilité À planter les meilleures variétés, obtenues de graines cl cultivées en pépinière jusqu'au moment de la mise en place, en sol humide, en ménageant un espace de 8 mètres entre les

Au Dahomey, le palmier à huile est en plein rapport vers l'Age de dix ans; il donne son maximum de produc-

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lion entre vingt et trente ans d'âge, continuant d'ailleurs à fructifier abondamment jusqu'à quarante ans. Au Dahomey, on estime qu'un arbre en plein rapport donne de six à dix régimes pesant chacun 6 kilogrammes, en moyenne.

La cueillette des régimes se fait à la main par les indigènes qui sont très habiles à escalader les arbres. Elle a lieu toute l'année, mais elle est surtout abondante au début et à la fin de la saison des pluies.

Produits. — Nous avons vu que le fruit de VElaeis donne deux sortes d'huiles : l'une que l'on extrait de la pulpe (huile de palme) y l'autre que Ton tire de l'amande {huile de palmiste) .

Vhuile de palme ne se trouve en Europe qu'à l'état solide, car elle ne devient fluide qu'à une température supérieure à 40** C. Elle est de couleur jaune orangé; à l'état frais, elle a une légère odeur de violette et est employée en cuisine par les indigènes qui en font une grande consommation'; mais elle rancit vite. On l'emploie surtout en savonnerie et en stéarinerie.

Dans ses pays d'origine, au Dahomey, par exemple, on l'extrait en faisant fermenter les fruits nouvellement récoltés dans des jarres, pendant quelques jours ; on triture ces fruits, on en extrait les noyaux et on fait bouillir la pulpe dans de grands récipients remplis d'eau. L'huile vient surnager à la surface du liquide et il suffit de décanter pour la recueillir. La purification de l'huile est ensuite obtenue par une ébullition prolongée.

Les noix débarrassées de leur pulpe sont ensuite brisées entre des cailloux ou à l'aide de marteaux, car leur coque est extrêmement épaisse et dure. On en extrait l'amande (palmiste), que Ton utilise après l'avoir fait sécher. Ces palmistes sont habituellement expédiés en Europe où on en tire, par pression, à chaud, 42 à 45 p. 100 d'huile, dite de Palmiste y blanche, qui ne devient fluide qu'à une température supérieure à 2h^ G. Cette huile est employée en savonnerie fine.

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M. Cti^nc Poisson, dont on déplore la perte récente» avait installé à Cotonou, en 1908, une usine pour l'extraction de l'huile de palme et le concassage des noix. Grâce aux procédés mécaniques employés, le rendement en huile y atteint 16 à i8 p. 100, alors qu'il n'est que de 10 à 11 p. 100 par les méthodes des indigènes.

L'Elœis donne un vin de palme que l'on obtient en entaillant le régime à sa base. Ses feuilles servent à couvrir les cases, etc.

Commerce. — On évalue à iOO.OO/ft tonnes d'huile et { 250.00lf tonnes d'amandes l'exportaiion annuelle de la côte occidentale d'Afrique, représentant une valeur de 200 millions de francs.

D'après M. Chevalier, il faut compter, en outre, une quantité de plus de 200.000 tonnes d'huile qui est consommée sur place par les indigènes.

LeDahomey, àluiseul,a exporté, en 1909, 33.224.460 kilogrammes d'amandes et 1 5.016.255 kilogrammes d'huile.

La Côte d'Ivoire participe de cette même richesse, figurant avec le caoutchouc au premier chef de ses exportations : 3.200 tonnes d'amandes et 4.800 tonnes d'huile, en 1907, valant ensemble 2.300. 000 francs. Viennent ensuite la Guinée française (3.69i tonnes d'amandes et 107 tonnes d'huile, en 1907); le Congo; puis le Sénégal, avec des quantités moindres, mais notables.

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