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LE 8É8AME

Botanique. — Culture. — Usages. — ProducUou ol commerce.

Le Sésame {Scsamum indicum Linné, S. orientale De Candolle),de la famille des Pédalinées, est originaire de l'Asie tropicale, cultivé depuis la plus haute antiquité en Extrême et en Moyen-Orient pour ses graines, qui donnent une huile comestible.

Botanique. — C'est une plante annuelle, pubescente, qui peut atteindre 1°*,50 de hauteur, à tiges dressées, à

PL(NTB.S ULÉIFÊIIES

(eiiiltos ovnlos-lanct'ulôes. dcntéos, 1rs inférieureB parfoie trilobées ; les fleurs soril suliliiires à faisscll»' des fenilIcH: leur curullc cal bilabiée. d'un blanc rose; le Truit cal une capsule oblonpie, obscurcmcnl tclragonc, bivalve, chaque loge étant subdivisée en deux par une

" Fig. 109. — SÉaAMB.

fuussc cloison ; les graines sunt très nombreuses, ovales, aplaties, rappelant par leur forme celle du Lin, mais plus pelilcs. On en distingue trois variétés principales caractérisées par la coloration des graines : blanches, rougeâtres ou noires. C'est la variélc à graine blanche 'qui fournit l'huile la plus estimée.

Culture. — Le sésame peut être cultivé dans les mêmes régions qitc laraehide, c'est-à-dire jusque dans les climats tempérés chauds. 11 prospère surtout dans les

pays chauds et un peu secs, en sol meuble, de ferlilitc moyenne mais frais, ou pouvant être arrosé facilement en cas de nécessité.

On sème au commencement de la saison des pluies; on éclaircit les plantes lorsqu'elles ont 10 centimètres de hauteur, de. manière à ce que celles qui subsistent soient espacées de 25 à 30 centimètres, et la maturité arrive trois ou quatre mois après le semis.

Lorsque les tiges sont jaunies et que la déhiscence des fruits commence à se manifester, on procède à la récolte en coupant les plantes, pour les faire sécher au soleil, sur des claies, ou pour les porter directement au séchoir. Ces manipulations doivent être faites avec soin, car les graines tombent facilement des capsules.

Quinze jours après la récolte, on procède au battage à l'aide de fléaux ou de maillets en bois, puis la récolle est vannée avant d'être livrée au commerce.

Usages. — La graine renferme jusqu'à 55 p. 100 d'huile; par deux pressions, à froid, on en tire une huile comestible, de couleur jaune clair, un peu aromatique et amère, rancissant lentement ; le résidu, soumis à une pression à chaud, fournit une huile employée surtout dans la savonnerie et l'éclairage. La variété à graine noire est la plus productive; mais l'huile qu'elle fournil est de qualité médiocre; elle entre dans Talimenlalion journalière des indigènes.

Le tourteau sert comme engrais et pour l'alimentation des animaux domestiques.

Production et commerce. — Les principaux pays producteurs sont le Levant, l'Inde et la Chine. La Turquie d'Asie et le Golfe Persique en exportent annuellement environ 45.000 tonnes ; l'Inde, 100 à 150.000 tonnes.

Parmi nos colonies, il faut citer surtout la Guinée, où la plante a été autrefois l'objet de cultures assez importantes ; on la trouve presque partout dans la boucle du Niger, où les Bambaras la désignent sous le nom de

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Béné. Nos possessions de la cole oceidenlalo d'Afriiiue en exporleni aiintiellenicnl de tOO h 200 tonnes. L'Indochine, nolammenl l'Anniim, en prodtiil aussi qiieli{iie peu (400 lonnes à l'exportation], il y aurait grand intérêt H y développer cette culture. Hais ces quanliléH sont très minimeH comparées à celle des importiitions de In

De 1903 A 1909. la France a importé 81.000 tunnes do graines de séaame. valanl une trentaine de millions de francs.

e. - LE mctN

Le Ricin (Kicintu communis Linné), de )a famille de Euphorbiacées. est une plante économiiiue dont la cul Inre aeperd dans la nuitdeslemps.

De Candolle le croit originaire de l'Afrique inlertropicale, mai." il se répand aujourd'hui dans tous les pays cliauds et jusque dans la zone tempérée où il est surtout employé comme plante ornementale, dans les jardins.

Botanique. — La plante e.^l vi- p,g UO __ i„c,^,

vace et même arborescente dans la région tropicaleoù.ses liges penvon atteindre 5 à 6 nictreHde hauteur : elle est annuelle dan

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la zone tempérée. Les feuilles sont alternes, très amples, mesurant souvent plus de 60 centimètres de largeur, palmées, à 5-9 lobes ovales aigus. Les fleurs sont monoïques, réunies dans la même inflorescence. Le fruit est une capsule à trois coques, hérissée de pointes mousses, chaque coque renfermant une graine de la grosseur d'un haricot ou de dimensions moindres, à testa coloré très diversement selon les variétés, qui sont nombreuses. Ces graines sont luisantes, à fond brun, pourpre, noirâtre ou grisâtre, avec des marbrures, des taches plus ou moins larges, un pointillé grisâtre ou brunâtre. L'amande est blanche et contient une huile utilisée en médecine, mais employée surtout pour l'éclairage, la savonnerie, le graissage des machines.

Variétés. — Il existe donc de nombreuses variétés de ricin caractérisées par le volume des graines et leur coloris. Il en existe aussi qui diffèrent les unes des autres par leur feuillage tantôt très ample, tantôt moins développé, vert, d'un vert bleuâtre (glauque) rouge pâle ou rouge noirâtre.

Quelques-unes de ces variétés ont été érigées au rang d'espèces par certains botanistes. Telles sont : le R. inermis Miller, à capsules tuberculeuses, mais sans épines; le A. minor Miller, à petites graines; le A. sanguinem Hort., la plante entière d'un rouge plus ou moins violacé, avec de grosses graines; le /l. tunicensis Desfontaines, la planta entière d'un vert glauque; R. viridis Willdenow, plante verte, très vigoureuse, à grand rendement, préférée par la culture en grand, dans l'Inde; R. zanzibarensis Hort., remarquable par son feuillage très ample, très ornemental.

Culture. — Le ricin aime les sols meubles, légers, alluvionnaires, fertiles ; il prospère surtout sous l'influence de la chaleur et de l'humidité et il est très sensible à l'action des engrais. En sols légers et pauvres, il végète lentement, produisant peu de graines.

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On sèiYio les graines en place, au commencement de la saison des pluies, dans des poquets disposés en lignes et à une dislance de 2 mètres les unes des autres. La récolte commence cinq ou six mois après, lorsque les fruits sont sur le point de s'entr*ouvrir, et elle se poursuit pendant plusieurs années.

On peut admettre une récolte annuelle de 800 à \ .000 kilogrammes de graines à l'hectare, selon la qualité du terrain et la variété cultivée.

Usages. — Les amandes de ricin, sans tégument, contiennent jusqu'à 65 p. 100 d'huile; mais, avec le tégument, on n'en retire industriellement que 35 à 37 p. 100, une grande partie étant retenue dans les tourteaux.

L'huile s'extrait à chaud, par pression ; son usage en médecine, comme purgatif est fort ancien en Europe où on utilise à cet effet l'huile extra-blanche. Dans l'Inde, elle sert à l'éclairage ; mais son usage le plus répandu est en mécanique comme lubrifiant (mélangée avec de la graisse de mouton) connu sous le nom de Castor oil. Ce nom est cité par de Candolle comme un exemple de corruption trompeuse. La Jamaïque, au siècle dernier, cultivait beaucoup le ricin, qui rappelle quelque peu le Vitex Agnus-CastuSy « Casto » des Espagnols, dont les Anglais et le commerce de Londres ont fait Castor.

La feuille de ricin serait un bon fourrage, activant la lactation chez les bovidés. Par contre, le tourteau ne doit jamais être donné au bétail, à cause de son action sur le tube digestif. Ce tourteau, par sa teneur en azote, (5 p. 100), constitue un excellent engrais et c'est à ce titre qu'il apparaît sur les grands marchés métropolitains. Notons que les feuilles du ricin sont la nourriture d'un ver à soie spécial {Attacus Ricini), de l'Assam, dont on tire une soie eri très appréciée, extrêmement fine.

Commerce. — Parmi les pays producteurs (Inde, Egv'ple, Turquie d'Asie, Chine, Etats-Unis, Indochine),

l'fnde.se place au premier rang. Elle envoie en Franco, chaque année, une dizaine de milliers de tonnes (14.000 en 1903). L'Indochine, surtout le Tonkin, en exporte annuellement environ 200 tonnes, d'une valeur approximative de 100.000 francs. Le Sénégal en produit aussi une petite quantité.

A côté des plantes oléagineuses de grande importance dont il vient d'être question, il en est d'autres, très nombreuses, dont les produits ne sont pas encore entrés dans le grand courant commercial et qui font plutôt l'objet de transactions locales. Nous ne pouvons que signaler les plus intéressantes, comme le Karité, VArganier, etc.

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