LE KARITÉ
Description. — Variétés. -— Culture. — Usages. ~~ Commerce.
Le Karité, ou arbre à beurre (Butyrospermum Parkii Kolschy) appartient à la famille des Sapotacées. C'est l'un des arbres les plus abondants et les plus caractéristiques du Soudan français (parties hautes du Sénégal, de la Guinée, de la Côte d'Ivoire, du Dahomey et du Congo) . Son aire de dispersion s'étend du 16** de longitude Ouest au 32<* de longitude Est, en formant une bande allant, à l'Ouest, du 8<> au 15<* de latitude nord, se rapprochant de l'équateur vers l'Est. C'est le Karé ou Karité des Sarracolès, des Ouolofs et des Toucouleurs ; le Se ou Ce des Malinkés et des Bambaras.
Il croît sur les pentes des collines et les plateaux rocailleux ou sablonneux, autour des villages où il est cultivé ; affectionnant les sols profonds, meubles, fertiles ; on ne le trouve pas dans les terrains argileux et humides et il ne constitue jamais de forêts denses.
Description. — Le Karité est un bel arbre dont le port rappelle celui de notre chêne d'Europe, atteignant jusqu'à une vingtaine de mètres de hauteur, avec un tronc qui
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peut mcsuivr 3 mèlrcs âc dianiùlri'. Les Tcuilles soiil caduques, alternes, enticroa, lancéolées, de 10 à 30 ccntimclrcs de loiijî, coriaces, glabres et diin vert fonce à l'état adulte. Les Heurs, pelites. très mmibrcuses, disposées en coryinlies à rexiréinilc des ramcHux. sont
Flg. Itl. — Raheu' fleuh] de k.ihitë iBalijrospermiim l'arkiti
(var. maagifolium, A. Chcv.|.
ID'iprt» Bm. PerroL)
très od<irantes {dg. 111), Lefruil mûrit en mai ; cesl une baie charnue, sphériquc ou ovoide, de la prosseur et de la forme d'un abricot, de cuuleur jaune verdAtre, conlonaiil un, quelquefuis deux, rarement trois noyaux, de la grosseur et du volume d'un marron d'Inde. La coque est dure, ligneuse, luisante, jaune ou dune couleur brunâtre plus ou moins foncée, avec un large hile ; elle contient une amande blanche qui, d'après M. Ileckei, renFernie 26 à 38 p. 100 de malière grasse, alimenlaire.
Variétés. — D'après M. A. Chevalier, le B. Parkii serait une plante très polymorphe dont il existerait de nombreuses formes pouvant se rattacher à trois variétés principales : les B. mangifolium, Poissonii et nilolieum.
Culture. — L'arbre est exploité exclusivement par les indigènes qui le plantent autour de leurs cases. M. Perrot en conseille la culture associée à celle des lianes à caoutchouc (Landolphia) .
Usages. — Le tronc du karité donne un latex qu'on a cru pouvoir utiliser pour la production d'une sorte de gutta-percha ; cependant, jusqu'à ce jour, la valeur de ce produit n'a pas encore été bien établie. Mais le karité fournit une matière grasse précieuse, que les indigènes extraient de sa graine et dont ils font une consommation considérable' pour la préparation de leurs aliments, l'éclairage des cases, l'arrangement des coiffures. C'est le beurre dit de Karité, ou beurre de Galam^ alimentaire lorsque sa préparation a été soignée, mais dont le goût spécial est désagréable au palais de l'Européen.
Les fruits mûrissent de juin en août. Lorsqu'ils sont bien mûrs, leur pulpe est comestible et de saveur agréable ; ils tombent d'eux-mêmes à la maturité et sont ramassés par les femmes et les enfants.
Pour la préparation du beurre, il est nécessaire de débarrasser les graines de la pulpe qui les enveloppe. On utilise celles qui ont été mises en réserve après la consommation du fruit; mais, le plus souvent, les fruits sont mis dans des fosses où leur chair fermente et pourrit. Environ un mois après, on retire les noix de la fosse et on les fait sécher pendant quatre à cinq jours dans un four en terre. Les noix sont ensuite concassées, dans un mortier à mil, pour en extraire les amandes que Ton fait griller dans un vase percé de trous à sa partie inférieure, ou que l'on met à torréfier dans un four. Ces amandes pilonnées donnent une pâte grenue que Ton pétrit à la main dans de l'eau froide et que l'on jette dans
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de l'cau bouillante. La matière grasse surnage à la sur-» face de l'eau et les impuretés gagnent le fond. On décante et le produit, ainsi obtenu, est façonné en pains de 4 à 3 kilogrammes.
Le point de fusion élevé de ce corps gras (37<>) permet de le conserver à l'état solide, mais il rancit assez rapidement. Dans beaucoup de régions, les nègres ont l'habitude de s'en enduire le corps, le visage et les cheveu^ (contre la piqûre des moustiques), ce qui leur donne une odeur de rance caractéristique.
Commerce. — Jusqu'à présent, le beurre de Kariiè est demeuré un gros article de commerce intérieur sur la côte occidentale d'Afrique ; mais l'industrie a trouvé le moyen de lui enlever son goût spécial et d'en faire un produit, acceptable comme la végétaline (d'après ce que nous dit M. Perrot), de sorte que le commerce européen demandera sans doute des envois de noix de plus en plus considérables.
M. Vuillet, chef du service de l'agriculture, évalue à 50.000 tonnes la quantité de noix de karité produite annuellement dans le Haut-Sénégal et Niger.