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OLÉIFÈRES DIVERS

Pentadesma bulyraeea. — Lophira alata. — Polygala buiyrcieea. — Mimuiops Pierreana. — Mimutopt Djave. — Penlaclelhra macrophyUa. — Irvingia gabonetuit. — Carapa Touloueouma ei guineensi». — Gardnia tonkinemis. — Irvingia Oliveri. — StUlingia tebifera. — Camellia drupifera. — L*Abratia. — Le BaocouUer. — Les Beusia. — Atoringa pterygoêpertita. — Aêtrocaryum vulgare. — Carapa guyanemit. — Altalea excelêa. — Caryocar glabrwn. — EtUerpe olcracea. — La Kraine de colonoier.

Nous signalons parmi les plantes de nos possessions de la côte occidentale d'Afrique :

Le liBxny (Pentadesma butyracea Sabine), bel arbre de la famille des Guttifères, dont les graines contiennent 47 p. 100 de matière grasse.

Le Mené ou Mana [Lophira alata Banks], arbre de la famille des Diptérocarpées, originaire du Sénégal.

Le Maloukang ou Ankalaki [Polygala butyracea Ileckel) petit arbre de 3 mètres de hauteur, de la famille des Polygalées. Les graines, de petites dimensions, contiennent un corps gras de saveur agréable, dans la proportion de 17,55 du poids de la graine.

LeMoabi [Mimusops Pierreana Engler, M. oôota^a Pierre), de la famille des Sapotacées. L'un des plus grands et des plus beaux arbres du Gabon-Congo, au tronc de 25 à 30 mètres de hauteur, atteignant jusqu'à 2,50 de diamètre à 1 mètre au-dessus du sol. Le fruit contient une grosse graine ovoïde, de 5 centimètres de longueur sur 3 à 5<=",5 de large, à coque dure, épaisse, brune, à amande

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renfermant 40 à 45 p. 400 de son poids d'une graisse jaunâtre qui fond à Z2P C.

Le Djave [Mimmops Djave Engler) (famille des Sapotacées), Djavé ou ourere des Gabonais, Noumgou, au Cameroun, a été désigné sous le nom de Tieghemella africana Pierre, Baillonella loxisperma Pierre, etc. C'est l'un des plus grands arbres du Congo français ; il peut atteindre jusqu'à 40 mètres de hauteur. Son fruit est une grosse baie de la grosseur d'un coing, à pulpe sucrée comestible ; il contient 1 ou 2 graines oblongues, à test épais, dur, de 8 centimètres de longueur, dont l'amande est riche en matière grasse utilisée par les indigènes.

L'O'wala (Pentaclethra macropAy//a Bentham) (famille des Légumineuses), arbre de 20 à 25 mètres de hauteur, abondant au Gabon, et des grosses graines duquel les Pahouins extraient une matière grasse qu'ils mêlent à celle de VObat pour préparer VO*Dika.

I/Oba ilrvingia gabonensis Bâillon) (famille des Simarubées). Arbre abondant au Congo. 11 atteint environ 25 mètres de hauteur et a l'aspect de notre chêne d'Europe. Le fruit, de la grosseur d'une pomme moyenne, est une drupe dont la partie charnue est comestible, à saveur de mango, à noyau dur. L'amande, que Ton extrait en brisant les noyaux dans un mortier, renferme, dans la proportion de 66,80 p. 100.. un corps gras qui a le point de fusion, l'odeur et la saveur du beurre de cacao, de couleur jaune orangé à l'état solide. Les Pahouins en font des pains dits d'O'DiÂa, de forme cylindrique et du poids de 2 à iO kilogrammes, produit qu'ils consomment en l'associant aux bananes cuites, au poisson, au poulet, etc.

L'O'DtAa, réduit en poudre, leur sert pour assaisonner leurs mets. Bien préparé, le beurre de Dika se conserve indéfiniment sans s'altérer. C'est un produit précieux sur lequel l'attention mérite d'être appelée d'une manière toute particulière.

3iO PRODUITS DU RÈGNE VÉGÉTAL

Le Toulouoouma {Carapa Touloucouma Guillemin et PerroU^t, Carapa putneen^û; Don) (familledes Méliacées) est arbre très répandu au Sénégal, dont la graine contient une matière grasse odorante, amère.

L'Indochine possède aussi de nombreuses plantes oléifères parmi lesquelles nous citerons seulement, comme étant les plus remarquables :

Le Cay gioo, ou Cay doc {Garcinia tonkinemis Vesque, G. Balansx Bâillon) (famille des Guttifères), bel arbre proche parent du Mangostanier, qui pousse abondamment à rétat sauvage au Tonkin, et dont Thuile retirée des graines est l'objet d'un commerce local notable.

Le Cay Cay, ou arbre à chandelle [Irvingia Oliveri Pierre) (famille des Simarubées), grand arbre peuplant les forêts de la Cochinchine et du Cambodge, dont les graines fournissent une matière grasse qui serait précieuse en stéarincrie si on voulait la récolter méthodiquement.

Le Cay soi, ou arbre à suif (Sapium sebiferum Roxburgh, Stillingia sebifera Michaux), petit arbre abondant au Tonkin et dans l'Annam septentrional, très exploité en Chine pour la matière grasse de ses graines donnant une sorte de suif.

Le Camellia drupifera Loureiro, frère du théier, qui donne au Tonkin, en partie à l'alimentation européenne, une huile qui peut rivaliser avec la meilleure huile d'olive.

Parmi les plantes oléifères de l'Indochine, il en est deux dont les produ its sont particulièrement recherchés et d'une grande valeur industrielle : l'Abrasin et le Bancoulier, qui appartiennent l'un et l'autre à la famille des Eiiphorbiacées (fig. 112).

L'Abrasin [Aleuriles cordata Steudel) est un petit arbre que l'on trouve à l'état sauvage dans toutes les forêts du Tonkin, mais dont la culture se répand de plus en

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plus. Ses feuilles sont grandes, cordiformes, à 5 lolies. Le fruit, qui a le volume d'une noix garnie de son brou, est constitué par 3 coques qui renferment chacune une graine, de l'albumen de laquelle on extrait l'huile dite â'abratin ou de Iran. La plante est également exploitée en Chine où elle fournil le wood oit chinois, qu'il ne laut pas confondre avec la véritable Autferfe boit du daoanna-

{AUuriles nioluccana).

mite produite par le tronc incisé de grands arbres de la forêt vierge, qui appartiennent au genre Diplerocarpus.

L'kttile d'abrasin est une oléo-margarine jaunfltrc. plus siccative que l'huile de lin, après cuisson. Les Annamites et les Chinois l'emploient pour protéger les bois et les cordages contre l'humidité, pour imperméabiliser les papiers et les étoiïes, et elle entre dans la composition de tous leurs vernis. D'après M. Crevosl, les usages en sont extrêmement nombreux et la consommalion locale est considérable.

Le tourteau est un excellent engrais.

L'arbre prospère surtout dans les sols argilo-siliceux, mais non compacts ni tiumides à l'excès. On doit en semer les graines fraîches en pépinière, et planter les jeunes arbres à une distance de 6 mètres les uns des autres. La fructification commence quatre ans après le semis et atteint son maximum lorsque l'arbre a atteint l'âge de six ans. Un arbre peut alors donner annuellement de 10 à 12 kilogrammes de fruits. Le rendement en huile est évalué à 50 p. 100 du poids net des amandes, et seulement à 20 p. 100 du poids des graines munies de leur enveloppe.

Le Bancoulier, ou Noyer des Moluques {Aleurites moluccana Willdenow) est répandu dans beaucoup de pays chauds ; il est très fréquent en Indochine. L'arbre rappelle de très près VAbrasin par son port ; il en diffère par ses feuilles non cordiformes, ses graines qui, au lieu d'être groupées par 3 dans les fruits, sont, soit solitaires, soit au nombre de 2 ou 5 ; ces graines {noix de Baucottl) ont en outre une coque ligneuse plus épaisse et plus dure, à l'intérieur de laquelle on trouve une amande de dimensions moindres. La noix de Bancoul pèse en moyenne 10 grammes, et l'amande 4 ou 5 grammes seulement. Le rendement en huile est évalué à 50 p. 100 du poids des amandes.

L'huile de Bancoul est comestible à l'état frais et employée à cetusage au Tonkin, bien qu'elle soit légèrement purgative. Elle est supérieure à l'huile de colza pour l'éclairage et plus siccative que l'huile de lin. Son tourteau est un excellent engrais.

L'huile d'Abrasin et l'huile de Bancoul sont très demandées pour le commerce européen ; elles sont exportées exclusivement par la Chine et surtout par le port de Han-Kéou qui en a fourni plus de 5.000 tonnes en 190i, alors que notre Tonkin, avec un peu d'esprit d'entreprise, pourrait en expédier directement d'assez grandes quantités.

La Direction de l'Agriculture de l'Indochine ne cesse

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de signaler ces possibilités commerciales aux intéressés, mais il est malaisé de fomenter un progrès qui attend, nécessairement et logiquement, une part de collaboration et d'initiative de ceux qui sont appelés à en profiter.

On peut encore citer parmi les arbres oléifères de l'Ancien Monde, les Bassia longifolia Linné et latifolia Linné, de la famille des Sapotacées, originaires de l'Inde, des graines desquels on extrait, par pression, une huile abondante, qui se liquéfie à 16<> ou 18^ C, comestible à l'état frais, mais employée surtout à l'éclairage et en savonnerie. C'est ïhuile dlUipé.

Vhuile de Ben est extraite de la graine du Moringa pterygoaperma Ojertner, arbre de la famille des Moringées, originaire de l'Inde, mais répandu dans tous les pays chauds. Cette huile est employée en horlogerie pour lubrifier les rouages des montres ; on l'utilise aussi on parfumerie pour fixer les odeurs.

Notre colonie de la Guyane possède, à son tour, des plantes oléifères intéressantes. On peut citer comme étant de ce nombre :

L'AonsLTSi (Aslrocaryum vulgare Martius). Palmier épineux de 4 à 5 mètres de hauteur, dont le fruit est une drupe ovoïde à péricarpe comestible à parfaite maturité. La graine possède un noyau épais et dur. On extrait du péricarpe, par les procédés employés en Afrique pour VElseis, une huile de couleur jaune d'or, de saveur douce, que l'on emploie comme l'huile d'olive. L'huile que l'on extrait des amandes, le beurre d^Aouara ou Quioquio, sert en médecine et en cuisine.

Le Carapa rouge [Carapa guyanensis Aublet), de la famille des Méliacées,estun arbre commun dans laGuyanc méridionale, dont les graines renferment une huile abondante, amère, bonne pour la savonnerie.

Le Maripa {AHalea excelsa Linné). Palmier de la graine duquel on tire une huile dite beurre de Maripa, de couleur blanche, rappelant la végétaline.

Le Pekea [Caryocar glabrum Persoon) (famille des Ternstrœmiacées) est un autre arbre à beurre. Le fruit possède une partie charnue, buiyreuse, que l'on extrait et qui a les emplois du beurre. Le noyau ^est gros; on le vend parfois chez les marchands de produits coloniaux, en France, pour son amande comestible, de saveur agréable.

Le Pinot (£u/erpe o/erocea Linné). Palmier à amande oléagineuse donnant une huile de bon goût.

Le Cotonnier sera l'objet d'une étude détaillée au chapitre des plantes textiles. Nous n'avons ici à envisager la plante qu'en tant qu'espèce oléifère. A ce titre, elle est extrêmement intéressante, car elle fournit au cultivateur un produit accessoire qui n'est pas à dédaigner.

On extrait, en effet, des graines du cotonnier, soumises à deux ou trois pressions, une huile blanche, sans saveur ni odeur lorsqu'elle a été bien préparée, que l'on emploie aux usages alimentaires comme l'huile d'olive, à laquelle on la mélange ou on la substitue parlois frauduleusement dans le commerce.

Cette huile est extraite surtout dans les pays grands producteurs de coton : les États-Unis, l'Egypte, qui en exportent des quantités considérables en Europe, où elle vient faire concurrence aux huiles d'olive et d'arachide.

D'après l'essai de statistique générale de la production des graines oléagineuses de M. Ricoch, publiée en 1908, l'Egypte exporte annuellement 400.000 tonnes de graines de coton dune valeur de 40 à 45 millions de francs. Les 19/20*^ sont exportés en Angleterre; l'autre 20® va en France, à Marseille, surtout. Les tourteaux, d'une valeur do 5 millions 1/2 de francs, vont en Australie.

En 1906, la France a importé 34.436 tonnes dhuile de coton.

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