PLANTES FOURRAGÈRES
pubescenre molle. La piaule se multiplie de boutures avec la plus grande facilité; en terrains secs, ses produits ne sont abondants que pendant la saison des pluies ; par contre, elle a une végétation luxuriante et peut donner une coupe par mois en sol irrigué, ou en terrain humide, dans le voisinage des cours d'eau.
L'Herbe de Guinée (Panicum maximum Jacquin, P. altmimum Brouss.), est une Graminée que l'on dit originaire de l'Afrique tropicale, mais que l'on trouve dans tous les pays chauds. C'est une plante à forte souche, produisant des chaumes feuilles abondants, de grande taille, mais de consistance un peu dure. On la multiplie par division des touffes, au commencement de la saison des pluies.
En terrain fertile, l'herbe de Guinée donne un fourrage abondant, mais de faible valeur alimentaire. On peut en faire une coupe tous les trois mois. En sol nu'diocre, la récf^lte est naturellement moindre.
Le Maïs. — Cette précieuse céréale est, on le sait, cultivée aujourd'hui comme plante fourragère jusque dans les pays tempérés où ses tiges feuillées, récoltées avant la floraison, sont très recherchées du bétail. On peut aussi les conserver pour l'hiver par ensilage.
Dans les pays chauds, le maïs constitue une excellente plante fourragère partout où il trouve un sol naturellement frais ou irriguable. Il peut donner alors, en trois ou quatre mois, une abondante récolte. On cultive, à cet effet, certaines variétés à grand développement, comme le maïs Caragua ou dent de cheval que l'on sème très serré.
Lorsque le mais est cultivé pour son grain, on ne doit pas manquer de donner au bétail les sommités de la plante que l'on coupe après la fécondation, dans le but de favoriser le développement des épis.
A Nanisana (Madagascar), en semant très serré, M. Fauchère a obtenu, en sol bien fumé, avec iSO à 200 litres de graines à l'hectare, une récolte variant entre 20.000 et 50.000 kilogrammes de fourrage.
340 PRODUITS DU RÈGNE VÉcéTAL
Le Manioc. — Nous avons vu, au chapitre des plantes à tubercules féculents, l'importance du manioc doux ea tant que plante alimentaire. La facilité de sa culture, en tous sols, et son abondante production le placent au premier rang des végétaux utiles des pays chauds. Le tubercule du manioc doux constitue aussi une excellente nourriture pour le bétail et il est d'autant plus précieux, qu*on peut le conserver sans difficulté pendant la saison sèche.
Le Mil ou Sorgho, peut être utilisé comme le maïs. Il en est de même du mil chandelle (Pennisetum typhoirfeam), dont les tiges feuillées constituent un excellent fourrage vert, très recherché du bétail.
La Patate. — Les tubercules de la patate peuvent servir à la nourriture du bétail. Ses feuilles, cueillies successivement pendant le développement de la plante, sont tendres et mangées avec avidité par les bestiaux.
Le Soya est une Légumineuse précieuse pour les régions subtropicales. Ses tiges et ses feuilles sont très riches en matières azotées et, par suite, très nutritives.
Le Teosinte {Euchlœna mexicana Schrader, Reana luxurians Durieu) est une grande Graminée mexicaine, vivace, sur laquelle l'attention a été appelée, mais qui ne semble pas donner les résultats espérés par ses propagateurs. La plante produit de nombreuses feuilles larges et hautes, mais à la condition d'être cultivée en sol fertile et frais; son fourrage est nutritif et tendre, lorsque la coupe en a été opérée avant la floraison.
Disons enfin que les tiges et feuilles de certaines plantes arborescentes, comme le bambou, peuvent servir à la nourriture du bétail, et que certains tourteaux, comme ceux d'arachide, de coton, de sésame, ont une grande valeur alimentaire lorsqu'ils sont judicieusement administrés, c'esl-à-dire comme complément de ration, en raison de leur richesse en éléments nutritifs.