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CHAPITRE V

Rôle du bois. — Bois des € ilcs ». — Les Acajous. — Les bois d'ébène. — Les Palissandres. — f.e Gayac. — Le Thuya. — Bois d'Amboine. — Citronnier. — Les bois de Rose. — Les bois de SantaL — Les bois de CoraiL — Le Trac. — Le Lim. — Les bois colorés et salines. — Le Teck. — Les Rotins. — Les Bambous. — Le Cbène-liège.

Parmi les matériaux que les végétaux fournissent A l'homme, le bois est certainement au nombre des plus utiles; son usage remonte aux premiers jours de l'humanité. Armes, outils, chauffage, habitations, meubles, navires, chars, etc., ont été et en sont encore, en grande partie, tirés ; aussi peut-on dire avec Bourdeau que « l'homme lui doit son berceau et son cercueil et la plupart des objets qui l'entourent ».

Déjà, au xvi° siècle, Bernard Palissy disait qu'il n'y avait pas un seul art qui se pût exercer sans le bois.

La consommation du bois par l'homme a donc toujours été considérable. Elle a toujours été en augmentant avec les besoins croissants de l'industrie, amenant la destruction de plus en plus rapide des forêts.

On peut ajouter qu'aujourd'hui, la fabrication du papier et de tous les produits tirés de la cellulose exigent des quantités énormes de bois.

Nous n'avons pas à envisager ici les conséquences néfastes du déboisement : modification du ch'mal, du régime des pluies et des fleuves, ravinement des montagnes et des collines, etc., auxquelles le reboisement peut eflîcacement porter remède.

Malheureusement, la destruction des forêts n'est ptis

due seulement aux exigences de l'industrie. De tous temps, dans les pays chauds comme dans les pays tempérés, les peuples pasteurs ont détruit les forêts pour leur substituer des pâtures. Les incendies allumés à cet effet dans nos colonies, même en Algérie, détruisent encore chaque année un nombre d'arbres incalculable. L'intérêt immédiat pousse encore au déboisement, qui permet de transformer en terrains de culture des sols vierges, souvent d'une remarquable fertilité, mais qui s'épuisent rapidement parce qu'on ne leur restitue pas par les engrais, les éléments enlevés par les récoltes, ce qui amène le cultivateur à étendre ses dévastations.

La destruction des forêts se poursuit donc partout et l'on peut s'étonner qu'elle ne soit pas plus complète. En France, le domaine forestier comprenait 4.704.917 hectares de forêts en i79l ; il n'est plus aujourd'hui que do i.i4S.418 hectares.

L'emploi de la houille dans le chauffage, du fer dans les constructions, pourrait faire supposer une diminution dans la consommation du bois, mais il n'en est rien : les statistiques nous montrent, au contraire, qu'elle a sensiblement augmenté en Europe, depuis un demi-siècle. En Angleterre, la consommation des bois d'œuvre a triplé depuis l'année i860; elle a sextuplé en Belgique, bien que ces pays soient grands producteurs de houille et de fer. En France, la valeur des bois consommés annuellement atteindrait 300 millions de francs.

Les grandes réserves de la Suéde, de la Finlande el (lu Canada pourront-elles suffire dans l'avenir à alimenter le commerce des bois en Europe? On n'ose le croire; on peut entrevoir, au contraire, un temps peu éloigné où il sera indispensable de faire appel aux forêts des pays chauds.

Jusqu'à ce jour, les régions tropicales n'ont fourni aux habitants des pays tempérés que des bois de luxe, d'un prix souvent très élevé, recherchés en ébénisterie et en marqueterie. Faisons remarquer à ce sujet que le mot ébénisterie vient d'ébène et désigne une industrie qui

se créa à la fin du xvi° siècle, et qui consista, primitivement, à utiliser le bois d'ébène, coupé en plaques minces, pour recouvrir des meubles fabriqués avec des bois de valeur moindre. Avant cette époque, les meubles en bois précieux avaient une valeur parfois considérable; c'est ainsi que les tables de Citre (Callitris quadrivalvis?) des Romains, coûtaient, d'après Pline, jusqu'à i. 400.000 sesterces (294.000 francs).

Aujourd'hui, les bois exotiques, désignés jadis sous le nom de bois des iles, sont surtout employés en placage, en raison de leur cherté. Des machines à trancher les débitent en feuilles dont l'épaisseur est réduite jusqu'à 1/5 de millimètre.

Parmi les principaux bois ainsi utilisés, nous citerons :

L'Aoajou (Swietenia Mahogany Linné], de la famille des Méliacées. C'est un grand arbre originaire de l'Amérique tropicale. L'acajou arrive en Europe sous forme de billes (poutres équarries), les unes sont droites, les canons; les autres, dites fourchesy proviennent des parties ramifiées du tronc ou des grosses branches; le bois y est plus veiné et fournit ïacajou ronceux, particulièrement recherché. Suivant leur aspect, les acajous reçoivent en outre les noms commerciaux d'A. «m, moiré, veiné, moucheté ^ flambé y etc.

Le bois d'acajou est rouge clair, mais il devient foncé à l'air et sa couleur se fonce encore avec le temps. Il est très dur, à grain assez fin, et se travaille facilement. Connu depuis le xvi® siècle, il ne. fut vraiment utilisé en Europe qu'à partir du xvu® siècle. Les meubles en acajou, mis à la mode sous le premier Empire, sont encore très recherchés.

L'acajou est surtout importé des Antilles, du Mexique, du Honduras, du Nicaragua, de la Colombie et des Guyanes.

Mais le commerce désigne encore sous le nom d acajou le bois d'un certain nombre d'arbres qui appartiennent

à des familles véglétales les plus différentes ; notamment :

L'Acajou femelle {Cedrela odorata Linné), de la famille des Méliacées, de l'Amérique tropicale, mais cultivé dans tous les pays chauds où il est utilisé comme arbre d'ombrage pour les plantations de caféiers, de cacaoyers, etc.

Le bois de cet arbre est surtout importé du Mexique, de Cuba, du Honduras et des Guyanes; il est rouge brun, léger, odorant. On l'emploie surtout dans la fabrication des boites à cigares ; il est beaucoup moins apprécié en ébénisterie que l'acajou vrai.

L'Aoajou d* Afrique ou CaXlcedrat {Khaya senegalensis A. Jussieu et Khaya ivorensis A. Chevalier), de la famille des Méliacées, est fourni par les deux arbres dont .nous donnons ici les noms, et probablement par quelquesuns appartenant à d'autres genres. Les acajous tirés des Khaya ne sont importés en Europe que depuis une vingtaine d'années. Ainsi que les noms spécifiques l'indiquent, l'un provient surtout du Sénégal, l'autre de la Côte d'Ivoire. On les utilise comme l'acajou vrai, dans la fabrication des meubles. En 4907, notre colonie de la Côte d'Ivoire en a exporté 20.056 tonnes d'une valeur de 1.136.000 francs.

L* acajou de Madagascar est le Khaya madagascariensis Jumelle et Perrier.

Vacajou de VIndochine est le Melanorrhsea laccifera Pierre, de la famille des Anacardiacées.

On évalue à 150.000 tonnes, valant de 30 à 40 millions de francs, la consommation mondiale des acajous.

L'Ébène. — On désigne sous le nom d'ébène, le bois de divers arbres appartenant, pour la plupart, au genre Diospyros, de la famille des Ébénacées. Ces bois ont pour caractères communs d'être très lourds, très compacts, à grain très fin et de couleur noire.

Le Diospyros Ebenum Retzius. de l'Inde et de l'archipel

Malais, est l'espèce la plus connue ; mais Vébène la plus recherchée en France est tirée du D. tessellaria Poiret, de Tile Maurice. Madagascar en fournit sans qu'on sache exactement encore quelles sont les espèces productrices ; il existe dans notre île africaine plusieurs sortes de Diospyros parmi lesquelles MM. Jumelle et Perrier de la Bathie indiquent le D. Perrieri Jumelle, comme fournissant l'ébène de la côte nord-ouest.

On trouve à la Réunion le D. leucomelas Poiret; dans rinde, les D. ebenaster Retzius et melanoxylon Roxburgh ; sur la côte occidentale d'Afrique, le D. Dendo Wclwitsch. Notons ici que Vébène du Sénégal n'est pas produite par un Diospyros, mais par le Dalbergia melanoxylon Guillemin et Perrottet, de la famille des Légumineuses.

Dans nos colonies, Tébéne est surtout exploitée A Madagascar et au Congo.

Kn 1906. le Congo français a exporté 34.000 tonnes de bois (surtout ébène, bois rouge et okoumé), d'une valeur de 4.000.000 de francs.

Le Palissandre. — Comme Vacajou et Vébène, le palissandre est fourni par plusieurs arbres de familles différentes, principalement par les Dalbergia nigra Allemao (famille des Légumineuses) et Jacaranda mimosifolia Don (famille des Bignoniacées), l'un et l'autre originaires du Brésil. Le Dalbergia latifolia Roxburgh produit le palissandre de rinde; le D. Perrieri Jumelle, celui de Madagascar, connu des indigènes sous le nom de Voamboana.

Le palissandre le plus recherché est celui du Brésil : il est brun foncé, marbré de brun rougeâlre clair; c'esl un bois lourd et compact, à odeur agréable, rappelant celle de la violette.

Le Gayac est tiré de trois espèces de Guaiacum. de la famille des Zygophylléos : le G. officinale Linné, des Antilles, de l'Amérique centrale et méridionale ; le G. arboreum de Candolle, du Brésil; le G. sanctum Linné, du sud des Etats-Unis.

Le bois de Oayac esl très dur, à texture fine et serrée, très lourd ; son odeur est aromatique. C'est l'un des bois les plus durs, ce qui le fait employer pour la confection de roulettes de meubles, etc. Son aubier est jaune ou jaunâtre pâle; son cœur, brun noirâtre.

Le Thuya [CallUris quadrivalvis Ventenat), de la famille des Conifères, ne doit pas être confondu avec les arbres du genre Thuya, comme son nom vulgaire pourrait porter à le faire, car il s'en distingue par des caractères importants.

Le Thuya articulé esl un petit arbre de 5 à 7 mètres de hauteur, qui croît à l'état sauvage en Algérie, en Tunisie et au Maroc. Il habite les coteaux et les régions moyennes des grands massifs montagneux. Sa croissance est très lente.

Les incendies, allumés par les Arabes qui veulent se procurer des pâturages, détruisent souvent le tronc de ces arbres; mais la souche repousse après l'incendie et prend parfois un volume considérable, déterminé par le développement de nombreux bourgeons (broussins). La souche de Thuya constitue alors ces belles loupes noueuses, marbrées richement de rouge fauve et de brun, à odeur aromatique prononcée, que l'ébénisterie recherche comme l'un des bois les plus précieux, employé dans la fabrication des petits meubles de luxe.

On suppose que c'était là le bais de Citre, si estimé des Homains.

Le Bois d'Amboine est, dit-on, produit par le Flindersia amboinensis Poiret, arbre des Moluques, appartenant à la famille des Méliacées.

Ce bois est très rare, très recherché et d'un prix qui atteint jusqu'à 13 francs le kilogramme. C'est une sorte d'acajou ronceux à grain extrêmement fm, blanc rosé ou jaune brunâtre, présentant de capricieux dessins. On l'emploie surtout en marqueterie.

Le Citronnier {Citrus Limonum Linné). — Le bois de

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citronnier est dur, pesant, à grain fin et susceptible d'un beau poli; il est jaune pâle, veiné et recherché en ébénisterie. Le bois d'oranger est blanc, moins apprécié.

Le Bois de rose. — Le nom de Bois de rose est quelquefois donné au palissandre, mais il sert surtout à désigner un bois importé du Brésil et que l'on croit fourni par un arbre de la famille des Lythrariées, le Physocalymma scaberrimum Pohl. C'est un bois précieux, très lourd, dur, à grain fin, *se 'polissant bien. Sa couleur varie du rose jaunâtre au rouge pâle, avec veines d'un rouge plus foncé et il dégage une légère odeur de rose. Ce bois arrive au Havre sous forme de bûches cylindriques ou en souches irrégulières, et vaut actuellement environ 50 francs les iOO kilogrammes. 11 sert à fabriquer des meubles de luxe et des objets de marqueterie.

Le bois de rose de l'Océanie (faux bois de rose) est produit par le Thespesia populnca Poiret, petit arbre de la famille des Malvacées. Ce bois est surtout importé de l'Inde et de l'Océanie, mais on pourrait le tirer de plusieurs de nos colonies, notamment de la Nouvelle-Calédonie : il est dur, à grain assez fin, de couleur rouge brun et il dégage une odeur de rose.

Le Bois de rose femelle (Licaria guyanensis Au blet) (famille des Lauracées) provient de la Guyane. Il est dur, à grain serré, de couleur jaune pâle, à odeur de rose. On extrait, par distillation du bois, une essence dite de rose, dont notre colonie de la Guyane exporte chaque année une quantité d'une valeur atteignant environ iOO.OOO francs.

11 existe encore d'autres espèces d'arbres dont la détermination botanique n'est pas très précise, (|ui fournissent des bois également désignés sous le nom de Bois de rose.

Le Bois de Santal (Santalum album Linné) (famille des Santalacées) (»st désigné dans le commerce sous le nom de Santal blanc ou Santal cilrin, selon qu'il provient de

l'aubier ou du cœur de l'arbre. L'arbre est originaire de l'Inde, de l'Archipel malais, de l'Indochine où il devient de plus en plus rare; il atteint une dizaine de mètres de hauteur. Son bois dur, uni, à grain fin, renferme une huile essentielle qui lui donne une odeur agréable, comparée à celles du musc et de la rose associées.

Le boU de Santal est employé dans l'ébénisterie de luxe. Dans l'Inde, on le brûle dans les temples qu'il parfume de son odeur pénétrante. L'huile essentielle que l'on en extrait, sert en parfumerie et dans la thérapeutique.

11 existe en Nouvelle-Calédonie une espèce particulière de Santal : le Santalum austro-caledonicum de Lanessan, dont il se faisait autrefois un commerce évaluéà 2 millions de francs chaque année, mais aujourd'hui considérablemont réduit (90.000 francs en 1905) par suite de la destruction de l'arbre.

Le Bois de Santal rouge ou Bois de Corail dur du commerce est un faux Santal. On le tire du Pterocarpus indicus Wiildenow, arbre de l'Inde et de l'Indochine qui appartient à la famille des Légumineuses. C'est un bois lourd, dur, rouge brun, à odeur aromatique, employé en ébénisterie. Le Pterocarpus santalinus Linné, qui croît dans les mêmes régions, donne le Bois de Caliatoury très dur, d'un rouge foncé, à odeur de rose. WEpicharis Bailloni Pierre (famille des Méliacées), arbre qui croît dans notre colonie du Cambodge où il devient malheureusement de plus en pkis rare, donne aussi un bois odorant connu sous le nom de Santal rouge.

Le Bois de Santal rouge d'Afrique est produit par le Pterocarpus erinaceus Lamarck, arbre de la famille des Légumineuses qui croit sur la côte occidentale d'Afrique : Soudan, parties hautes du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, région du Niger, Angola, Gabon.

On le trouve dans tout le Mayombé.

L'arbre atteint 15 à 20 migres 'de hauteur; son bois

possède un grain plus grossier que celui du Santal rouge de l'Inde, mais sa couleur est plus belle; il est rose chez les jeunes arbres et devient d'un rouge vif chez les arbres adultes; il est très dur. On l'emploie en ébénisterie et aussi comme bois de teinture.

Le Baphia nitida Afzelius (famille des Légumineuses), autre arbre de la côte occidentale d'Afrique et que l'on trouve au Dahomey, produit le Boû de Corail dur dit bois de Cam, souvent confondu avec le précédent. Le Bois d'Okoumé (Boswellia Klainiana Pierre) (famille des Burséracées) provient d'un arbre résineux commun au Congo français d'où il est exporté en quantités assez considérables. Ce bois rappelle l'acajou, mais sa teinte est plus claire et sa densité moindre. En i909, il était vendu à raison de 50 à 60 francs la tonne.

Il existe au Congo d'autres espèces d'arbres fournissant des bois également désignés sous le nom d'OAowme, mais ils sont beaucoup moins exploités.

Bois de Trac. — Le bois de Trac est l'un des plus beaux bois de l'Indochine ; il est fourni par diverses espèces de Dalbergia, de la famille des Légumineuses, notamment par le D. cochinchinensis Pierre, arbre qui devient malheureusement de plus en plus rare dans notre colonie. Le bois est rouge et se fonce en vieillissant ; il est dur, à grain fin, serré. C'est sur ce bois que se font les incrustations de nacre, au Tonkin ; on en fait des panneaux sculptés, des colonnes pour riches habitations, etc.

Bois de Lim. — On connaît, sous ce nom, les bois de plusieurs espèces d'arbres du genre Baryxylon, de la famille des Légumineuses, qui croissent en Indochine. Le plus exploité est le B. tonkinense Balansa [Lim xan des Annamites). Ce bois est dur, lourd, recherché en ébénisterie.

On donne aussi le nom de Lim à une aulre Légumineuse indochinoise, ÏErythrophleum Pordii Oliver, dont le bois est très dur et très lourd.

On peul cilor encore» parmi les bois d'ébcnislerie :

Le Bois d'Amarante (Copaifera bractcata Henthani) (famille des Légumineuses), de la Guyane, qui devient d'un beau violet purpurin. — Le Bois violet ou de violette (Dalbergia sp. ?), du Brésil, très beau bois recherché pour l'ébénisterie de luxe. — Le Bois satiné [Fcrolia guianetisis Aublet) (famille des Rosacées) de la (iuyane» lourd, très dur, à grain fin, d'un beau rouge plus ou moins foncé, agréal)lemenl veiné, d'une grande* i)eauté. — Le Bois de lettres ou Bois moucheté {PiraUnera guyaneiisis Aublel) (famille do« Urlicacées) du Brésil et de la (iuyane, très lourd, ù grain serré, rougo foncé avec des taches noirAtres rappelant, par leurs formes irrégulières, des caractères chinois, d'où le nom de « bois de lettres ». C'est un bois d'ébénisterie précieux, mais (|ui devient de plus en plus rare. — Le Bois de perdrix (ui Bois de Panacoco {Tounalea Panacoco H. Bâillon] (famille des Légumineuses) de la Guyane. I^'un des plu» grands arbres de la colonie. Le bois, très dur, très compact, est rougeàtre, avec un pointillé blanc et des lignes concentri(|ues de même couleur ; il est recherché pour l'ébénisterie d(î luxe. Les Andira Aiibletii Bentham et racemosa Lamarck, de la famille des Légumineuses, sont aussi des arbrcîs de la Guyane; ils fournissent les bois connus dans le commerce sous le nom de Bois d^Anjeliiiy Épi de blé, d'un brun foncé, pointillé de blanc sur la coupe transversale, mais présentant, sur la coupe tangent ici le, des dessins dont la disj)osition leur a valu le nom d' « épi de blé ». Une autre espèce, VA. ifiemiis Kunth, croît au Brésil.

Le Teck [Teclona grandis Linné) (lamille des Verbénacées) est un grand et bel arbre à feuilles caduques qui croît dans l'Inde centrale, la Birmanie, le Siam, l'Indochine, l'archipel Malais (fig. Ii9).

Il fournit un bois qui peut être utilisé en ébénisterie, mais qui est surtout recherché pour les constructions navales en raison de sa légèreté, sa solidité et sa très

lont;iio durôe en miiic

■ Fig. 119. — Tbck (Tecionn grandis) [Java].

ou juuno bmtiàtrc uniforme, à odeur agréable, aronuiliquc.

C'est cvidcninicul , parmi les bois des pays cliauda

que nous importons en Europe, celui qui se place au premier rang des plus précieux, employés pour la marine.

Le principal marché du bois de teck est Londres, qui le reçoit surtout de la Birmanie, du Siam et de Java.

En 4903, le Siam a exporté 58.146 tonnes de teck valant 11 à 12 millions de francs. En 1904, l'exportation a atteint 77.531 tonnes.

En Indochine française, le teck a presque entièrement disparu; il n'en reste plus que quelques peuplements au Laos.

Malheureusement, cet arbre précieux devient de plus en plus rare dans son pays d'origine; aussi importe-t-il d'en faire des plantations partout où la chose est possible. Il se développe asseî^ rapidement en hauteur, mais le diamètre du tronc ne s'accroît qu'avec lenteur. D'après Brandis, le tronc du teck mesurerait, au Siam et en Birmanie, à 1*",80 du sol :

A 19 ans, 45 centimètres de diamètre; à 46 — 90 — —

C'est entre 100 et 150 ans que les arbres sont vraiment exploitables. On les tue d'abord sur pied, par une entaille profonde en anneau {girled), pour les abattre longtemps après. Le poids des billes en est diminué et le flottage rendu plus facile. Dans les exploitations de teck, une importante partie de la main d'œuvre est fournie par les éléphants, dressés à cet effet.

Les Rotins. — On désigne sous ce nom des palmiers grimpants du genre CV/amus, dont les tiges grêles, cylindriques, flexibles, escaladent les arbres qui leur servent de support et dépassent parfois 150 mètres de longueur. Il en existe un bon nombre d'espèces, la plupart originaires de l'Asie tropicale et de la Malaisie. Plusieurs d'entre elles croissent en Indochine, notamment le C. dioicus Loureiro, C. rudentum Loureiro, C. tennis Roxburgh, C. viminalis Willdenow.

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Leurs tiges servent à faire des cannes, des manches de parapluies, sous le nom de rotins ou de joncs. Les espèces à tiges minces donnent des câbles de jonques et d'excellents liens; enfin ces tiges, débitées en lanières plus ou moins fines, sont utilisées pour le cannage des chaises et pour la vannerie. En 1909, l'Indochine a donné au commerce étranger des rotins entiers et fendus pour une valeur de 621.700 francs, et de 21.336 francs seulement en commerce national.

Les Bambous. — Les Bambous sont au nombre des plantes les plus utiles dans leurs pays d'origine, notamment en Extrême-Orient où ils abondent. 11 en existe un grand nombre d'espèces ; mais en Indochine, ce sont les Bamusa anindinacea Willdenow et vulgaris Schrader qui sont les plus répandus. Ils forment de gigantesques touffes toujours vertes, qui atteignent et dépassent même parfois 25 mètres de hauteur, avec des tiges ayant jusqu'à 20 centimètres de diamètre à la base. Leurs emplois sont innombrables. Ils servent à enclore les villages, qu'ils cachent dans leur verdure. Leur tige est creuse, mais très résistante; elle sert de bois de charpente pour la construction des habitations ; on l'utilise aussi pour faire des tuyaux, en perforant ses cloisons tranversales ; divisée en tronçons, on en fait des récipients de toutes tailles et des ustensiles divers. Le bois, débité en minces lanières, sert à confectionner des objets de vannerie, de sparterie, des chapeaux. On en fait aussi du papier. Les tiges de plus faibles dimensions donnent des cannes à pêche, des tuteurs, des cannes, des manches de parapluies, etc. Les jeunes pousses crues, cuites ou conservées dans la saumure ou le vinaigre, constituent un aliment de consommation courante en Indochine.

L'industrie du Bambou a pris un grand développement en Europe, notamment celle de la fabrication de meubles rustiques; il en résulte une demande de matière première que nos colonies doivent s'attacher à fournir dans la plus forte proportion possible.

PnODL'ITS OULONIAL'X. 23

1)54 PIIODUITS DU «kCHF. VÉIIKTAL

he Cli«tie-liège iQuercus Subcr Linné) (ramille dos Cupulifèrea) eBt, on peut le dire, l'osaence foreali^re la plus précieuse de l'AfritjiK! Hcptenlriunale.

Il n une aire de dispersion géo (graphique Irès liniilée, ctimprenant seulemonl te l'ortugal. TEapn^ne, la France méridionale. l'Italie, le Manie. l'Algérie el la Tunisie. Il exige un sol silieriix. un elinial doux el une eertaine humidilt'.

En Algérie, il e«l Irès rare sur le lîdoral oranRis. Ce neol que vers Tlonicen el Mascara «juil trouve des pluies suffisanles On le l'eneontre de diaintiee en distance diina la province d'Alger, el il constilue.au eoniraire.des [(oii- FÎK. iîO. — COUI.E d'un pienienls importanls dans In |>ar- ^uèsk' ""'*^"*''^ "■" lie orientale de l'Algérie. M croit jusqu'à 1.300 mètres d'allilude.

Les forêts se eonlinuent, en Tunisie, jusqu'à Bizerte. I.echène-lîégeesl un arbre trapu, qui dépasse rarement 15 niéires de hauteur, et dont le (ronc mesure jus(|ii'à 5 mètres de eirconférence. Ses feuilles sont persistantes. Son buis est peu eslimé. Le liège et le tan sont ses principaux produits.

Lorsque le rhène-liège esl aliandonné à lui-même, son écoree est recouverte d'une couche de tissu spécial [li^au subéreux] irrégulier, fortemeni crevassé. Ce liège naturel, nommé liège mâle, est sans valeur [fig. (20).

nom de liège de reproduction, il faul pratiquer le démaxclage.

Cette opération consiste à enlever le liège mAle ; elle s'exécute de la mi-juin à la fin d'aoïil.

Armés d'une hache bien tranchante, les ouvriers fendent l'écorce naturelle grossière, dans le sens longitudinal, puis ils linrisent eireulairemenl, de mèlre en mètre, à partir du |)icd de l'arbre. Ils <iélaclienl ensuite les bandes aiusi délimilées [fig, ISI).

3B6 PRODUITS DC RKONB VifiKTAL

Cette opération doit être faite avec soin, par des ouvriers expérimenlés, qui doivent éviter de meurtrir la partie sous-jacenle du lièRo mâle, c'eal-à-dire la zone génératrice du liège ou mère, comme la désignent les

L'arbre dématclé, privé de l'écorce qui abritait sea jeunes

tiBBus, est très sen-

sible

atmosphérique mais, la couche i vante reslêe A i ne larde pas à r former, couehc p.

couche, et année p année, une enveloppe protectrice, plus fmo ol plus élastique que l'ancienne . Cette nouvelle couche de liéfte s'aecrolt do

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gionst, la récolte, a iieu au bout de dix à quinze ans, lorsque la nouvelle écorcc a L'épaisseur voulue.

L'extraction de celte couche de liège femelle, ou première (tre, se fait par les mêmes procédés que le démasclage. Vnc Iroisicme écorce se reforme alors, et L'on peut ainsi lover, sucressivemenl. sur chaque arbre, cinq ou si.-; récolles de tié(;e vendable. On cesse les récoltes lorsque l'arbre est épuisé.

Les bandes de liège récoltées doivent être débarrassées, à la plane, de la croûte dure et rugueuse qui les recouvre. On les fait ensuite sécher à l'air et on les soumet à l'action de l'eau bouillante, qui les assouplit.

Ainsi que nous venons de le voir, une forêt de chênesliège vierge ne peut donner de revenus qu'au moins dix ans 'après le premier démasclage des arbres. Comme l'opération est coûteuse et qu'il faut faire entrer en ligne de compte les dépenses nécessaires pour ouvrir les voies d'accès, assurer la protection contre les incendies, installer la surveillance, on comprend qu'elle exige d'importants capitaux.

La mise en valeur des forêts domaniales, sous la gestion du service forestier, ne fut sérieusement entreprise qu'à partir de 1884, lorsque le budget fut doté des crédits nécessaires pour les démasclages.

L'exploitation donne d'ailleurs des résultats très encourageants.

En 1890, la production était à peine de 1.400 quintaux d'une valeur de 35.000 francs.

En 190H, l'exportation totale (forêts de l'Etat et des particuliers) s'est élevée à plus de 250.000 quintaux, représentant une valeur de 13 millions de francs.

En 1907, elle a atteint 305.000 quintaux valant 18 millions de francs.

La Tunisie a exporté près de 40.000 quintaux de liège, dans cette même année 1907.

Actuellement, la consommation mondiale annuelle du liège atteint 1 million de quintaux, et cette consommation augmente à mesure que se développent les industries du linoléum, des agglomérés de liège pour la construction, etc.

Les lièges de qualité supérieure, pour la fabrication des bouchons à Champagne, sont ceux qui atteignent les prix les plus élevés.

Lorsque les chênes-liège ne sont plus en état de fournir du liège de reproduction, on les abat pour en extraire l'écorce à tan. L'écorce, débarrassée du

liège, contient environ 20 p. 100 de lanin,. utilisable pour le tannage des cuirs. Cette écorce à tan est, après le liège et le bois, l'un des produits les plus importants des forêts de l'Algérie. En 1904, il en a été exporté 82.000 quintaux, comprenant des écorces de chéne-liège el des autres chênes du pays.

, C'est Técorce de chêne-liège qui est, de beaucoup, la plus riche en tanin.

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