LE BOIS DE CAMPÊCHE
Le bois de campèche, ou bois de l^lnde^ très employé naguère comme matière tinctoriale, a subi le sort de l'indigo, mais dans une moindre proportion. Il servait notamment à la coloration des vins auxquels il n'ajoutait pas de principes nocifs comme le faisait la fuchsine, qui .se substituait parfois à lui.
Originaire des côtes du golfe du Mexique, l'arbre qui fournit ce bois est de belle taille, atteignant 12 mètres de hauteur. Il appartient à la famille des Légumineuses- Césalpiniées, et porte le nom ô'Hœmatoxylon Campechianum Linné. Ses propriétés furent connues en Europe dès la découverte de l'Amérique. Il fut introduit aux Antilles au commencement du xviu® siècle et s'y acclimata fort bien dans nos colonies, où sa culture subsiste jusqu'à nos jours. En 1904, on comptait 150 hectares à la Basse- Terre et 3.000 hectares à la Grande-Terre, en Guadeloupe ; mais les « coupes » Guadeloupe et Martinique ne sont pas les plus estimées. Son principe colorant, étudié en 1810 par Ghevreul, est Vhématine ou hématoxyline, cristallisable, contenu dans le cœur du bois, seul exploité après l'enlèvement de l'aubier. Ce principe se développe par fermentation naturelle dans le bois coupé et par dédoublement d'un glucoside. Dès que l'hématine, qui est incolore, arrive au contact do l'air ou d'un alcali, elle se colore vivement en rouge.
Nos colonies de la côte occidentale d'Afrique exportent également d'autres bois tinctoriaux.