Souvenir de la Malmaison », « Madame Pierre Oger
les jolies fleurs blanches exhalent une odeur très légère, un peu résineuse.
A ce groupe se rattache le jR. multiflora Thunb. (iJ. polyantha Siebold), espèce de petite taille, originaire également de la Chine et du Japon. Les fleurs sont petites, simples ou très doubles, blanches ou roses, groupées en corymbes très fournis, et exhalent une odeur exquise, rappelant un peu celle du R. arvensis et du R, canina, mais voisine plutôt de celle du muguet, du moins sur les échantillons cultivés que nous avons pu observer.
§ 4. — Ritbiginosœ.
Cetlo section, dont Thomogénéité, au point de vue morphologique, n'est pas très grande, renferme des plantes qui toutes ont pour caractère commun d'avoir des feuilles plus ou moins odorantes. Le R. rubiginosa L. [R, Eglaiiteria Mill., i?. suaveolens Pcrsh.), le R, micrantha Smith, le R. graveolens Pers., le R. glutinosa Sibth, ont des folioles couvertes, à leur partie inférieure, de glandes très petites et très rapprochées, qui exhalent, lorsqu'on les froisse, une odeur agréable que l'on a très justement rapprochée de celle de la pomme de reinette. Pline, qui avait déjà fait cette observation, comparait cette odeur à celle de la cannelle. Le R. rubiginosa^ chez qui elle est le plus nettement prononcée., la dégage même spontanément, et il peut fort bien arriver que, par une journée chaude, en se plaçant sous le vent qui a passé sur l'arbuste, on la perçoive nettement à quelque distance.
Le R, lutea Dalèch. (R. Eglanteria L.), Rose jaune ou Rose capucine^ a des feuilles douées d'une odeur plus fine encore, rappelant celle du jasmin.
Les fleurs, dans ce groupe, sont ordinairement inodores. Celles du R. rubiginosa et des espèces voisines, R, arvatica Puget, R, glandulosa Bell., R, umbellata Leers., R. jordani DesÉGL., R, mentita Deségl., R, comosa Ripart., R. virgulto-
rum RiPART., sont absolument dépourvues d'odeur; mais il faut prendre soin de faire abstraction complète de Todeur du pédicelle et des sépales, et de ne point froisser ceux-ci en saisissant la fleur pour l'odorer, sous peine défaire dégager l'odeur de pomme de reinette émise par toutes les parties vertes, et d'être tenté de rapporter celle-ci à la fleur elle-même.
Les fleurs de la Rose Capucine ^^ grandes, jaunes, souvent mordorées au dedans des pétales, ont une odeur désagréable de punaise ou plus exactement de coriandre, prononcée surtout dans sa variété R. bicolor Jâcq., et ses formes de culture*.
Le Rosa sulfurea^ Ait., à fleurs doubles et pâles (orig-înaire de Perse, introduit au xvi* siècle en Angleterre par Nicolas Lete, réintroduit plus tard par Jean de Franquevillo), est sensiblement moins odorant que la forme précédente.
Ici devrait se placer une sous-section des Sepiaceœ, intermédiaire aux Rubiginosx et aux Villosœ^ et réunie par certains auteurs aux Caninœ; cette sous-section comprendrait le R. sœpium et les espèces voisines R. Seraphini Viviam, R, Lugdunensis Deseglisë, r. agrestis Savi, R. inodora, Fries, etc. : toutes ces formes, que Ton range habituellement avec les Rubiginosée^, parfois avec les Villosae^ présentent des rapports réels avec les Canines, dont elles diffèrent surtout par les glandes odorantes qui couvrent la face inférieure de leurs folioles. Or, toutes ont des fleurs blanches ou rosées qui, à Texception de la dernière espèce citée, présentent, surtout lorsqu'elles sont roses, le parfum caractéristique du R. canina. Ce caractère, venant
* Le B. Eglanteria existe à l'état spontané dans tout l'Orient. Il a été importé en 1596.
2 <K William double Yellow », a Globe Yellow », c River's Yellow », a Jaune d'Italie », « Jaune simple », « Cuivrée », « Carnée ». La variété € Persian Yellow » a des fleurs tout à fait inodores.
' Le R. sulfurea a été trouvé à l'état sauvage, avec fleurs simples (B. Rapini Boiss.) par le D"" Thompson, dans l'ouest de l'Himalaya, province de Kishtevar, près Kashmir. Voy. Hooker. Gardeners chronicle, 1857.
*M. Hariot {loc, cit.) divise les Uubiginosœ en trois sous-sections : suavifolisd, micranthœ, sœpiaceœ.
s'ajouter à ceux que donne la morphologie, peut fournir un argument de plus aux auteurs qui songent à rattacher ces espèces aux Caninse.
§ 5. — Villosée.
Ce groupe est délimité d'une façon aussi contestable que celui des Rubiginosœ et celui des Caninx^ auxquels il confine.. Le jR. alba L., par exemple, appartient probablement à ce groupe, bien qu'il soit rattaché par certains aux TomentossB^ et rapporté aux Caninœ par Baker : au point de vue du parfum, il tient à la fois des caractères des deux groupes, car ses fleurs possèdent une odeur légère deR.cajiina^ et ses pédicelles et ses feuilles une odeur aromatique intermédiaire à celles des Rubiginosœ et des VillosâsK On trouve d'ailleurs exceptionnellement des Tomentosœ dont la fleur donne l'odeur de Réséda propre aux Caninœ {R. thonoîiiensis Dès., et suTioni R, subglobosa Smith), ce qui ne fait que confirmer les relations existant morphologiquement entre ces deux groupes. Mais presque toutes les Villosse ont des fleurs complètement inodores, tandis que leurs parties vertes exhalent, lorsqu'on vient à les froisser, une odeur résineuse que l'on a comparée à celle de la térébenthine, et qui parfois devient fort désagréable {R. tomentosa Smith, R. villosa L., i?. mollis Smith, jR. fœtida Bast., R. pomifera Herm., r, scabriuscula Smith, R, terebinthinacea Besser). Cette odeur n'est pas également prononcée dans toutes les espèces. En outre, elle ne se perçoit pas aussi bien à toutes les heures de la journée : c'est surtout quand le soleil a frappé longtemps la plante que celle-ci dégage son odeur résineuse, perceptible, dans ces conditions, même à distance. Le terme de térébenthine n'est d'ailleurs pas très bien choisi pour désigner cette odeur, qui se rapproche plutôt de celle de l'encens froid, ou
* C'est à ce E. alha que se rattache la forme curieuse connue sous le nom de Rose à feuille de chanvre.
même de la myrrhe : tout au moins doit-on entendre qu'il s'agit non des térébenthines de Conifères, mais de celles des Burséracées.
§ 6. — Cinnamomeœ.
Les Rosiers Cannelle doivent leur dénomination, non pas à Fodeur de leurs fleurs, mais à la couleur jaune cannelle de leurs rameaux jeunes. Les fleurs sont inodores : exception doit être faite cependant pour le jR. Woodsii^ espèce américaine, à odeur caryophyllée assez nette, et pour le R. carolina L. {R. corymbosa Erh., R. Hudsoniana Red.), à odeur spéciale, plutôt voisine de celle du R, centifolia. Les feuilles sont en général inodores : toutefois celles du R. Kamschatika Vent., variété du R. rugosa Thunb. du Japon, dégagent, lorsqu'on les froisse, une odeur très fine de dragée. — Le R. microphylla LiNDL., espèce originaire des bords du lac Hakone (Japon central), a donné comme lui un certain nombre de variétés horticoles (Roses châtaignes), h. petites feuilles rugueuses, cultivées comme ornementales : leurs fleurs sont à peu près inodores.
§ 7. — Pimpinellifolise.
Le iî. pimpinellifolia L., qui a donné son nom au groupe, doit aujourd'hui s'appeler R, spinosissima L., aucun caractère de valeur ne permettant de le distinguer de cette seconde espèce. Ses fleurs, jaunes, blanches ou roses, selon les variétés, sont à peu près inodores, de même que ses feuilles. Il en est ainsi, d'ailleurs, dans tout le groupe, à l'exception du R. Ripartii Deséglise, dont la fleur exhale une exquise odeur de muguet, et du R. alpina L. % avec ses variétés R. pyre-
* Le R, alpina commence à être employé aujourd'hui en parfumerie à Paris, pour la préparation de certaines pâtes, savons, etc., auxquels il communique sa fine odeur de réséda.
naica Willd. et R, pendulina L., que plusieurs auteurs rangent d'ailleurs en dehors du groupe des Pimpinellifoliss^ et qui possèdent une odeur très nette de R. canina^ indice curieux d'une affinité que plusieurs caractères morphologiques tendraient à confirmer. Ajoutons que la fleur du R. Beggeriana [R. coriosma Decsn,) dégage une légère odeur de punaise, comme le R, eglanteria.
§ 8. — Banksids,
Ce petit groupe ne comprend qu'une espèce chinoise dont les deux variétés à fleurs doubles peuvent être observées aisément à l'état frais dans les cultures ; c'est le /?. Banksiœ R. Br.^ Rose de Banks ou de Lady Banks, arbrisseau grimpant, à rameaux inermes, introduit en France en 1817, par Boursault. Ses deux variétés, bien distinctes au point de vue delà couleur, le sont encore plus au point de vue du parfum : la variété blanche, Banksia alba, exhale une odeur douce de violette; la variété jaune, Banksia lutea, est complètement inodore.