‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 100 sur 112 · Chevrillon, p · texte numérisé non relu

Chevrillon, p

cesse : loin d'eux tout espoir et toute rémission; à peine gagnent-ils de quoi soutenir leur corps, et leur âme languit sans lumière. Le vieil instinct puritain sommeille au fond; c'est lui que Wesley va réveiller. Le méthodisme vient à point pour l'âme populaire altérée non point de vérité dogmatique, mais d'espérances spirituelles. Wesley ne cherche pas à convaincre la raison, mais à frapper le cœur et les nerfs. Il exalte la douleur et la misère; il maudit la richesse et les joies du monde : toute jouissance matérielle nous sépare de Dieu; plus nous sommes dénués et plus près nous sommes de Lui. « Les deux grands promoteurs de la nouvelle agitation sont des acteurs et des poètes de génie, d'une intensité d'imagination incomparable... Ils magnétisent leurs auditeurs, les fascinent par leurs gestes et leurs exclamations autoritaires; ils leur suggèrent des sensations, des sentiments et des volontés *. » En trente ans Whitefield prononce dixhuit mille sermons, presque tous en plein air; "Wesley parcourt en cinquante ans plus de cent mille lieues et prêche quarante mille fois. Il laisse en mourant trois cents prédicateurs ambulants.

Wesley s'est emparé de l'imagination populaire; le mouvement agite d'abord les couches profondes et, dans l'ivresse mystique, fait trouver l'oubli des misères endurées. Mais ce mouvement se propagera bien au delà des simples, des faibles et des pauvres : c'est la source chaude qui montera jusqu'au cœur et à la raison des puissants, des riches et des intellec-

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