Chevrillon, p
tuels et, les baignant d'un flot de sympathie, transformera la littérature, l'art, la philosophie et jusqu'à la loi.
Après la grande crise européenne, lorsque. Napoléon vaincu, l'Angleterre respira, la philosophie du xviii^ siècle eut un renouveau d'influence. Il se forma un parti libéral très remuant qui réclamait des réformes. Les radicaux d'alors ressemblaient un peu aux hommes de la révolution française. Singulièrement idéologues pour des Anglais, ils « croyaient aux droits de l'homme, au progrès de l'espèce et à l'émancipation intellectuelle * ». Au nom de leurs principes philosophiques, ils demandaient une extension du droit de suffrage et la liberté de conscience : ils rêvaient le règne de la justice dans un État sécularisé.
Cependant quelques nobles esprits, religieux ceuxlà, touchés de sympathie pour le peuple, cherchent à soulager ses misères, mais ils s'effraient pour lui de lesprit d'indépendance séculier. Pour Newman et ses amis d'Oxford, le salut n'est point dans les conquêtes éphémères de l'égalité politique ou de la raison satisfaite, mais dans une renaissance du sentiment religieux. Contre l'individualisme des intellectuels, l'égoïsme des puissants et la froideur du culte, il prêche le retour à la simplicité des premiers âges, aux usages et aux doctrines de la primitive Église. Et il est entraîné à renier ou à maudire la Réforme, car, en proclamant le droit pour tout homme de penser et d'agir à sa guise, elle a enfanté, pense-