‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 102 sur 112 · Froude, Short aiud., t. V, p · texte numérisé non relu

Froude, Short aiud., t. V, p

t-il, le radicalisme contempteur des traditions. Pour dépouiller l'Église anglicane des éléments impurs introduits par la Réforme, il se déclare catholique, tout court.

Il ne compte ni révolutionner l'État ou l'Église à son profit, ni fonder un parti ou une secte dont il sera le chef. Il ne veut rien être de plus qu' « un fils loyal de la vieille Église, maintenant tirée de sa léthargie ' ». C'est le moment * où toutes les âmes généreuses veulent contribuer au bonheur moral du peuple. John Stuart Mill dispute le peuple aux doctrines égoïstes de la morale utilitaire et demande à l'art d'initier ces âmes incultes à toutes les sympathies et à toutes les admirations. « Exerçant chacun à s'éprendre de quelque chose de différent de soi et de meilleur que soi, l'art est une douce école de renoncement ^ » Pour élargir et humaniser la morale étroite et dure des puritains, l'art élève l'âme au-dessus de l'accomplissement ponctuel et égoïste du devoir quotidien : fortifié par lui, le travailleur reprend avec plus d'ardeur et de force sa tâche interrompue. Ce sont les enseignements que Ruskin développe dans tous les sens avec une ardeur et une richesse de moyens incomparables; les fruits qu'en attendait Mill sont venus : la vie des

1. G.-C. Brodrick, History of the University of Oxford, p. 210. London, 1885.

2. Le mouvement religieux se produit en même temps que commence une nouvelle ère politique : c'est en 1833 que Keble prononce son fameux sermon on National Apostasy; c'est aussi en 1833 que se réunit le premier parlement élu sous le nouveau régime électoral.

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