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CHAPITRE IV

Les médecins.

Il existe en Angleterre une corporation des médecins, qui a ses statuts, sa police, son tribunal, son comité exécutif, en un mot son autonomie. L'État n'est guère intervenu que pour instituer, par acte du Parlement, un conseil médical suprême (General Médical Coiincil), auquel il a délégué ses pouvoirs. Ce conseil a sur l'ensemble des médecins une autorité comparable, par sa nature et son étendue, à celle de VIncorporated Law Society sur les solicitors. Il fixe le programme de l'examen dit préliminaire, destiné à faire la preuve que les futurs étudiants en médecine ont reçu une instruction générale suffisante; il homologue le programme des examens professionnels; il veille à l'efficacité des épreuves; par l'inscription sur un registre spécial, il confère au candidat pourvu d'un diplôme reconnu le droit d'exercer; il réglemente et surveille l'exercice de la médecine; il est, enfin, un tribunal pour les mem-

bres de la corporation qui ont manqué à l'honneur ou aux devoirs professionnels : son arrêt peut retirer au praticien indigne le droit d^exercer.

Les intérêts du public se trouvent ainsi sauvegardés. Pour représenter et défendre les intérêts des médecins, une société s'est fondée, la Bntish Médical Association. Aujourd'hui très puissante, elle compte environ 18000 adhérents, qu'elle convoque chaque année à un congrès dans l'une des grandes villes du royaume; elle a son organe, le British Médical Journal, le plus répandu et le plus considérable des journaux médicaux de langue anglaise. A côté du General Médical Comicil officiel, qui fait fonction de conseil supérieur de l'enseignement médical «t de conseil de discipline, la British Médical Association, société privée, tient lieu de syndicat professionnel.

La profession médicale s'est assuré l'autonomie; mais elle n'a pas conquis ses titres de noblesse. Il lui reste à s'élever, à s'épurer. Elle n'exige pas ■encore des candidats qu'elle admet à l'initiation technique des garanties assez fortes ni assez sûres d'instruction générale. Elle ne paraît pas avoir une idée assez haute du rôle du médecin dans les sociétés modernes; elle est trop sensible aux dures exigences de la lutte pour la vie. A tout prendre, aujourd'hui comme en 1829, Lydgate aurait encore sujet de s'indigner \ et il serait également impuissant à réagir contre la tradition professionnelle et les habitudes du public^ qui conspirent à faire du

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