Voir the Lancet, 8 février
L'autre, sir William Jenner, aujourd'hui médecin de la Reine et baronnet, est né de parents très humbles : après avoir fait des études médicales à Universily Collège, Londres, probablement à l'aide d'une bourse, il dut, faute de pouvoir s'établir, entrer comme employé chez un pharmacien d'Albany Street. Il fut tiré de là par son collège — University Collège — qui lui offrit une place de médecin assistant devenue vacante : il put reprendre sa carrière scientifique interrompue.
Il y a quelques années, une discussion très vive s'est élevée parmi les médecins anglais sur cette question toujours brûlante : quelle part doit-on faire à l'instruction générale? que doit-on exiger du candidat-étudiant à l'entrée des études professionnelles? En ouvrant la session du General Médical Council, au mois de mai 1889, le président attirait l'attention de tous les membres de la profession en général, et en particulier de ceux qui sont chargés de la discipline, sur l'insuffisance notoire des garanties d'instruction générale exigées des candidats; dans les compositions pour le grade de docteur (final examination), on relève maintes fautes de langue et d'orthographe. « Il doit y avoir, ajoutait-il, un point faible quelque part dans les examens préliminaires actuellement reconnus par le Conseil • . »
Mêmes plaintes au Congrès annuel de la Briiish
1. Minutes of the General Médical Council, appendix III : Report by the Education Coramitlee, 1890.
Médical Association en 1890 : le président, le D"" Wade, déplore surtout que l'étudiant, ayant effleuré à l'école les éléments de plusieurs sciences, n'en sache bien aucune. Le D' Wade sacrifie délibérément les études classiques : les médecins peuvent s'en passer; mais ils ne peuvent se passer d'une solide préparation scientifique. Il propose que, pour le futur médecin, l'instruction générale finisse à quinze ans, qu'à cet âge l'enfant se spécialise, qu'il apprenne à fond les sciences naturelles et n'aborde la médecine qu'après avoir éprouvé son sens scientifique. Sous le régime en vigueur au moment où parlait le D'^ "Wade, bon nombre d'enfants quittaient l'école à quinze ou seize ans, passaient tout juste l'examen préliminaire trop facile, commençaient le stage professionnel avec un bagage très élémentaire ' et parvenaient, après quatre ans d'études, à qualify, c'est-à-dire à conquérir le certificat qui donne le droit d'exercer. Et l'on exécutait ainsi le tour de force d'être médecin à vingt et un ans, âge minimum.
Pour répondre au vœu tant de fois exprimé, le General Médical Council a modifié, en 1890, le programme de l'examen préliminaire. Le latin est maintenu (on ne demande, il est vrai, qu'une version facile). Pour le reste — anglais (dictée, grammaire, composi-