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II. — LE SYSTÈME DU CONCOURS

A, — Les deux classes du service civil.

De longues controverses avaient préparé la réforme du système de recrutement des fonctionnaires publics quand, le 21 mai 1855, un ordre du conseil privé institua une commission chargée d'examiner tous les candidats aux emplois du service civil. Mais ce ne fut qu'en 1870, et devant les résultats obtenus dans le service civil de l'Inde, que le principe du concours ouvert à tous — open compétition — fut appliqué à la plupart des services métropolitains; étaient exceptés les emplois auxquels la couronne nomme directement, et plusieurs départements où le concours est limité aux seules personnes agréées — nominated — par le chef de l'administration compétente ou par un haut dignitaire du royaume. Désormais, si l'on met à part quelques postes élevés, la porte est fermée à la faveur. Que le concours soit ouvert ou limité, tout candidat à un emploi public doit faire preuve de capacité devant la commission permanente d'examen.

L'ordre du conseil privé du 4 juin 1870, qui posait défmitivement le principe du concours, divi-

sait les emplois publics en deux classes et instituait deux concours et deux programmes : pour les emplois de la première classe, plus élevés, un examen assez difficile; pour ceux de la deuxième, d'un ordre inférieur, un examen beaucoup plus simple. Mais des anomalies nombreuses continuaient de subsister. A la suite de plusieurs enquêtes, des réformes furent accomplies, en 1876 et en 1886, qui ont eu pour objet de simplifier le système et de le rendre plus efficace.

Les deux classes sont maintenues. Les commissaires de 1886 ont reconnu la nécessité d'attirer des candidats munis d'une éducation vraiment libérale, pour remplir les fonctions de la première classe : en raison de leur nature même, elles ne peuvent être confiées qu'à des hommes ayant des affaires publiques une vue plus large. Le nombre des postes ainsi mis au concours est restreint; les appointements de début sont de 250 livres sterling; et le traitement, vers la fin de la carrière, peut être de 1 OCX) livres, et même plus. Dans ces fonctions, l'avancement est au choix, non à l'ancienneté {upon merit, not according to senioritij).

Les cadres étant au complet, et le gouvernement ayant cherché depuis plusieurs années à réduire le nombre des emplois supérieurs, les concours pour la première classe ont été rares. Le niveau est très élevé, les épreuves difficiles, une préparation longue et coûteuse nécessaire. Ce concours attire quelques sujets brillants des universités; mais assez souvent les candidats reçus refusent le poste qui leur est attribué, le considérant une récompense insuffisante

du temps, des efforts et de l'argent dépensés. Dans un laps de dix-sept ans, de 1870 à 1887, 217 postes de la première classe ont été mis au concours;

1 034 candidats, à peu près 5 pour un poste, se sont présentés; et 90 candidats reçus ont refusé les postes qu'on leur proposait La tendance actuelle des administrations est de réduire de plus en plus le nombre des postes placés dans la première classe. Elles préfèrent recevoir l'employé de bonne heure, au moyen de l'examen de la deuxième classe, pour le former et le façonner à leur guise. La bureaucratie, comme toutes les autres professions en Angleterre, a une insurmontable défiance des gens trop savants, spécialisés tard; elle préfère les spécialistes et leur apprentissage technique. Il semble qu'en offrant des positions médiocres aux sujets produits par cette sélection sévère, les administrations s'étudient à décourager les candidats *.

Le concours pour la deuxième classe a un programme comparable à celui des a examens locaux » *; les candidats étant nombreux, le niveau reste assez élevé. Les candidats doivent avoir de dix-sept à vingt ans. Le traitement, de 70 livres au début, peut, au bout de vingt-quatre ou vingt-cinq ans de service,

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