En 1890, il n'y avait plus guère dans ces concours que
2 ou 3 candidats pour une place, et la moitié des places offertes aux candidats reçus étaient refusées par eux. En pareil cas, on offre la place à celui qui est classé immédiatement après sur la liste : il est arrivé qu'on a dû descendre jusqu'au numéro 29, avant de trouver un acceptant.
2. Les « examens locaux » ont été organisés par les universités d'Oxford et de Cambridge. Le niveau esta peu près celui d'une de nos classes de seconde. Voir le chap. xvii de l'Éducation des classes moyennes et dirigeantes en Angleterre,
s'élever jusqu'à 250 livres. Pour stimuler les jeunes gens une fois dans la carrière, on a institué un degré supérieur de la deuxième classe {higher gradé) : dans ce degré supérieur, les appointements du début sont de 250 livres par an et peuvent s'élever graduellement jusqu'à 350 livres, à raison de 10 livres par an. Quand le fonctionnaire, par une augmentation régulière d'appointements (à raison de 5 livres de 70 à 100; à raison de 7 livres de 100 à 190), atteint d'abord au chiffre de 100, puis au chiffre de 190, il ne peut en aucun cas franchir chacune de ces deux limites que sur un rapport favorable de ses supérieurs, approuvé par le chef du département. Enfin, à partir de 250 livres, pour passer dans le degré supérieur, l'avancement est, purement et simplement, au choix. Au bout de huit ans de service dans la seconde classe, un fonctionnaire peut être appelé, au choix, à remplir l'un des postes de la première.
En résumé, un fonctionnaire sorti du rang, mais sans qualités exceptionnelles, peut à la fin de sa carrière arriver, sans sortir de la seconde classe, jusqu'à un traitement de 400 livres; tandis qu'un autre également sorti du concours de la seconde classe, s'il se distingue par son intelligence et ses services, peut être promu à la première ; dès lors, rien ne l'arrête vers le plus haut degré de l'échelle : il peut devenir secrétaire permanent '.
1. Du 12 février 1875 au 31 décembre 1888, 3 241 employés ont été admis, après concours, dans la seconde classe. En janvier 1886, 686 candidats s'étaient présentés pour 93 places; en janvier 1878, oIT pour 46 places; en août 1887, 645 pour
B. — Les concours limités. Le » Foreign Office ».
Nous n'avons parlé jusqu'ici que du « concours ouvert » (open compétition) ; dans un certain nombre de carrières on n'est admis à concourir qu'après avoir été agréé (nominated) par l'autorité compétente, la plupart du temps par le chef du département : tels les inspecteurs de l'agriculture; les « assistants » du British Muséum ; les secrétaires (clerks) de la Chambre des Communes; les sousinspecteurs de l'instruction publique; les inspecteurs des manufactures ; les commis, attachés, vice-consuls, relevant du Foreign Office, etc.
Nous ne parlerons que du Foreign Office. Pour prendre part au concours pour les carrières diplomatique ou consulaire ', il faut être placé sur la liste des candidats par le ministre des afi'aires étrangères (Foreign Secretary), qui désigne généralement dix candidats pour chaque place vacante K Le département des affaires étrangères s'adresse aux chefs des grands collèges d'Oxford ou de Cambridge et leur demande leurs plus brillants sujets. En instituant ce mode de concours limité, le Foreign Office a voulu
54 places. Les candidats admis sont généralement autorisés à choisir le département où ils seront appelés à servir, chacun à son tour, d'après leur rang dans le classement d'examen : ainsi, en 1891, 158 candidats ont pu choisir leur poste, et 47 ont dû être placés suivant les nécessités du service.
1. Les carrières diplomatique et consulaire sont distinctes dès l'origine : il y a un concours pour le grade d'attaché, et un autre concours pour celui de vice-consul. . 2. Escott, England, p. 562.
ménager les chances des fils d'agents diplomatiques : élevés à l'étranger, ils ont, par leurs relations, par leur connaissance des mœurs et du monde des capitales, quelques-unes des qualités les plus désirables chez les candidats diplomates.
Pour la diplomatie, l'âge requis est de vingt à vingt-six ans; les connaissances générales demandées sont assez peu profondes : a Orthographe; écriture; grammaire latine; traduction et analyse d'un passage d'un bon auteur latin en donnant les étymologies ; les quatre règles de l'arithmétique et les fractions décimales; premier livre d'Euclide; géographie. » Mais le programme devient moins banal, il ne ressemble plus à celui de nos classes de quatrième, quand on arrive aux langues vivantes et aux connaissances spéciales : « Grammaire française et la conversation coulante (fluently) en français, sur des sujets ordinaires; version et thème; écrire une lettre en français sur des sujets ordinaires; dictée. » Allemand, de même que pour le français, moins la lettre, a Connaissance générale de Ihistoire constitutionnelle de l'Angleterre; de l'histoire politique de l'Europe et des États-Unis, de 1815 à 1860, et, particulièrement, des principaux traités signés pendant cette période; économie politique — Adam Smith et Mill. » Enfin, et ceci n'est pas la partie la moins curieuse du programme : « Preuves générales d'intelligence données par la manière dont le candidat se conduit au cours de l'examen, et, particulièrement, par la vivacité plus ou moins grande avec laquelle il saisit les points essentiels d'une note (paper) lue par lui, ou
devant lui, à une ou deux reprises. » L'avantage, dans un pareil concours, est certainement au lils de diplomate, qui a pu passer plusieurs années à l'étranger, surtout en France et en Allemagne. Il semble bien difficile qu'un élève, si brillant qu'il soit, de la public school et de l'université, puisse s'y montrer à son avantage.
Pour le service consulaire, le concours est très diflërent. On peut s'y présenter de vingt-cinq à cinquante ans. Le programme est court :
« Composition anglaise et dictée; français (l'écrire et le parler); connaissance de la langue du port où le candidat sera appelé à résider : — l'allemand pour le nord de l'Europe; l'espagnol ou le portugais pour l'Espagne, le Portugal, le Maroc, l'Amérique du Sud ou du Centre; l'italien pour l'Italie, la Turquie, la Grèce, l'Egypte, la mer Noire et la Méditerranée; pour Odessa, le russe. — Droit maritime et commercial; arithmétique K »
Tous les consuls doivent savoir le français d'abord, puis la langue du pays où ils résident. Ils sont dès l'origine répartis entre quatre grandes régions. Il ne vient pas à l'esprit d'un ministre anglais qu'un agent, après de bons services à Yokohama, puisse être par là même utile à Tanger; ou que l'on soit tout désigné pour Boston, quand on a servi pendant dix ans dans le Levant. Les consuls anglais sont faits pour les postes où ils doivent servir, et non les postes pour les consuls.
1. II y a un examen spécial pour les consulats d'Extrême- Orient.