Chailley-Bert, p
LES FONCTIONNAIRES 12b
enquête permanente sur les qualités physiques, morales et intellectuelles du candidat.
Le programme de l'examen d'admissibilité comprend les matières qui forment la base de l'enseignement dans les public schools et les universités; toute la partie technique est représentée par quelques notions d'arabe, de sanscrit et d'h^^^Loire de l'Inde. Après ce concours la période d'épreuve dure deux ans pour le candidat admis, qui la passe où il veut. Mais, comme on tient à une préparation, désormais technique, aussi complète que possible, le ministre de l'Inde (Secretary of State for India) sert une pension annuelle de 300 livres aux jeunes gens qui passent leur protafion dans l'une des universités ou l'un des collèges approuvés par lui. Le prohationer doit se perfectionner dans l'équitation, et témoigner, devant un officier de cavalerie, de son aptitude à faire de longs voyages à cheval : c'est une condition essentielle. Tout mauvais cavalier est exclu.
Le temps d'épreuve écoulé, les commissaires font une enquête sur la conduite, la santé, le développement des forces physiques du prohationer^ qui est appelé maintenant à subir l'examen final. L'examen d'admissibilité avait pour but de s'assurer de la pénétration, du jugement et de la culture du candidat; l'examen final doit faire connaître si le prohationer a acquis les connaissances spéciales : le persan pour tous et, pour chacun, la langue vulgaire de la province où il devra servir.
Quand le prohationer a franchi tous ces obstacles, il est enfin nommé fonctionnaire de l'Inde, et il part. En arrivant, nouveau stage : il a fait un
apprentissage à l'école, il doit faire maintenant un apprentissage sur le terrain. Il est adjoint, en qualité d'ineffective officer, à un fonctionnaire supérieur *.
Le système de recrutement ainsi constitué a traversé quatre phases, pendant lesquelles il a produit des effets assez différents, suivant que l'on abaissait ou relevait la limite d'âge pour l'examen d'admissibilité. De 1858 à 1865, la limite d'âge est fixée à vingt-trois ans; de 1865 à 1876, elle est abaissée à vingt et un ans; de 1876 à 1891, on l'abaisse encore, à dix-neuf ans; en 1891, on la relève à vingttrois ans.
On commit une faute lorsque, en 1865, on abaissa la limite d'âge de deux ans : on crut réparer le mal en recherchant des candidats plus jeunes encore; mais, le remède étant impuissant, l'on revint aux conditions fixées à l'origine, en 1858, et pour les mêmes raisons qu'avait alors fait valoir lord Macaulay ; « La commission que présidait lord Macaulay s'était proposé d'attirer au service de l'Inde l'élite intellectuelle de la nation, c'est-à-dire, dans son opinion, les jeunes gens qui auraient suivi les cours de l'université. Pour cela, elle avait combiné et les programmes et la limite d'âge de telle
1. « Inelfective, ils le sont doublement : ils ne comptent pas. à l'effectif légalement fixé, et ils n'ont aucune autorité propre, lis se perfectionnent dans la langue, le droit, l'histoire, la géographie de la région où ils doivent résider. Placés près de ces hauts fonctionnaires, embrassant, d'un coup d'œil, toutea les affaires et toute la série des opérations, ils acquièrent à la fois et le sens pratique de l'administration et la notion de l'importance relative de chaque fonction. Quand ce stage est fini, alors seulement, ils reçoivent un poste actif. » (Chailley- Bert, p. 253-254.)
façon qu'ils correspondissent aux programmes des universités et à l'âge même où les étudiants en sortent avec leurs diplômes... Ces dispositions obtinrent un plein succès. A peine furent-elles mises en vigueur que l'on constatait que les élèves des universités se présentaient en nombre aux concours de l'Inde. En 1858, sur quarante candidats, 90 p. lOQ provenaient des universités '. »
En 1865, la limite est abaissée à vingt et un ans, âge intermédiaire entre la fin des années d'école (18 ou 19 ans) et le terme des études universitaires (22 ou 23 ans). C'est alors qu'intervinrent les préparateurs spéciaux : ils avaient la partie belle. Les écoles pas plus que les universités ne pouvaient, pour une catégorie d'élèves très limitée, changer leurs programmes et leurs traditions. A 18 ans, au sortir de l'école, le futur candidat pour l'Inde se mettait donc entre les mains d'un préparateur en renom, qui chauffait* à merveille son client jusqu'au moment de l'épreuve. Dès lors, il arriva que plus de la moitié des candidats reçus chaque année sortaient des classes d'un préparateur célèbre.
Devant un pareil résultat, on abaissa la limite à dix-neuf ans; on pensait ainsi recueillir les jeunes gens au sortir de l'école. On renonçait à attirer des étudiants des universités; on se contentait d'une éducation secondaire suffisamment libérale , qui serait complétée à l'université pendant la prohatio7i. Mais le programme comprenait encore plus de