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2. Cet examen d'admissibilité {Army preliminary examination) est aboli à partir de 1894.

LARMÉE 143

tiennent la première place (Class I); à la composition de mathématiques est attribué un maximum de 3 000 points, 2 000 à chacune des deux suivantes, latin et langues vivantes, 1 000 à l'anglais et 1 000 au dessin; — au second rang (Class II) viennent des sujets à chacun desquels est attribué un maximum de 2 000 points et dont le candidat doit choisir au moins deux; ce sont : les mathématiques spéciales (higher), le français ou l'allemand ', le grec, l'histoire nationale, la physique, la chimie, l'histoire naturelle et la géologie ; — au troisième rang (Class III), et pouvant tous deux être choisis, le dessin à main levée et la géographie, chacun pour 500 points. Tout candidat, pour avoir quelques chances de passer, doit faire preuve, dit le programme, a d'une connaissance suffisante du latin, des mathématiques et d'une langue étrangère d. Ce tarif d'examen n'est appliqué que depuis 1891 ; il a été institué à la requête en quelque sorte des public schools. Pour faire la part plus belle aux candidats qu'elles présentent et ne point favoriser les jeunes gens qui, abandonnant de bonne heure l'école traditionnelle, se mettent entre les mains des préparateurs spéciaux -, on a relégué au

1. Celle de ces deux langues qui n'a pas fait l'objet de la composition dans la première série des sujets.

2. Les préparateurs spéciaux, les crammers (bourreurs), dont plusieurs sont des instructeurs, sinon des éducateurs, de premier ordre, étant presque les seuls à enseigner certaines matières exigées à l'examen, s'étaient constitué une sorte de monopole pour la préparation aux écoles militaires. C'est ce monopole qu'on a voulu détruire, de même que chez nous le carnet d'études est destiné à battre en échec la « boite à bachot ••

Malgré les dispositions prises pour diminuer les chances et

second rang des connaissances qui sont de première

importance pour un officier d'artillerie ou du génie :

les mathématiques spéciales, la physique, la chimie.

L'examen d'admission à Sandhurst est depuis 1891

réduire le rôle des préparateurs {crammers), ceux-ci continuent de remporter des succès; et une proportion considérable des candidats reçus a passé au moins quelques semaines entre les mains de ces habiles spécialistes. En 1888, sur 251 candidats admis à Woolwich, 112 avaient été préparés par des crammers, mais presque tous avaient fait leurs études jusqu'à quinze ou seize ans dans une public ou une grammar school. En 1892, la part des crammers a diminué : sur 234 admis, 80 seulement ont reçu leur assistance; les écoles qui ont fait recevoir le plus de candidats sont : Wellington (20); Bedford Grammar School (20); Saint-Paul's (14); Cheltenham (13); Mariborough (12), etc. 11 est à remarquer que Eton, Harrow «t les autres vieilles écoles aristocratiques ne figurent pas en tête de liste. — Dans le nombre des admis à Sandhurst, la part des crammers n'a pas cessé d'être considérable : en 1888, 201 sur 307; en 1890, 236 sur 361; en 1892, 222 sur 330. En 1888, 32 des candidats admis avaient passé par les universités, 28 par Eton, 17 par Gliflon, 17 par Cheltenham, 13 par Harrow, 12 par Mariborough, etc. Eh 1892, 18 sortaient des universités, 23 de Wellington, 22 de Bedford, 18 de Cliflon, 17 de Eton, 17 de Harrow, etc.

Mais tout le monde n'est pas d'avis que la réforme a complètement réussi; la critique la plus vive du système en vigueur a été faite par un des préparateurs spéciaux les plus en renom, mais pas dans le sens que l'on pourrait supposer. Dans une lettre au Times (31 mai 1894), M. Wren, qui prétend être un instructeur et non un « bourreur », se plaint que le nombre excessif des matières mises au programme favorise le « cramming » et exclut toute possibilité d'approfondir les ■sujets, (i Sept sujets obligatoires, deux facultatifs, neuf en tout, s'écrie-t-il, et la limite d'âge pour Woolwich est dixhuit ans! Représentez-vous l'effet produit sur les candidats heureux : chacun d'eux a une teinture de sept sujets... On affirme qu'il est essentiel que tout candidat sache les mathématiques, la chimie, la physique et la géologie. Mais alors pourquoi en admet-on qui ne savent à peu près rien de ces :sciences? »

le même que pour Woolwich, avec la seule différence d'une composition de mathématiques moins difficile et à coefficient moins élevé.

La limite d'âge diffère pour les deux écoles : pour Woolwich, on n'est admis à concourir que de seize à dix-huit ans; pour Sandhurst, de dix-huit à vingt. La limite à Sandhurst est reculée à vingt-deux pour les candidats qui ont passé par les universités et y ont pris leurs grades.

Il y a bien des manières d'appliquer un programme d'examen. Les examinateurs de Woohvich, avec des candidats de deux ans plus jeunes, sont cependant beaucoup plus exigeants, sur le même programme, que les examinateurs de Sandhurst ; ils maintiennent à un niveau aussi élevé que possible le recrutement des armes savantes. Le nombre des jeunes gens de seize à dix-huit ans portés par leur vocation, leur éducation et leur milieu social à courir la chance d'un examen aussi complexe et aussi difficile est, dans l'état actuel de la société et de l'organisation scolaire, extrêmement restreint. De 1883 à 1886, il s'est présenté moins de candidats qu'on n'offrait de places. De fait, l'épreuve d'admission a cessé d'être un concours; elle n'est plus qu'un examen de « qualification », avec classement par ordre de mérite. Pour Sandhurst, au contraire, pendant la même période, bien que le nombre de places mises au concours eût été porté successivement de 200 à 360, il se présentait 100 candidats pour 32 places '.

1. Une personne bien placée pour comparer me dit que l'examen de Sandhurst est « bien plus facile que l'examen de Saint-Cyr. »

Et cette proportion a été en augmentant : en 1894, il y a eu 840 candidats pour 120 places.

Les candidats admis, sous le nom de cadets, passent deux ans à Woolwich et un an à Sandhurst.

Le cadet de Woolwich reçoit une éducation spéciale qui paraît être assez poussée. Au programme^ mathématiques, artillerie (théorie et exercices), cours de fortification, de topographie et lever de plans, de français, d'allemand, de physique et de chimie, de tactique, d'administration et de législation militaires; sans parler des exercices pratiques : école du soldat, équitation, tir, etc. Le cadet reçoit sa commission d'officier d'artillerie ou du génie vers l'âge de dixneuf ans. C'est évidemment trop tôt; deux ans ne suffisent pas pour achever son instruction scientifique et pour faire en entier son instruction technique : trop souvent le cadet quitte Woolwich insuffisamment préparé au métier d'artilleur, comme il était arrivé insuffisamment préparé à l'apprendre. Une enquête récente a recueilli les témoignages du corps enseignant à Woolwich : le professeur de mathématiques dit : ce Ce qu'il nous faut, ce n'est pas de nouveaux articles au programme, mais une connaissance plus approfondie de ceux qui y sont. » Le professeur d'artillerie se plaint que les cadets lui arrivent sachant mal les logarithmes; le professeur de topographie remarque qu'ils s'embrouillent dans les échelles; etc. *.

•1. Dans leur rapport de 1891, les inspecteurs de Woolwich (Board of Visitors) déclarent qu'il est impossible de compléter l'éducation de l'officier d'artillerie dans les deux années de son séjour à l'école et qu'une troisième année d'apprentissage,

Le cadet de cavalerie ou d'infanterie passe à Sandhurst un an, moins quatre mois de congé; il lui reste huit mois de travail effectif : c'est peu pour faire d'un écolier un officier '. Le cadet suit des cours de tactique, de fortification, de topographie, d'administration et de législation militaires. Pour la partie pratique : exercice (drill), tir, escrime, gymnastique et équitation. Vers l'âge de vingt ans, nommé souslieutenant, il est envoyé dans un régiment. Là, pendant deux ans, 1' a adjudant » du régiment est spécialement chargé du soin de compléter son éducation militaire; à la fin de ce stage, le colonel l'examine, et si l'épreuve est satisfaisante, le sous-lieutenant est déclaré « instruit » -.

qui serait passée dans un arsenal, lui est nécessaire avant qu'il rejoigne le régiment. On aurait ainsi plus de temps à Woolwich pour l'étude des sciences.

1. Dans leur rapport de 1891, les inspecteurs condamnent ce système et réclament un séjour d'au moins dix-huit mois à Sandhurst.

2. Instruit est une façon de parler. Un homme qui a beaucoup fréquenté les officiers anglais d'infanterie et de cavalerie me dit : « Us sont prodigieusement ignorants; ce sont de bons soldats, connaissant la pratique du métier, très vigoureux, très entraînés, infatigables, enragés de sports, — mais, hors de là, fermés à toute connaissance générale. Ils savent manier leur fusil, mais ils ne savent pas comment il est fait, ni avec quelle poudre leurs cartouches sont chargées... »

Les sports sont pratiqués avec passion par les officiers de toutes les armes. On cite ce fait que l'équipe de football des officiers du génie, de l'arme savante par excellence, s'est mesurée avec succès dans ces dernières années contre toutes les plus fortes équipes d'Angleterre, et que l'une des grandes associations nationales de football a pris comme président un officier du génie. Nos « sapeurs » français sont loin d'être aussi - at'ilétiques », et il faut le regretter.

En dehors des écoles militaires, il reste encore deux chemins : prendre du service dans la milice, ou s'engager dans l'armée active. Pour être admis comme officier « subalterne » dans la milice, il suffit de passer un examen qui ne paraît pas dépasser le niveau de celui qui fut institué pour les officiers de l'armée active en 1849. Une fois admis dans la milice, le « subalterne » doit faire un stage de quinze mois au moins avant de pouvoir concourir pour l'entrée dans l'armée active. Pendant ce stage, il apprend le métier militaire et complète tant bien que mal son instruction. Le « subalterne » de la milice n'est admis à se présenter que trois fois à l'examen, et la limite d'âge est fixée à trente-trois ans. Les épreuves sont écrites et portent sur la tactique, la fortification, la topographie et la législation militaire. De 1886 à 1889, 798 officiers de la milice ont, par cet examen, obtenu le brevet d'officier dans l'armée active *. La milice est donc pour les cadres de l'armée active une source de recrutement presque aussi abondante que les écoles spéciales.

Les officiers sortis du rang sont en nombre infime; on conçoit, de reste, qu'il y a un abîme entre le corps aristocratique des officiers et les mercenaires de la troupe. Pourtant, dans les dix dernières années, un certain nombre de fils de famille, affrontant les préjugés de classe, se sont engagés comme simples

1. L'affluence des candidats n'est pas grande relativement au nombre de places mises au concours, car en principe c'est un concours; mais, en fait, le concours est devenu, comme pour Woolwich, un examen de qualification. Il est arrivé une fois que, pour 15 places, 69 candidats seulement se sont présentés, dont 51 ont été admis.

soldats pour arriver au grade d'officier. Le cas ne se produit guère que dans la cavalerie ou l'infanterie. Le général Wolseley cite * un régiment qui comptait ainsi en 1886 trente fils de famille engagés. Le haut commandement ne voit pas d'un œil favorable cette tendance nouvelle : il ne met chaque année au concours, pour l'infanterie et la cavalerie, qu'une vingtaine de brevets de sous-lieutenant *. Le stage dans la troupe dure de six à neuf ans. En fait, l'officier sorti du rang ne peut dépasser le grade de capitaine.

Le corps des officiers de l'armée de terre forme presque une classe fermée qui se suffit à elle-même. La proportion des fils d'officiers qui entrent dans l'armée est considérable; tous les autres jeunes gens admis à Woolwich et à Sandhurst, et qui ne sont pas nés dans des familles militaires, appartiennent aux classes dirigeantes. Sur 330 gentlemen cadets que comptait Sandhurst en 1872, 172 étaient fils d'officiers; 43, fils de clergymen, juges, avocats, solicitors, médecins; 23, fils de fonctionnaires; 87, fils de pnvate gentlemen (rentiers); 5, fils de lords et baronnets. A Woolwich, en 1890, sur 21 A gentlemen cadets, 141 étaient fils d'officiers; 44, fils de membres des professions libérales ; 26, fils de fonctionnaires ; 60, fils

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