Voir Macaulay's life, by sir George Trevelyan
2. Oq a conservé son petit livre de dépenses qu'il notait en français, sans doute pour s'exercer : « Charité, 1 shilling; donné à un pauvre garçon, 1 penny; à un pauvre garçon» 12 pence. »
goût prononcé pour les livres faisait mal augurer de son succès dans les affaires. Richard, ayant trouvé une place de représentant d"une maison belge, se trouva enfin délivré de ses bienfaiteurs. Ses affaires l'amenèrent à voyager : en parcourant le monde, il se prépara à écrire le célèbre pamphlet — son début — sur l'Angleterre, l'Irlande et l'Amérique.
John Bright était né d'une famille de quakers, originaire du Wiltshire. Vers le milieu du xviiF siècle, la famille alla s'établir à Coventry. C'est là que naquit, en 1775, Jacob, père de John. D'abord simple ouvrier de filature, mais intelligent et énergique, Jacob réussit à s'établir pour son propre compte en 1809; et, en 1823, il était l'unique propriétaire d'une importante usine. Dans l'intervalle, en 1811, était né son fils John. L'éducation de John fut très irréguliére et incomplète : en six ans, il changea quatre fois d'école. A quinze ans, il entrait en apprentissage; le temps d'école était fini; pour apprendre désormais il n'avait plus à compter que sur ses seules forces, et l'on peut dire qu'il a été presque entièrement autodidacte. Ce qui ne l'empêcha pas de faire à vingt ans son premier discours. Un collaborateur bien connu de l'Athe^iseum, Silk Buckingham, était venu faire à Rochdale une conférence populaire sur les « Voyages en Orient ». John Bright fut chargé de remercier le conférencier; et il s'en tira, dit-on, fort bien.
Aujourd'hui, les bourgs pourris ont disparu, les circonscriptions électorales ne sont plus la propriété
incontestée de quelques puissantes dynasties; mais la richesse, du moins l'aisance est presque une condition essentielle de l'entrée dans la vie politique. On ne voit guère d'hommes besogneux parmi les membres des Communes; sauf dans quelques cas exceptionnels \ la situation ne serait pastenable. Le Parlement est encore dans la main d'une élite, celle de la richesse et du talent. La richesse peut aller seule, mais le talent non pas. Grands propriétaires terriens, riches commerçants, grands industriels, avocats dont les honoraires dépassent 75000 francs par an, opulents squires -, en 1874 et en 1880, le corps électoral a nommé les hommes les plus riches de l'Angleterre; et les deux cabinets qui eurent la
1. Les députés ouvriers sont payés par leurs électeurs ou par les Trade-Unions. Il est vrai qu'il commence à être sérieusement question de donner une indemnité aux membres du Parlement. Dans sa séance du 24 mars 1893, la Chambre des Communes a repoussé par 276 voix seulement contre 229 une proposition en ce sens. Il est à remarquer que le gouvernement, par l'organe du chancelier de l'Échiquier, avait accepté le principe de l'indemnité, sous cette réserve qu'il ne serait pas applicable immédiatement, mais seulement . dès qu'on aurait trouvé les moyens de l'appliquer.
2. D'après M. Edmond Desmolins {Science sociale, janvier 1889), les deux parlements français et anglais étaient composés en 1886 de la façon suivante :
Cliambre française :
Agriculture, 72 députés; industrie, 41 ; commerce, 22; professions libérales, 270 (53 médecins et pharmaciens, 17 notaires, 7 ingénieurs civils, 59 journalistes, 107 avocats, 6 professeurs de droit); armée, 6 députés; clergé, 2; fonctionnaires, 95; sans profession, 43.
Chambre des Communes :
Fonctionnaires, 47 membres; armée, 66; professions libérales, 107;; commerçants, 100 ; industriels, 131 ; agriculteurs, 132.
LES HOMMES d'ÉTAT 173
confiance de ces deux assemblées étaient composés d'hommes possédant tous de grosses fortunes '.
Par les réformes électorales de 1867, de 1872 et de 1884, l'aristocratie de la naissance ou de l'argent a ouvert les portes à la démocratie, mais elle sait se maintenir malgré tout. Pour se préparer à la lutte avec les enfants du peuple, elle a recours aux mêmes moyens dont elle usait quand ses propres fils rivalisaient entre eux : les public schools, les universités restent toujours les pépinières du Parlement. Gomme Gladstone, il y a plus de soixante ans, les écoliers d'aujourd'hui rédigent des school magazines, discutent les questions les plus graves dans leurs debating societies. Et vous auriez pu voir il y a trois ou quatre ans encore à Saint-Stephen des groupes de Westminsters traversant le lobby pour se rendre à la séance, comme au temps de Fox et de Burke. « Parmi les membres du Parlement élu en 1888, 237, c'est-àdire plus d'un tiers, avaient passé par Oxford ou Cambridge, et l'on en pouvait compter 200 qui avaient été élevés dans les public schools, dont 100 venaient d'Eton et plus de 50 de Harrow*. » Le prestige de l'éducation traditionnelle n'a pas encore souffert des progrès de la démocratie. Après les dernières élections de 1892, les journaux, en publiant la biographie des nouveaux élus, ne manquaient pas de relater leurs succès académiques. Un honneur à l'université € reste, pendant la vie entière, une distinction hors ligne pour les titulaires ^ »