Interp. écon. de Vhist,, chap. xvi
aux maux qu'a engendrés le passé... L'histoire économique nous démontre que la misère des classes ouvrières est l'œuvre propre et préméditée de la légisture, et qu'il est très difficile d'améliorer leur sort par le simple jeu de la libre concurrence et par les efforts combinés des ouvriers... » « Je frémis, a dit Arnold Toynbee, en pensant à ce que serait devenu ce pays si les lois protectrices du travail n'avaient pas été votées *. »
Il reste encore beaucoup à réparer des torts du passé et beaucoup à adoucir des maux du présent. Les lois n'ont pu supprimer les crises périodiques qui pèsent aussi lourdement sur le travail que sur le capital; mais les classes ouvrières sont plus à même de les supporter qu'autrefois. Cependant il faut mettre à part un déchet social, car la classe ouvrière n'a pas été sauvée tout entière de la décadence physique et morale : les misérables qui pourrissent dans les bouges malsains des faubourgs de Liverpool et de l'East-End de Londres, les affamés qui s'écrasent aux grilles des docks de ces grands ports en suppliant qu'on leur donne du travail, ceux-là sont les déclassés du quatrième état, victimes de l'adversité, d'une erreur de jugement, d'une faute de conduite, ou bien encore descendants dégénérés d'ouvriers de 1840 auxquels le secours social est arrivé trop tard. Il n'en reste pas moins que pour l'immense majorité des classes ouvrières anglaises les conditions du travail et de la vie se sont améliorées depuis un demisiècle; et pour préciser : M. George Lord, dans son