É. Boutmy, p
fait le vide autour d'elle : elle devient une a oligarchie tyrannique » K Mais elle paie la rançon de son monopole agraire en supportant les charges locales : soulagement des pauvres, police, travaux publics, etc., elle paie tout; et elle ne croit pas que c'est acheter trop cher le droit de tenir le peuple en tutelle. Pendant que la noblesse française mendie des pensions et des faveurs à la cour, la gentry règne dans ses terres. Par le cens électoral qui écarte les petits, elle tient la Chambre des communes et règne sur l'État '. A la fm du xviii^ siècle, six grands seigneurs propriétaires envoyaient quarante-cinq députés aux Communes, « quatre-vingt-quatre personnes nommaient cent cinquante-sept députés et cent cinquante autres étaient choisis par soixante-dix gentlemen ^ » Des réformes électorales successives au cours du XIX'' siècle ont préparé l'avènement de la démocratie : sans révolution et presque sans heurts l'Angleterre est passée du régime oligarchique au gouvernement populaire. La loi de 1832, chèrement disputée, fit la première brèche : devenait électeur dans les bourgs quiconque payait un loyer annuel de 10 livres ; dans les campagnes, en dehors des freeholders et des possesseurs de baux emphythéotiques dont le cens était fixé également à 10 livres, le vote n'était accordé qu'aux fermiers (tenants) payant au moins un loyer