‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 79 sur 112 · Chevrillon, p · texte numérisé non relu

Chevrillon, p

peuple, les moyens d'éducation lui ont manqué pour ses enfants '. Elle a travaillé en silence : son labeur probe et entêté a rendu des services, mais elle n'a donné à la nation ni une originalité ni une direction. Par contre, la classe ouvrière, se transformant et s'élevant, n'avait pas moins d'action sur les destinées du pays que l'aristocratie, pépinière des chefs. Sauvée du grand péril qu'elle courut au début de l'ère industrielle, elle a conquis la dignité, le loisir et, avec le vote, l'influence prépondérante : sagement elle s'est contentée de contrôler le pouvoir sans chercher à l'exercer. Même radical en politique, l'ouvrier anglais restait conservateur au fond : fidèle aux traditions de discipline sociale, il a appris à discerner les qualités qui font les chefs; et quand, pour ses unions de métier et fédérations, il a fallu choisir des chefs dans les rangs de la classe ouvrière, il a su prendre les meilleurs*. Car la classe ouvrière anglaise a donné

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