‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 86 sur 112 · Hist. de la lilt. angl., t. V, Avert., p. II · texte numérisé non relu

Hist. de la lilt. angl., t. V, Avert., p. II

LA CULTURE 2oo

ont délaissé la déduction mathématique universellement admise pour des procédés tout opposés que leur suggérait leur imagination réaliste, a Extrême puissance à voir le concret, extrême faiblesse à saisir l'abstrait », telle est, suivant un physicien français, la caractéristique de leur génie '. Pour construire la science, comme pour l'exposer, ils font usage de ce qu'ils appellent le modèle, d'une représentation concrète de leurs hypothèses scientifiques. « Là où le physicien français ou allemand concevait une famille de lignes de force, le physicien anglais va imaginer un paquet de fils élastiques, collés par leurs deux extrémités aux divers points des surfaces conductrices, distendus, cherchant à la fois à se raccourcir et à grossir... » Dans le livre de 0. Lodge, où sont exposées les théories modernes de l'électricité, « il n'est question que de cordes qui se meuvent sur des poulies, qui s'enroulent autour des tambours... de tubes qui pompent l'eau, d'autres qui s'enflent et se contractent '...»« Il me semble, a dit le grand physicien W. Thompson (lord Kelvin) % que le vrai sens de la question : Comprenez- vous ou ne comprenez vous pas un sujet particulier en physique? est : Pouvez-vous faire un modèle mécanique correspondant?... Je ne suis jamais satisfait, tant que je n'ai pu faire un modèle mécanique de l'objet; si je puis faire un modèle mécanique, je comprends; tant que je ne puis pas faire un modèle mécanique, je ne com-

1. L'école anglaise et les théories physiques, par P. Duhera (Revue des questions scientifiques^ octobre 1893).

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