‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 95 sur 112 · W. G. Brownell, French Traits. New-York · texte numérisé non relu

W. G. Brownell, French Traits. New-York

d'esprit, à la sécheresse de cœur : sous l'influence des apôtres du devoir social — Carlyle, Ruskin, Arnold, Kingsley — elle est devenue plus large et plus douce : a un vent de pitié s'est mis à souffler '. )>

« Votre richesse est enchantée, s'écrie Carlyle : vous croyez la tenir et elle vous échappe. » Ruskin condamne l'économie politique officielle : « Vous pouvez avoir de gros bénéfices, de larges débouchés, des salaires élevés, tous les signes de la prospérité nationale, et malgré tout vous êtes pauvres : votre richesse peut être pourrie, vos beaux atours mangés aux vers, votre or et votre argent rongés par la l'ouille, et leur rouille sera un témoignage contre vous. » La vraie prospérité d'une nation se mesurée son humanité, non pas à sa richesse : « celui-là seul avance dans la vie dont le cœur devient plus doux, le sang plus chaud, le cerveau plus vif, et dont l'esprit entre dans la paix vivante *. »

L'esprit de sacrifice, qui est dans sa forme la plus humaine le sens du devoir social, est né de l'esprit de solidarité : on ne rencontre nulle part au même degré et en dehors de tout mobile religieux, ce besoin insatiable de se dévouer à la communauté ou à quelques-uns : des jeunes filles de la bourgeoisie s'enrôlent comme gardes-malades dans les hôpitaux, si nombreuses qu'elles suffisent à la tâche ; les missionnaires laïques des universités, conférenciers itinérants, portent au peuple de ville en ville le pain de la science; de jeunes gradués d'Oxford ou de

i. Cockburn, cité par Chevrillon, p. 389.

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