‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 98 sur 112 · Lettre au Times, 12 janvier · texte numérisé non relu

Lettre au Times, 12 janvier

3. Une souscription ouverte par la presse française pour ■ nos amis » a produit péniblement quelques milliers de francs.

de l'empire, par cotisations individuelles surtout, dix millions et demi de francs. Les Gharity-Commissioners, chargés d'administrer les dons et legs faits dans un intérêt public, gèrent une fortune de quatre cents millions de francs *. Ainsi employée la richesse devient un moyen ; elle n'a pas sa fin en elle-même ; elle est une source nouvelle d'activité désintéressée. Charles Booth, riche armateur, a fait sa fortune dans les affaires. Son bureau dans la Cité lui prend une moitié de son temps ; l'autre moitié et une grande partie de sa fortune, il les dépense à une immense enquête sur la misère à Londres, rue par rue, maison par maison. Pour dresser la carte de Londres misérable, malsain et criminel % il a partagé la vie des malheureux, il a couché pendant des mois dans les common lodgings à quatre sous par nuit : et cela, poussé par une force irrésistible, par une sorte d'instinct social, par le besoin de se dévouer à ia communauté. Et ni lui, ni les jeunes intellectuels qui donnent plusieurs années de leur vie aux pauvres ouvriers de l'East-End, n'acceptent l'idée de sacrifice : c'est un simple devoir qu'ils remplissent, avec une joie contenue.

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