‹ Les professions manuelles et les institutions de patronageChapitre 5 sur 26 · LBS PROFESSIONS MANUELLES · texte numérisé non relu

LBS PROFESSIONS MANUELLES

» querra de nouveaux sujets aussi utiles par leur » activité, leur intelligence, leurs trésors et leurs tra- » vaux*... »

Assurément la classe indigente, tout imbue encore d*anciennes habitudes mercantiles que Toppression avait contribué à enraciner en elle, maintenue longtemps encore sous Finfluence désastreuse de haineuses persécutions, avait besoin d'aides, de guides, d'encouragements pour conrprendre les bienfaits immenses de la liberté; mais '.dès qu'elle se sentit définitivement protégée contre les violences et les tyrannies, d'où qu'elles vinssent, .. le goût et les aptitudes aux professions utiles qui gisaient en elle, comme à Y^tat latent, se développèrent avec une incroyable rapidité, un progrès incessant. »

On en peut marquer les étapes.

Sous la Restauration il y avait bien encore un certain nombre de marchands de mercerie, de colporteurs, brocanteurs, marchands de chevaux et bestiaux, fripiers, commissionnaires, etc. ; mais les professions industrielles sont déjà plus en honneur et ceux qui les exercent se livrent plus volontiers à celles de tanneur, de corroyeur, gantier, . cordonnier, bottier; ils sont fabricants de tabac, . de savon, d'amidon ; fabricants d'étoffes et de couvertures de laine, ouvriers en soieries, etc • .

Vingt ans plus tard, le Comité de Bienfaisance Israélite de Paris, faisant le dénombrement des ménages Israélites pauvres de la capitale, constatait que

^ Opinion de M. Tabbé Bertolio sur les Juifs, proposée dans rassemblée générale des représentants de la Commune, du 30 janvier 1790. * Noiie9 sur Vétat des Israélites en Francs*

409 chefs de famille exerçaient soixante-seize professions. Les brocanteurs (46), les colporteurs (62), les marchands de lunettes (16), les marchands merciers (13), les marchands forains (51), formaient une minorité trop importante encore, mais, à côté d'eux, que d*artisansl Peintres en bâtiments, ouvriers bijoutiers, oxLTTiers en brosserie, chapeliers, corroyeurs, tailleurs, cordonniers , fabricants de parapluies , ébénistes , prouvaient combien grandes étaient les dispositions gui portaient les Israélites à exercer un métier *, et dans cette statistique, les femmes iSguraient dans une notable proportion.

Dix ans plus tard, en 1853, cet état de choses s'améliorait encore : les brocanteurs, marchands de lunettes et colporteurs ne comptaient plus que pour le chiffre relativement infime de 7 ®/o» tandis que toutes les carrières industrielles comptaient un grand nombre de Juifs.

Pendant ce temps, des écoles ■ avaient été organisées, des établissements de patronage fondés dans la Communauté Israélite de Paris, qui constituaient les moyens les plus propres à inspirer aux nouvelles générations l'amour du travail, à élever toujours d'avantage le goût des professions utiles, des arts libéraux et des métiers «.

1 Voir ce tableau à Tappendice. (NoteE.)

* Consulter à ce sujet notre HUtoire des écoles communales et consis^ torialet Israélites de Paris,

' D'après un relevé fait par M. Isidore Loeb, secrétaire de TAllianca Israélite, on comptait, en 1883, le nombre suivant de fabricants israélites à Paris : 1 armateur ; 4 fabricants de balances ; 7 fabricants de batiste ; 1 fabricant de becs de gaz ; 3 fabricants de berceaux ; 2 fabricants de meubles en bois courbé ; 1 fabricant de boucles ; 14 fabricants de bronze; 1 fondeur en bronze blanc ; 4 fabricants de brosses; 1 fabricant de cachemires des Indes ; 1 cambreur ; 1 fabricant de

On a vu que, si pendant longtemps les Israélites ont été dans la nécessité de renoncer aux « travaux, mécaniques », il ne fallait attribuer cet abandon « qu'aux » vicissitudes de leur état, à Tincertitude où ils avaient » été, soit à l'égard de leur sûreté personnelle, soit à » l'égard de leurs propriétés, ainsi qu'aux obstacles » de tout genre que les règlements et les lois des » nations opposaient au libre développement de leur « industrie et de leur activité* ».* On verra dans les pages qui vont suivre les résultats acquis jusqu'à ce jour et les progrès réalisés ; on verra enfin combien juste était cette pensée que « le moyen de donner à tous » les Juifs l'éïiergie qui convient à des hommes libres, » c'est de les faire participer à cette honorable » qualité * ! »

caoutchouc ; 2 fabricants de chasubles ; 5 fab. de chaudronnerie ; 17 fab. de chaussures; 10 fab. de chemises ,-.2 fab. de coffres-forts ; 3 cordiers; 6 corrojeurs; 2 fab. de corsets, 10 fab. de cotons et de tissus ; 4 fab. de couleurs ; 6 fab. de cristaux ; 21 fab. de denteUes ; 11$ dessinateurs industriels; 1 fab. d'appareils pour la distillerie; ' 8 fab« de doublures ; 14 fab. de draps ; 13 ébénistes ; 5 fab. de faïences;

2 fab. de fil ; 2 fondeurs d'or ; 2 fondeurs en bronze ; 1 maître de forges ; 1 fab. d'appareils à gaz ; 4 fab. de glaces ; 8 graveurs sur acier ; 2 gra- VèQfB sur camée ; 1 graveur en caractères ; 12 graveurs sur métaux ; 22 horlogers ; 8 imprimeurs ; 19 imprimeurs lithographes ; 23 imprimeurs en taille douce ; 1 fabricant d'instruments de musique ; 4 fab. de maroquin ; 3 mégissiers ; 3 monteurs en bronze ; 5 fab. de papier ;

3 fab. de parapluies; 19 fab. de peausserie ; 8 fab. de peignes ; 5 peintres décorateurs en porcelaine ; 10 fab. de portefeuilles; 2 fab. de porteplumes ; 7 relieurs ; 6 fab. de savons ; 5 facteurs de piano ; 6 fab. de pipes ; 25 plumassiers ; 3 fab. de porcelaine ; 7 sculpteurs statuaires ,- 3 sculpteurs ornemanistes ; 2 serruriers ; 6 fab. de si^es ; 4 fab. de sfMXnUrs élastiques ; 2 fab. de sucre ; 7 tablettiers ; 7 tailleurs en dianani ; 30 tapissiers ; 3 tourneurs sur métaux ; 1 tréfileur ; 1 fab, de tiiks ; 1 fab. de vis ; 2 fab. de voitures.

*■ Décisions doctrinales du Grand Sanhédrin qui s'est tenu à Paris dius les mois de février et mars 1807 [art. 7, Professions uUIm),

* Procès^verbal de délibération de l'assemblée générale du district dts Carmélites, ci-devant le Sépulcre '29 janvier 1790 .

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