CHAPITRE II
BNCOXJRAaEMENTS DONNÉS PAR LE CONSISTOIRE DE PARIS A l'apprentissage d'arts et métiers. — LE COMITÉ DE BIENFAISANCE. — LES CONSEILS D'ADMINISTRATION DBS ÉCOLES. — LA SOCIÉTÉ ISRAÉLITE DES AMIS DO TRATAIL. — LA SOCIÉTÉ DBS JEUNES OARÇONS ISRAÉ- UXES DB FARISi.
Le Comité de bienfaisance israélite de Paris qui, le 16 octobre 1810, avait été chargé par le Consistoire d'inscrire les jeunes gens qui désiraient embrasser un état, répondait le 22 novembre, en transmettant la liste qui lui était demandée : a II est douloureux, pour nous que nos moyens ne nous permettent pas d'admettre tous ceux qui ont manifesté le désir louable de se vouer aux professions utiles »; et il ajoutait : ce Cependant pour répondre à la grandeur de vos desseins qui tendent à liâtèr la régénération de la jeunesse d'Israël , nous avons cru bien faire d'en admettre quinze au lieu de douze que Tarticle 9 de votre arrêté du 24 novembre 1809 nous impose ^w» Vingt* trois Jeunes gens s'étaient présentés .
1 Cet arrêté est ceint qui rè^le rorganisation dv Comité de Uenfaisance Israélite de Paris. IX reçut l'approbatiim officielle du Préfet de U S«M, le 31 octohra 1810.
Les quinze candidats reçus étaient âgés de 11 à 15 ans. Quatre d'entre eux demandaient à être cor- ( donniers; trois, tailleurs; trois, menuisiers; deux, sel- ^ liers ; un, bourrelier. L'état de deux d'entre eux n'a pas été mentionné*.
Le Consistoire intervint dans les engagements que Comité et patrons devaient prendre réciproquement, et il se basa, pour la teneur de ces contrats, *sur les actes de cette nature qu'on passait fréquemment alors devant notaires. Une commission, composée de MM. D. Sintzheim et Emmanuel Deutz, Grands Rabbins du Consistoire central, Seligman Michel, Grand Rabbin, Ancien du Consistoire de Paris, y introduisit trois modifications que nous ne signalons que parce qu'elles indiquent les sentiments religieux auxquels on obéissait alors et qui constituaient quelques-unes des conditions sine qiiâ non de l'engagement : 1^ Le maître était tenu d'indemniser les parents pour la nourriture qu'ils seraient obligés de donner à leurs enfants pendant la durée de l'apprentissaget
2® Les apprentis ne pouvaient être tenus de travailler les jours de fête juive, mais le patron pouvait les obliger, en revanche, à travailler le dimanche;
et 3® il était loisible au Comité d'envoyer chez le maître « un individu professant la religion de Moyse » pour inculquer aux enfants les principes de la morale et de la religion '.
1 Nous publions à Tappendice la liste des Jeunes gens qui se firent inscrire. (Note F.) A cette liste était jointe une nomenclature des • étata 4 faire apprendre aux indigents >. Grêlaient ceux de.: Charpentier, menuisier, serrurier, maréchal, peintre en bfttiments, càarron, ferblantier, cbaudxonnier, sellier, bourrelier, arquebusier, maçon, tanneur, cordonnier, vitrier, tourneur, ébéniste, tapissier.
* Délibéré en séance du Comité, le 23 avril iSll» U eet bon d^]oaler
Cette tâche resta confiée au Comité de bienfaisance Israélite pendant une dizaine d'années. Quand, par les soins du Consistoire, la première école primaire Israélite de Paris fut fondée (1819), le conseil de surveillance s'occupa à son tour de la mise en apprentissage des élèves à leur sortie de l'école. Son règlement, élaboré le 19 octobre 1819, faisait prévoir tout l'intérêt qu'il y prenait, lorsqu'il exprimait la formelle intention de faire visiter aux élèves les plus méritants « le » Conservatoire des arts et métiers, les manufactures » royales et les principaux ateliers de la capitale * ».
Un des membres de ce conseil donna même, dès la première année de la création de l'école, un exemple de cet encouragement au travail professionnel en déclarant qu'il se chargeait des frais d'apprentissage de métiers des deux élèves qui, après avoir fini leurs études, devaient être jugés dignes de cette faveur.
En l'espace, de six ans, quarante-sept jeunes gens, sortis de l'école, embrassèrent des professions utiles : a Dans ce nombre, dît un rapport en date de 1824, il en est même qui ont porté leurs regards jusqu'à des arts qui, non seulement demandent du travail, de l'application, des talents, mais qui exigent encore du génie : rarcbitecture et la musique . » Des a écoles de samedi et de dimanche » furent instituées pour entretenir chez les apprentis les connaissances qu'ils avaient acquises * .
qne, parmi lés obligations auxquelles ils étaient astreints, les patrons s'engageaient en général : i** à nourrir Vapprenti ; 2« à ne pas le faire travailler le dimanche ; S^ à lui inculquer les principes de moi4la et de religion»
> Bêlement intérieur pour les Ëcoles primaires gsatuites des Israélites de Paris. (Art. 60.)
* A Vexpositfoii de 1827, on Tit figurer les )»r4)àuits ^ quin2e fabri^
La Réunion des Dames protectrices, chargée de la direction de l'école des filles* fondée en 1822, ne négligea pas non plus ce côté de sa tâche. En 1830, elle est tout heureuse de dire que « depuis neuf ans il est sorti de l'école, pour entrer en apprentissage, environ quatre-vingts jeunes filles. Plus des trois quarts ont déjà terminé leur apprentissage et sont en mesure de gagner honorablement leur vie et d'aider à soutenir leurs familles. Le cercle des arts et métiers s'agrandit chaque jour. Il s'est formé des ouvrières en acier, en bijoux, en cheveux, en dentelles, en fleurs artificielles, en corsets, en robes, en gravure dé musique, en linge, en broderies de toute espèce, etc. De toutes parts on reçoit sur ces apprenties les renseignements les plus satisfaisants *. »
Cependant l'œuvre, telle qu'elle fonctionnait, demeurait incomplète, car tout en donnant d'excellents . conseils aux pères, tout en subvenant aux frais d'apprentissage souvent considérables, on n'avait point songé à donner des subsistances aux enfants, « ce dont ils ont pourtant besoin durant l'apprentissage, durant tout ce temps où, ne travaillant que pour le maître, ils
cants Israélites qui, entre autres honorables distinctions, obtinrent une médaillé d'or.
Il y avait en tout 1,631 exposants, ce qui, sur 30,000,000 de Français, donne un exposant sur 19,000 individus, tandis qu^il y avait un Israélite sur 4,000, en se servant du dénombrement qui, à cette époque, signalait 60,000 Israélites en France.
^ Voir au sujet de ces écoles, notre Histoire des Ecoles communales et eonsisioriaUs israéUtfis de Paris [1809-1884). (Durlacber, lib. Paris, 1884.)
^ Les Dames {Protectrices avaient, pour encourager ces enfants, fondé des prix annuels qui étaient décernés aux plus méritants à la •distribution des prix des JScoles.
gagnent encore que du talent * . » La Société israéltte Amis du travail * tâcha d'y suppléer en organisant œuvre spéciale ayant « pour objet essentiel de faciliter aux pauvres de sa communion l'apprentissage des arts et métiers 3 », par des conseils donnés à propos, et sixrtout par des secours pécuniaires équitablement distribués pendant la durée de l'apprentissage. Ce but, ainsi fixé, imprimait à cette association son cachet particulier, lui donnait sa dénomination caractéristique : « Amis du pauvre, amis du travail, ajoutaitelle, nous sommes réunis pour favoriser l'objet de nos affections*, »
Les apprentis étaient divisés. en quatre classes : une de surnuméraires et trois de titulaires. Les surnumé* raires, jouissant de la protection et des conseils du Comité, pouvaient, comme les titulaires, obtenir des secours en vêtements et concourir à l'obtention des primes. Il fallait avoir été surnuméraire pendant trois mois pour être titulaire. Les titulaires recevaient, en outre, une subvention pécuniaire axée tous les ans.
^ Rapport sur le règlement d'institution de la Société UraéliU d« Ami» du travail, (Paris, Bondej-Dupré père et ûls, impr. libr., 1825.)
s Voici quels furent les membres fondateurs de cette Société : MM« Jacob Lazard, joaillier, président ; M. Cahen, docteur en méde-> cioe, vice- président ; L. Daniel, fabricant de châles, secrétaire ; B. Halphen fils, négociant, secrétaire-adjoint ; A. Halphen fîls, négociant, trésorier ; 0. Terquem, bibliothécaire au dépôt central de Tartillerie, contrôleur ; J. Lecerf, fabricant de produits, chimiques ; L. Tréfousse, fabricant de bijoux; F. Halévy, professeur à l'Ecole royale de musique ; M. Picard, négociant ; 0. Lévy, fabricant de boutons; Benoit Cohen, fabricant de porcelaine ; J.Polack, secrétaire du Consistoire central; E. Brandon fils, fabricant de calicot; L. Lecerf , négociant ; J. Marx, employé ; M. Lévy, rentier ; S. Cahen, professeur à l'Ecole cousis toriale ; J. Silveyra, architecte.
' Règlement de la Société iiraélit$ des Amis du travail,
♦ Ibid.
dans la dernière séance de Tannée, pour les trois classes. Il était fait une retenue sur ces subventions, et cette retenue formait la réserve de chaque apprenti * . Des primes annuelles d'encouragement étaient accordées aux. apprentis.
Toute espèce de colportage dans les lieux publics ou dans les maisons particulières, soit les jours ouvrables, soit les jours fériés, leur était strictement interdite. Une première contravention entraînait une privation de trois mois de subvention ; en cas de récidive, la Société prononçait Texclusion du coupable.
La Société avait décidé que les apprentis ne pourraient être admis aux secours au dessous de l'âge de dix ans, ni au desisus de seize ans. Ils devaient être domiciliés à Paris depuis deux ans et « être porteurs de certificats de bonne conduite, de principes religieux et de bonne constitution physique. » Il fallait enfin qu'ils sussent lire, écrire et « chiffrer », et que, tous les mois, ils produisissent un bulletin de bonne conduite, signé de leurs maîtres. D'ailleurs des inspecteurs étaient chargés de surveiller continuellement la conduite des apprentis dans leurs relations avec leurs patrons.
Tel était, dans ses grandes lignes, le règlement de la première Société juive régulièrement constituée, ayant pour objet de « transformer en utiles citoyens » des hommes que l'oisiveté menaçait d'entraîner vers » les vices dont elle est la première source. »
La Société des Amis du travail plaça, en 1825, treize enfants ; quinze en 1826 ; douze en 182*7 , une tren-
. } Les apprc^ntis ne pouvaient touc^ier leur part dtt ibnds de réserve <]u*en présentant un certificat constatant qu'ils trayaillaient depuis trois mois^ au moins, comme ouTrierSi
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t^alxie en 1828. Le noi^re d'enfants mis en apprentisssL^e en 1829 fut supérieur à celui de 1828. L^adoption dl'ixn plus grand nombre d'apprentis occasionna même une dépense qui absorba la plus grande partie des économies que la Société avait cru prudent de faire depuis quelques années, et sans lesquelles elle se serait "trouvée forcée de restreindre ses admissions. Elle en e:xprima un peu son inquiétude ; mais avec quelle satisfaction ne constatait-elle pas que les ouvriers formés sous ses auspices étaient tous occupés et que plusieurs d^entre eux étaient restés dans les ateliers où ils avaient fait leur apprentissage ^ !
Un nouveau compte rendu, publié le 31 décembre 1831, exprimait des craintes plus vives encore sur l'avenir de cette institution que sa situation pécuniaire commençait à rendre précaire. Pendant lés premières années les recettes avaient excédé de beaucoup les dépenses. Mais les dons — qui, de 3,003 francs à l'origine, se trouvèrent • réduits à 315 — et les souscriptions subissaient une diminution constante. Cependant la Société avait, (Jans cette année, formé 45 ouvriers ■
1 Ces détails sont extraits de la lettre d'envoi d'un rapport que la Société adressa le 31 décembre 1829, à ses souscripteurs, et qui contenait .: Tétat de ses recettes et de ses dépenses, pendant. Tannée 1829 ; la liste des ouvriers formés jusqu'à ce jour ; celle des apprentis placés et des dépenses faites pour eux ; Tétat des souscripteurs et des donateurs. Nous ne possédons de ce document que la première feuille.
* 1 tailleur, 1 tourneur, 3 ébénistes, 3 bijoutiers, 2 peintres en porcelaine» 2 graveurs sur bois, 3 gainiers, 4 ciseleurs, 3 horlogers, 2 metteurs en œuvre, 2 lapidaires, 3 menuisiers, 1 gantier, 1 sellier, 2 lampistes, 1 dessinateur au Conservatoire, 2 cordonniers, 2 passementiers, 1 graveur sur métaux, 1 joaillier, 1 tapissier, 1 tourneur «n ivoire, 1 ^^outurière, i blanchisseuse de dentelles, 1 graveuse de musique.
et placé 34 apprentis *. Ses dépenses s'étaient alors élevées à la somme de 4,216 fr. 40 ', balancée à peine par les recettes.
La Société des Amis du travail ût donc appel à la a philanthropie éclairée » de ses coreligionnaires ; mais elle leur laissa entendre en même temps que le concours qu'elle sollicitait ne pouyait plus être d'une longue durée. « Tout nous porte à croire, disait-elle, » que l'époque n'est pas éloignée où notre Société ne »«era plus que d'une utilité secondaire ; l'exemple du y> travail et de l'indépendance qu'il procure seront des » véhicules plus puissants que nos secours et nous » verrons bientôt s'éteindre d'eux-mêmes les abus » dont nous avions tenté la destruction. »
Une telle assertion, si elle devait réjouir ceux qui prenaient un vif intérêt aux progrès de l'apprentissage des arts et métiers, n'était pas faite pour amener à cette association, proclamant ainsi sa un prochaine, un grand nombre d'adhérents nouveaux.
Fondée en novembre 1823, approuvée par le ministre de l'intérieur le 38 avril 1825, elle ne put en effet se soutenir, faute de fonds, et disparut vers 1834-
Ce fut de nouveau au Comité de Bienfaisance qu'échut la tâche entreprise par la Société des Amis du travail.
1 3 relieurs, 2 peintres sur porcelaine, 2 eiseleaiB, 2 horlogers, 2 imprimeurs, 1 giletière, 2 couturières, 1 à TEcole de Ghâlons, dés tapissier, ferblantier, serrurier, graveur^ menuisier, tabletier, lampiste, etc.
> Ce budget des dépenses comprenait : 1<* la subvention mensaelle aux apprentis (2,697 fr.) ; 2o habillement et chaussures (571 fr. 10) ; 3o au professeur de la classe du dimanche (120 £r.) ; 4<* prim«f aux apprentis et frais de distribution des primes (220 fr.) : 9» ôvtkb : garçon de bureau, impression, chauffage, etc. (608 fr. 30). Sa 1831, cette œuvre comptait cent huit souscript
ET LES INSTITUTIONS BB PATRONAGE ai
Suivant l'exemple des premiers administrateurs de cette institution, il considéra comme un des prenûens objets de sa mission :
1*> D'assister, par des conseils, par des encouragements et par une surveillance paternelle, les enfants cpiî se livraient à l'apprentissage des arts et métiers * ;
2° De fournir aux ouvriers honorables les moyens, soit d'attendre du travail en leur faisant un prêt, soit de s'en procurer en leur remettant les outils qu'ils ne pouvaient acquérir de leurs deniers ;
3® De faciliter aux ouvriers, qui s'en étaient rendus dignes, les moyens de s'établir.
Malgré les nombreux services hospitaliers dont il avait la charge, malgré les besoins considérables de la population pauvre, sans cesse croissante, auxquels il avait à faire face, le Comité ne négligea rien pour encourager le travail professionnel en faisant largement valoir les avantages, la sécurité, la dignité d'un métier proprement dit.
Mais les gains immédiats de mille petits métiers, en détournant trop facilement les enfants de tout travail régulier et en fortifiant en eux des habitudes de vagabondage, rendaient cette mission difficile. Le Comité chercha à s'attacher le concours et à obtenir le con-
i Les enfants ainsi placés en apprentissage d'arts et métiers étaiexîjt surveillés par des patrons^ choisis parmi les membres du comité et parmi les soascripteurs de la Société.
Un membre du Comitéi ayant le titre de Chef de la section des arts et métUrs, était spécialement chargé de cette branche d'administration. Il avait pour mission d'assister les parents dans le choix des ateliers et dans la rédaction des engagements avec les maîtres. Il se tenait ég»* lement en relations suivies avec eux, et, suivant les renseignements qu'il en recevait sur les progrès, la conduite et les besoins des enfants, il proposait au Comité de Secours les encouragements et les récompenses à accorder aux. apprentis.
• 3^ ' \ . IMS ^RQ^B3*âlQNS MANUEILLES
senteinent des façiîHes çauyres pour atl;eîndre le but qu'il poursuivait. Il modifia doac éeusiblement le procédé suivi par la Société des Amis du travail : ce fut aux parents, et non plus aux enfants, qu'il accorda des secours variant de 10 à 20 francs par mois.
Grâce à ce système, le Comité put constater Taccroîssement du nombre des apprentis * ; mais cela n'avait pas été sans des sacrifices de toutes sortes qui l'obligèrent, malgré les résultats, à restreindre ses secours.
On put alors constater que, entraînés par leurs parents, les enfants tendaient de nouveau à reprendre des habitudes de trafic et de colportage. Tandis que les moins capables vendaient dans les rues du papier, des « rubans, des allumettes, mendiaient et tombaient bien-* tôt dans le vice, les plus intelligents se plaçaient comme clercs chez des avoués ou des notaires et regardaient comme une fortune le salaire de 20 ou 25 fr. qu'ils recevaient mensuellement ; cependant ils ne pouvaient rester toujours à cet emploi insuffisant pour vivre, et absolument dépourvus de connaissances manuelles, ils apercevaient trop tard l'impuissance dans laquelle ils se trouvaient de subvenir à leur existence.
Pour remédier à cet état de choses qui, s'il persévérait, allait augmenter le nombre des Israélites nécessiteux, une Société pour l'apprentissage des jeunes garçons chercha à s'organiser vers 1846. « Il s'agirait, disait ce comité dans son projet d'association, de trouver. des jeunes gens de bonne famille qui voudraient Ifim se charger de placer ces apprentis, à leur sortie de l'école, auprès des maîtres avec lesquels ils sont souvent en relation. Il est à espérer qu'alors la plu-
1 En 1842, le Comité avait en apprentissage 87 garçons et 41 filles.
KT liBS INSTITUTIOI^ DE '^A^RÔNAG^ 3^
part des obstacles qui etistent maintenant disparaîtront rapidement. Gfiacun a un tailleur, un bottier, un chapelier, un menuisier, unborloger, un orfèvre, etc., et la recommandation personnelle de la famille qui fait partie de la clientèle du maître saura toujours faire admettre son apprenti. Chaque apprenti sera sous la surveillance de son patron qui pourra plus tard devenir son protecteur. Les frais d'apprentissage seront nuls..., mais pendant tout le temps de l'apprentissage, les parents recevront six francs par mois. » Cette société prit, au mois de mai 1850, le titre de : Société des jeunes garçons israélites de Paris *. Etablie pour « pourvoir au placement en apprentissage » du plus grand nombre possible d'enfants pauvres », elle comptait atteindre ce but, nous l'avons dit, en assistant par une subvention mensuelle et par une surveillance active les jeunes garçons qui se livraient à l'apprentissage des arts et métiers, et en accordant des prix d'apprentissage à ceux qui auraient mérité cet encouragement par une conduite sans reproche.
Ces prix consistaient en une somme de 600 francs dont le but était de procurer au jeune homme favorisé par le sort la matière première et les outils nécessaires à son état. Pour être membre de la société, il suffisait de s'obliger par souscription à verser cinq centimes par mois.
^ Le Comité fondateur était composé de MM. Alphonse de Rothachlld, président,
D' M. Cahen, yice-président. Jonas (Léopold}.
Cohen (Léonce). Lévy (Félix).
Ëmerique. Gustave de Rothschild.
Halphen (Achille). Trêves.
Halphen (Eugène). Albert Gohn» secrétaire-trésorier.
Trêves (Isidore).
On le voit, depuis 1809 l'effort est continuel, persistant, et si les résultats ne répondent pas à cet effort, c'est que l'inexpérience est grande encore ; c'est aussi gue les ressources font défaut. Mais nul, dans la Société Israélite, ne perd de vue la nécessité qui s'impose de faire entrer plus avant dans la famille française les déshérités de la fortune, et tous sont d'accor^ pour convenir que seul l'apprentissage des arts et métiers peut aider à élever toujours davantage le niveau moral. Ni les déceptions, ni les infructueuses tentatives, ne purent décourager les hommes de bien qui, sans ressources, mais pleins de confiance, avaient entrepris une si grosse tâche. Les- résultats sont manifestes aujourd'hui. Cinq établissements israéiites, en pleine prospérité, l'attestent. Ce sont :
* 1l9 La Société de Patronage des apprentis et ounriers israéiites; 2® La Société de Patronage des jeunes filles; 3<> L'orphelinat Salomon et Caroline de Rothschild; 4P L'institution Bischoffsheim; . 5® La Maison de reficge pour V enfance.
Leur existence offre l'exemple de ce que peut la persévérance dans l'amour du bien. A.ux hésitations naturelles du commencement de ce siècle a succédé la marche progressive et sûre, et l'intérêt que les sociétés de patronage ont éveillé est tel qu'elles sont aujourd'hui, on peut le dire, en état de lutter victorieusement avec tous les autres établissements de ce genre.