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CHAPITRE III

IJES SOCléTÉS ET INSTITUTIONS ISRAÉLITES DE PATRONAGE POUR LrE DÉVELOPPEMENT DES TRAVAUX PROFESSION- NELS ET LA MISE EN APPRENTISSAGE D*ARTS ET MÉ- TIERS : I. LA SOCIÉTÉ DE PATRONAGE DES APPRENTIS ET OXrVRIEBS ISRAÉLITES DE PARIS; II. LA SOCIÉTÉ DE PATRONAOB DES JEUNES FILLES ; III. L'ORPQ^LINAT SA- LOMON ET CAROLINE DE ROTHSCHILD ; IV. L*ÉC0LE DE TRAVAIL. POUR' LES JEUNES FILLES ISRAÉLITES (FONDA- TION BISCHOÏFSHEIMi) ; Y. LA MAiISQN DE REI^GB POUR L'ttKFANGE.

Noue ayons dit les efforts de là Société des Amis du travail et ceux du Comité de bienfaisance iâraélite pour enlever les enfants aux dangers de la rue. La longue expérience qui résulta de ces tâtonnements permit enfin de donner une forme définitive à l'œuvre si longtemps rêvée.

Des cours du soir, organisés en 1849, avaient été institués en faveur des jeunes apprentis*. Ces cours fusionnèrent en 1850 avec la Société des jeunes garçons

' C'est à M. le D' M. Leven qu'on en dut la création.

Israélites de Paris et la Société de Patronage des apprentis et ouvriers Israélites de Paris fut fond(^e. (1853)*.

C'est à ce moment que commence sa véritable et bienfaisante activité. La Société des jeunes garçons israélites était plutôt une société d'encouragement au travail, offrant des prim^ et des récompenses aux meilleurs. La Société de patronage, sortie des deux fondations que nous venons d'indiquer, élargissait du même coup leur champ restreint, et créait enfin un véritable centre d'action.

Les règlements indiquèrent, dès le commencement, le but bienfaisant et humanitaire qu'elle poursuivait; c'était :

1® D'encourager la mise en apprentissage des enfants israélites paàvres de la ville de Paris, et plus particulièrement de ceux qui sortaient des écoles primaires israélites ;

2® De les assister par une subvention mensuelle* ;

3» D'exercer sur eux une surveillance bienveillante ;

1 L'administration de la Société est actuellement composée : !<> de trois membres honoraires : MM. Isidor, Grand-Rabbin de Franca^ baron Alpbonse de Rothschild, et baron Gustave de Rothschild. — 2<* de 32 membres titulaire^ : MM. Zadoc Eahn, grand rabbin de Paris ; le D** Manuel Leven, président ; Âb. Sée et Hinstin, viceprésidents ,* Rosenfeld, Jourda, Rosenberg, â. Bloch, Samson Cohn, H. Derenbourg, Dettelbacher, Erlanger, Alex. Lazard, Leder, Léonce Lebmann, Léopold, Narcisse Leven, Lévi-Alvarès, Masse, D. Meyer, H. Meyer, Montefiore, rabbin Majer, barons Edmond et Arthur de Rothschild, Stem, Emile Leven, Ernst, H. Dreyfus, Eopenhague, Ed. Benoît-Léty et Wôill.

* Le Comité de bienfaisance continuait à contribuer aux dépenses d'entretien de ces apprentis. Il avait pris, par exemple, rhabillement à sa chargiB et payait de ce fait, tous le$ ans, une somme variant de 700 à 1,200 frafics.

4P De leur fournir un complément d'instruction et d'éducation au moyen de cours du soir régulièrement organisés * ;

5® De suivre encore et de soutenir de son patronage les jeunes gens devenus ouvriers.

Des membres furent chargés de recruter, à la fin de chaque année scolaire, des apprentis parmi les enfants qui abandonnaient les écoles. La Société, du reste, prenait ses apprentis en quelque lieu qu'ils s'offrissent à elle : dans les familles, parmi les nouveaux venus de la province, sur la voie publique et même sur les bancs de la police correctionnelle. Une commission d'enquête et une commission de placement étaient chargées : la première, de rechercher les enfants qui échappaient à son influence; la seconde, de trouver d'honorables moyens d'apprentissage, de reconnaître les aptitudes, de diriger les goûts, pour assurer l'avenir des ouvriers par des garanties présentes.

En 1859, grâce à l'expérience acquise, elle jugea qu'il était nécessaire d'intervenir dans les contrats

' Les apprentis formaient le fonds habituel de ces cours qui avaient lieu à l'Ecole communale Israélite. Mais la difficulté où ils étaient de suivre régulièrement les cours fit qu^on y admit également des jeunes gens pris, soit parmi ceux qui, après leurs journées de travail, désiraient utilement occuper leurs soirées, soit parmi les étrangers, soit enfin parmi ceux à qui leur condition médiocre n'avait permis d^acquérir que la première instruction.

On se trouva alors en présence d^enfants de treize ans et de garçons de dix-huit à vingt ans qui, pourvus da counaissances inégales, ne pouvaient que peu profiter de l'enseignement s^ii n'était pas mis en harmonie avec des éléments si divers. Les cours furent en effet réorganisés en 1854.

Enfin un cours d'adultes — pour séparer les apprentis et les ouvriers — fui institué rue du Yertbois, n« 20, à partir du 4 janvier 1859. Il était également professé alternativement par un des membres de la Société.

d'apprentissage, et, comme le Comité de bienfaisance cinquante ans auparavant, elle y figura en qualité de partie contractante entre le patron et la famille. En. même temps, par une inspection plus minutieuse, la Société s'assurait de la nature des progrès accomplis pendant l'apprentissage « trop souvent transformé, disait-elle, en une domesticité » qui compromettait nnstructîon des apprentis et « dénotait chez' quelques patrons un oubli coupable du respect des contrats. » Fidèle à toutes les parties de sa mission, la Société Éaisait des prêts en argent, pour des achats d'outils, à des ouvriers arrivés à la fin de leur apprentissage, et elle s'occupait d'interner isolément, chez des patrons, les enfants qui ne pouvaient trouver dans leur famille que des exemples pernicieux ou des sentiments dénaturés '.

1 Ce fut an des constants soucis de la Société de Patronage d'étendre également sa sollicitude à quelques jeunes détenus israélites dont le nombre, heureusement très restreint, rendait inutile une société spéciale. Dès 1858, il s'agissait de les faire admettre daus la colonie de Lagny. Mais les prétentions du directeur arrêtèrent les pourparlers. On eut ensuite le projet, en 1861, de les placer dans une maison sous l'autorité d^un surveillant choisi par la Société et qui serait chargé de tous les soins et de leur entretien. — Ce dessein ne put ahoutir faute de fonds. Un Israélite de Metz survint qui entretint le comité d'un établissement agricole qui serait établi en Lorraine et qui devait avoir pour objet de régénérer les populations juives; mais l'entreprise était hasardeuse, et la Société de Patronage y renonça. C'est alors qu'elle jeta les yeux sur un établissement agricole et pénitentiaire fondé et dirigé à Gentilly, près Nancy, par M. de Suzainecourt. Les dispositions furent vite prises et les jeunes détenus israélites de France furent dij?ectement envoyés, par les soins du Ministre de l'Intérieur, à cet établissement où ils apprenaient des métiers agricoles et industriels et où on cherchait par des conseils de morale et l'instruction, à les faire revenir à une vie honorable et régulière. Ils étaient au point de vue religieux sous la direction du grand rabbin de Nancy. La mort subite de M. de Suzainecourt vint modifier ce favorable état de choses et les détenus durent rentrer à Paris. Ces enfants sont aujourd'hui dirigés par les

nombre des apprentis s'augmentait et créait ainsi ou veaux devoirs : en 1856, la Société en reçut 9; XS57, 14; en 1858 », 10; en 1859, 27. Elle en comp- 47 au l'»' janvier 1860». Au l^"" janvier 1861, 52; i862, 45 ; 40 en 1864 ; et au l*»* janvier 1865, 43. 'œuvre était donc en pleine voie de prospérité, et Société de Patronage accomplissait tout le bien 'on pouvait attendre d'une institution seml^lable. ne négligeait rien de ce qui peut encourager l'enfant au travail et exciter son émulation : fondations Ae livrets à la caisse d'épargne, subventions mensuelles, prix d'apprentissage, dons ou avances pour achats d'outils, etc. Le colportage et le vagabondage tendaient à disparaître, grâce à ses soins. Enfin la réorganisation de son comité de placement, en 1863, lui permettait de porter une attention plus sévère sur le choix des professions qu'embrassaient les apprentis. Le goût pour les professions presque artistiques s'élevait sensiblement et, pour les encourager, la Société prit des mesures pour donner à l'enseignement du dessin ^ une impulsion d'autant plus grande que l'im-

soins du Ministère de Tlntérieur sur la colonie de^ Saint> Bernard où leur éducation religieuse est confiée à M. le Grand Rabbin de Lille qui a bien voulu s'en charger.

^ A cette époque la Société comptait 60 enfants placés en appren^ lissage.

* Les états se répartissaient ainsi : horlogers, 6. — Ciseleurs en bronze, 7. — Graveurs sur bois, 1. — Ciseleur en bijoux, 1. — Dessinateur lithographe, 1. — Graveur sur métaux, 1. — Graveurs, 3. — Graveurs sur acier, 2. — Graveur estampeur, i. — Peignistes, 2. — Peintre décorateur, 1 . — Bijoutiers, 6. — Tapissiers, 2. — Relieurs, 2. — Gantiers, 2. — Imprimeur-lithographe, 1. — Cordonniers, 3. — Un tourneur en ivoire, dessinateur en étoffes, bijoutier sertisseur, imprimeur en taille douce, doreur sur papier, peintre sur porcelaine, dessinateur en broderies, ferblantier lampiste, etc.

* Voici en quels termes la Société proposa, le 4 mai 1863, l'intro-

40 LES PROFESSIONS MAJtUELLES

portancë* s'en était açcrtié^flfe l'appel' énergique que Isl commission des Arts tnduàtinels^' réunie à Londresh^ avait adressé aux Chambres "de commerce, aux patrons, aux ouvriers français .

Cependant quelque chose restait à faire; Trop spu— vent, le Comité trouvait devant lui des orpheltiLs, ées enfants isolés, des étrangers surtout, Bans famille régulière, sans appui; pour ceux-là, les cours du sott.^ le placement, la surveillance et les subventions ne suffisaient pas. Il avait commencé par en placer un' 4 certain nombre dans des familles, moyennant une rétribution measuelle, et il avait cherché pour eux un milieu moral où pussent être sauvegardés le présent et Tav^iir. Mais il acquit la conviction que, malgré ses sacrifices, le patronage ainsi conçu ne répondait pas au besoin de ses protégés. C'est ainsi que naquit ridée de réunir dans une même maison» sous une surveillance unique, ceux de seis apprentis qu'il dispersait chez diverses familles et de fonder une Ëcole de Travail analogue à celles de Strasbourg et de Mulhouse, qui eurent une influence si heureuse sur la. population Israélite pauvre de l'Alsace.

Il y eut naturellement des hésitations, justifiées par l'importance d'une telle entreprise qu'il n'est plus permis d'interrompre une fois commencée. Mais les hommes de foi et de confiance en triomphèrent, et

duotioB de coars de dessin professionnel : c On peut fi'étonner que dans ies écoles de la ville de Paris des cours spédaux de dessin n'aient pu s'établir, et que Pavis même des huit inspecteurs de la Ville ait été unanime pour en repousser l'établissement. Mais nos Ecoles ne « sont point tenues de suivre cet errement et même en présent de ces résolutions si contraires aux besoins de notre temps et à l'appel énergique do la commission des arts industriels, il nous est permis d» prendre au profit de nos écoliers une initiative de ce genre. >

ET LES INft'ITUTIONS Î)B PATRONAGE

VEcole de Travail fut ^ndôe. Installée à Paris, IQ, rue des Singés, lô dimiûiche 30 avril 1865, dans une maison exclusivement louée à cet eflfet, elle fut transférée, en avril 1872, 10, rue des Guillemittes, . Li'école eut, en commentant, douze à quinze ^élèves. Ce nombre augmenta successivement * et, au bout de quelques années, rétablissement, qui comptait une quarantaine de lits, étant devenu insuffisant, on chercha un nouveau local. Il fut transféré, le l*'' juillet 1816, dans l'ancienne maison de l'Orphelinat de Rothschild, 4 his^ rue des Rosiers, où il se trouve actuellement*. Cette maison contient soixante-dix lits. Le mouvement auquel donna lieu cet agrandissement qui s'imposait, permet d'apprécier les services qu'elle rend à la classe pauvre de la Communauté ^ .

^ Il y a actuellement à TEcole de Travail, 74 enfants ; 50 internes et 24 externes qui ont embrassé les états suivants : Uorlo;2^ers, 10. — Bijoutiers, 9. — ' Sertisseurs, 2. — Graveurs, 14. — Lithographes, 5/ — Typographes, 3. — Tailleurs de diamants, 5. — Ciseleurs sur bronze, 2. — Sculpteurs sur bois, 3. — Modeleurs sculpteurs, i. — Tapissiers, 5. — Dessinateur, 1 . — Monteurs en bronze, 2. — Ebénistes, 3. — Selliers, 2. — Tailleur, 1. — Tourneur en cuivre, 2. — L'école a reçu de 1865 à 1884, environ 350 enfants.

* M. Reblaub en est le directeur depuis 1876. Par son dévouement et les qualités dont il a fait preuve, il s'est montré à la hauteur de cette tâche délicate,

* Les frais d'établissement et d^entretien pour la première au née s'élevèrent à 21,835 fr. ^ lis furent pour Tannée 1883 de 53,770 fr. 40. L'étahhssement est soutenu par des dons, des souscriptions annuelles et par des pensions accordées par le Comité de bienfaisance israélite de Paris, l'AUianee israélite et divers donateurs. La Société compte 440 souscripteurs annuels dont les cotisations ont produit, en 1883, 11,813 francs. Les dons se sont élevés à 13,421 francs.

L'Ecole reçoit également des fondations ou bourses d'entretien.* BUes sont de dia mille francs et les revenus servent à Tentretien d'un élève. Toute fondation donne au fondateur le droit, lorsqu'une va* caaejS se produit — de présenter un candidat, et de le faire admettre l'ât^mpUtles conditions exigées par le règlement.

L'Ecole a reçu les fondations suivantes : M. Alexandre Lazacdl^

42 LES PROFESSIONS MAÎJUELLE&

Reconnue d'utilité publique par décret en date ^ 15 avril 1878, la Société de l'Ecole du Travail était entrée dans cette phase d'organisation oii ce qui &st reconnu comme bon n'a plus besoin d'être modifia, sinon dans les détails. — A ce point de vue également;, la Société ne s'arrêta pas dans la voie du progrès*.

Aujourd'hui, V Ecole de Travail^ compte ua certaLn nombre de patrons parmi les ouvriers qu'elle a formés. C'est l'honneur des écoles de travail de produire ..de tels résultats, et la Société de Patronage des Appreatûi et Ouvriers Israélites de Paris peut s'enorgueillir des perfectionnements qu'elle a déjà introduits et qu'elle est appelée à réaliser dans l'avenir ^.

1 bourse; M. Dupont-Dreyfus, dix spécialement affectées aux Alsaciens-Lorrains ; M"« H*" Worms, une, M. Maurice et Henrifitle Leven, une ; M. et M™* Bischoffsheim de Bruxelles^ une ; M. Charles Netter, une demie.

£n dehors des élèyes boursiers et de ceux gratuitement admis, PEcole accepte des pensionnaires au prix de 800 fr. par an. Mais le nombre ne peut jamais dépasser le dixième des places disponibles.

* Fondée pour loger, nourrir et surveiller un certain nombre d'apprentis israélites, Péoole admet les enfants de POrphelinat S. et C* de Rothschild, ceux dont les parents sont dépourvus de tout moyen d'existence et les enfants abandonnés par leur famille du dignes d'intérêt à d'autres titres. Tous ces enfants, dont l'instruction et l'entretien sont gratuits, sont Tobjet constant d'une sollicitude éclairée.

* L'Ëcole de Travail a acquis récemment l'immeuble qu'elle avait jusqu'ici en location. '

^ L'Ecole a une bibliothèque qu'elle doit au inenveillant intérêt de généreux donateurs. En 1864, eÛe contenait 420 volumes ; au i« janvier 1868, 280 volumes qui étaient constamn^nt à la disposition des élèves. — En procédant a la formation de cette bibliothèque, le comdlé s'était surtout attaché à donner aux apprentis le goût de la lecture et pour atteindre ce but, on mit entre leurs mains les livres les plus capables d'exciter leur curiosité et leur intérêt. Elle compte aujourd'hui 600 volumes : et l'histoire, les so^ce^ la littérature classique, les voyages et aussi quelques romaas historiques, en sont les principaux éléments.

ET ISS iNs^pnerriONS dk patronage 43

La Société pour V établissement des jeunes filles

israélxtes date de 1843. Elle est donc antérieure à la

Société de Patronage des garçons qui se constitua, en

effet, «UT le- modèle de l'association des jeunes filles.

Fosdée, grâce à Tingénieuse sollicitude de trois dames.

îsrftëVHes de Paris*, dans un but suffisamment indiqué

par sa dénomination, cette Société fut tout de suite

accueillie avec une faveur marquée.

Pour être membre de la société, il suffisait alors de s^cbWger par souscription à verser cinq centimes par mois ; mais le règlement ajoutait : « toute souscription au dessus de cinq centimes est reçue, quel qu'en soit le cihflfre. »

"Bien des offrandes de cette sorte furent réunies sans doute, car au mois de mars 1844, lorsqu'un an après sa fondation, cette société se réunit, elle possédait un capital de *7,603 fr.

11 est vrai de dire que le double but qu'elle poursuivait Tobligeait à réunir des capitaux suffisants pour faire tace aux besoins et aux misères qu'elle se proposait de soulager.

11 s'agissait, en effet, de mettre les jeunes filles en apprentissage d'arts et métiers, de les surveiller étroi-

i iifnefl la baronne James de Rothschild, Furtado et Léopold Halphen. . . La société est aetuelisment composée de quarante-cinq dames. A 8a têle sont placées M*"** la baronne James de Rothschild*, présidente; Isidor, vice-présidente ; Albert Cohn, trésorière, et Coralie Cahen, secrétaire.

tement, de les suivre pendant et aprôa c« temps et ai délivrer ensuite à celle qui se serait particulièrement signalée par sa conduite, son travail, un prix qui consistait en une dot de 1,500 fr., délivrée au jour du mariage.

En sortant de Técole, toutes les jeunes filles dont les parents ou les tuteurs le désiraient, entraient dans la Société, mais après avoir accompli leur initiation religieuse, et avec la promesse formelle d'assister à un cours de religion et de morale propre « à maintenir en elles, dit un rapport en date de 1844, les germes de vertus qu'une instruction antérieure y a déposés et que la bonne volonté pourra faire éclore ».

Chaque jeune fille était placée sous la surveillance d'une dame du Comité qui suivait les travaux et la. conduite de l'apprentie.

€ Aucune jeune fille n'est exclue, dit le rapport que nous avons déjà cité ; car la société désire que toutes soient rendues aptes à pouvoir gagner plus tard d'une manière honorable le pain quotidien. »

Enfin, et c'est de cette décision que s'inspira la Société pour les garçons qui se fonda en 1846, les parents ou les personnes chargées des enfants reçurent et reçoivent encore, pendant tout le temps de l'apprentissage, un secours mensuel de 6 francs.

En 1844, dès la première année de son existence, cette Société plaça cinq jeunes filles. Le nombre s'en augmenta rapidement : en 1845, elle subventionna 27 enfants ; en 1846, onze jeunes filles avaient terminé leur apprentissage ; vingt-quatre y étaient encore ; en 1849, il y en avait quarante-huit, et en 185ft, cent trente-trois.

A cette époque : 4*7 se trouvaient encore en appren-

Bssage ; n avaient été dotées ; 3 avaient démérité ; Savaient ëté recherchées en mariage par des ouvriers |ui les avaient épousées sans dot ; et 69 étaient dès lors en état, non seulement de subvenir à leurs propres ^soins, mais encore de venir en aide à leurs familles. Grâce à la sollicitude des fondatrices, la Communauté Israélite comptait déjà il y a quarante ans, et dans la classe la plus modeste, des jeunes femmes habituées au travail, initiées aux devoirs religieux et pourvues d'une certaine instruction en harmonie avec leur position sociale. La Société possédait en 1860, 21,851 fr. 50; et ses dépenses s'élevaient à 11,946 francs.

Dans un délai de cinq ans, elle subventionna et mit en apprentissage trois cent huit jeunes filles, soit : 45 en 1861 ; 48 en 1862; 65 en 1863 ; 69 en 1864; et 81 en

Elle assumait donc tous les ans une tâche plus grande et plus délicate. Il suffit pour s'en convaincre, de jeter un coup d'œil sur le tableau suivant :

En 1866 68 jeunes filles furent placées en apprentissage ; elles reçurent à titre de subvention et d'enconragement 4,361 fr. 50

en 1867, 60 jeunes filles reçurent. . 4,339 »

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