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Dès que les écoles professionnelles furent ouvertes, la SociiÛé des dames ne se contenta pas de mettre le^ jeunes filles en apprentissage, elle en entretint aussi dans ces établissements un certain nombre parmi.
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celles qni s'étaient dUtinguées daïw' les éooles primaires.
Depuis quarante ans qu'existe cette Société — la première qui ait été instituée pour les jeunes filles — elle' a accordé ses soins et son concours pécuniaire, à pLas de 1,500 jeunes allés ' qu'elle a, soit mises en apprentissage, soit fait admettre dans les écoles protesflionnelles; et le plus juste témoi^age qu'on puisse donner de l'iititité de cette Société, c'est que les miciennes apprenties concourent elles-mêmes, par ctes cotisations annuelles, à augmenter la réalisé par les dames patronnesses.
VOrphetinai Salomon et Caroline de Rothscftilti *, que, dans ce rapide historique des efforts faits parmi les Israélites en faveur du travail manuel, nous avons eu l'occasion de citer plusieurs fois, ne saurait être considL'ré que d'une façon indirecte comme une société de patronage pour la mise en apprentissage des arts et métiers; mais, établissement particulièrement hospitalier, il avait la mission de « soustraire de jeunes et intéressantes créatures, auxquelles Dieu a enlevé leurs protecteurs naturels, à la misère et au
> La Société des dames a placé ea 1S83 : 70 enraots, soit en apprentiiB^e, Boit aux écoles proleBsionnelleB, Etoles proleEsionnellrt : 19 >— Bn BpprentisBaga : couturïtrea, 28 ; modutes, 7 ; chapeliirM et cBBqueiièrea, 4 ; giletièces, 3 ; lingèies, 2 ; pLumassiËres, i ; lleuiisl«t, 2; paaBementiire, 1.
* U. Jourda en eit le direcMur.
vice qui en est souvent la conséquence ; les instruire, les élever pour en faire des hommes utiles et laborieux, des femmes de ménage, de bonnes mères de famille. » Tel est le Lut de cette .fondation, ainsi que le règlement, élaboré le 3 novembre 1857, définissait le rôle qu'allait prendre cette maison dans la ConimuBauté Israélite de Paris ; et elle n'y a jamais failli.
n ajoutait encore :« Après leur majorité religieuse, \^s Orptielins sont mis en apprentissage. Il est tenu compte pour le choix des métiers des qualités physiques et morales de Tenfant »
' Fondé en 1857, grâce à un don de deux cent mille iraxvcs fait par le Baron et la Baronne Salomon de Rothschild, l'Orphelinat fut placé dans un local situé T\ve des Ro»iers, n« 4 bis, où pour satisfaire aux besoins d^une fraction importante de la population des Israélites nécessiteux de Paris, le Consistoire créa en même temps des écoles primaires pour les enfants des deux sexes et une salle d'asile.
Ce groupe scolaire n'allait pas permettre de donner à l'Orphelinat tout le développement qu'il était appelé. à prendre ; mais néanmoins les jeunes orphelins y reçurent une instruction aussi complète que possible pouvant leur ouvrir l'accès à toutes les carrières : iu;-^ dustrie, métiers ou enseignement.
Leurs études primaires terminées, les jeunes gens étaient placés sous la surveillance de la Société de Patronage des Apprenti»- et Ouvriers Israélites — ils entrent maintenant à l'Ecole de Travail — et les jeunes allés étaient confiées à la Société des Dames.
Dans le délai de huit années, 80 enfants furent admis à l'Orphelinat : 49 garçons et 31 jeunes filles ; 19 garçons au dessus de 16 ans avaient embrassé des profes-
48 LBS PROCESSIONS IKAN CELLES *
sions manuelles ou fréquentaient l'Ecole de Travail ^ 12 jeunes filles, de 14 à 20 ans, exefrçaient des métieir^s ou se trouvaient encore en apprentissage.
Uncoupd'œil jeté sur la situation de TOrphelinat depuis l'ouverture de l'établissement (1857) jusqu'aix 31 décembre 1871 permet d'apprécier mieux encore ce que fit le Conseil d'Administration pour donner et ces enfants une instruction en rapport avec leur coa— dition, pour en faire d'honnôtes gens et les pourvoir d'un état qui leur permît d'occuper une place honorable dans la société.
A cette époque (1871) on avait admis 122 enfants : 73 garçons et 49 filles. 67 orphelins étaient sortis ; savoir : 46 garçons ; 2 s'étaient voués à renseignement et 25 au commerce. Les autres avaient embrassé un métier*. —21 jeunes filles: 2 étaient institutrices et 4 étaient employées de commerce. Les quinze autres étaient couturières, lingères, modistes, ou plumassières.
Cependant, nous l'avons dit, cet établissement se trouvait à l'étroit dans ce local où les Ecoles du Consistoire avaient elles-mêmes pris une extension considérable. L'organisation matérielle de la maison ne répondit donc pas à toutes les exigences d'une institution destinée à recevoir et à élever des jeunes filles et des jeunes garçons, et il n'est pas douteux que les résultats que nous signalions tout à l'heure n'eussent été beaucoup meilleurs si les conditions intérieures avaient été tout autres.
M»® la Baronne James de Rothschild, Douairière,
* Bijoutier, cordonnier, chapelier, ébéniste, ferblantier, horloger, imprimeur, mécanicien, relieur, sellier, tanneur, etc.
^T LES INSTITUTIONS D|t PATRONACtB 49
frappée de ces inconvénietits, fit construire une nouvelle maison et donna à cet établissement unq étendue proportionnée aux besoins que l'expérience avait révélée. Au mois d'avril 1874, l'Orphelinat fut, en effet, transféré rue de Lamblardie, n<» 7, place Dau-» mesnil.
À. partir de ce moment Finetruction des enfants reçut une impulsion nouvelle, toutes les améliorations pédagogiques que le progrès ^vait démontrées furent introduites dans Téducation, et l'enseignement professionnel fut particulièrement encouragé:
L'un des premiers, TOrphelinat vulgarisa- d'une façon complète la méthode Frœbel, non seulement au point de vue des leçons de choses, mais surtout au point de ^ue du travail manuel. Il ne s'agissait pas ttniquement, en effet, d'apprendre aux enfants la manipulation du bois et du fer, mais de les initier peu à peu à la connaissance théorique d'un métier. On atteignit ce Wt par des exercices quotidiens propres à donner à la main l'habileté et la souplesse, et une grande sûreté à Yoôll ; enfin on fortifia, en le développant, le goût du dessin par des travaux géométriques quotidiens, des I tissages, des pliages, etc., etc. Quand ils étaient bien pénétrés de ces premiers éléments, commençaient alors Tapplication des règles et l'enseignement pratique. Aujourd'hui encore, après avoir copié les dessins, ils les inventent ; ils combinent les lignes de façon à former un ensemble parfait, et ils arrivent à d'heuj Teux résultats.
De là toute une série de travaux qui tendent à dé- "velopper et à entretenir le goût du travail manuel chez les enfants. Ils arrivent ainsi à l'époque de la ^ise en apprentissage avec des aptitudes diverses, il
est vrai, mais qui témoignent d'une préparation solide à rétude d'un métier.
L'enseignement professionnel entre également dans le programme de l'éducation des jeunes filles. Elles suivent une partie de l'enseignement manuel fait aux garçons, et remplacent les carrières spéciales qu'elles ne peuvent suivre par l'étude du dessin industriel — dont quelques-unes ont pu faire leur profession, — par la couture sous forme de piquage, et par l'étude de la lingerie et de la confection pour dames *.
Depuis 18*74, ' trente jeunes gens et dix-neuf jeunes filles ont, à leur sortie de l'Orphelinat, embrassé une profession manuelle *. Plusieurs d'entre eux, dont les dispositions au travail de la terre s'étaient développées en cultivant pour leur agrément, dans les récréations, les jardinets qui avaient été mis à leur disposition dans l'établissement, se sont adonnés à l'horticulture et à l'agriculture.
Dans la Communauté Israélite de Paris, si riche en institutions de bienfaisance, un établissement man-
*■ Une médaille d'or a été décernée à l'Orphelinat à TExposition de
* 4 bijoutiers, 3 horlogers, 1 menuisier en fauteuil, 1 opticien, 2 graveurs, 3 sertisseurs, 1 coupeur de chemises, 1 élève architecte, 2 typographes, 1 horticulteur, 1 imprimeur. 1 photographe, 1 tailleur de diamants, etc. Dans le même délai 19 jeunes filles oat été placées à leur sortie de l'Orphelinat savoir : 3 couturières, 1 peintre sur stores, 1 blanchisseuse, 1 confectionneuse, 2 lingères, 2 modistes, les 9 autres sont devenues institutrices, commerçantes, cuisinières, etc.
ET LES INSTITUTIONS DB PATBONAaS 51
qustit OÙ, comme les garçons à TEcole de Travail, les jeiJiXi.es filles qui désiraient se préparer à la connais^ ^sirrce d'une profession utile, pussent demeurer. Une telle institution était nécessaire pour assurer un avexiix* honorable aux enfants que leurs parents ae pouvsiient entretenir, faute de ressources, ou qu'ils ne pouvaient surveiller, obligés qu'ils étaient par la besogne quotidienne à rester hors la maison du matin au soir.
Cette regrettable lacune fut comblée en 1871 : M. L. R. Bischoffsheim et M°*« Amélie Bischoffsheim, née Goldschmidt, affectèrent les ressources nécessaires à la fondation d'une Ecole de Travail pour les jeunes fUles Israélites *. L'école fut ouverte le l*"^ mai 1872 avec vingt-cinq jeunes filles et ce nombre fut porté, à la suite d'un concours au mois d'octobre de la même année, à cinquante. Les jeunes filles admises par voie de concours y sont logées, nourries et entretenues. Elles doivent avoir douze ans révolus et ne peuvent avoir plus de^quinze ans. La durée du séjour dans cet internat est de trois années. L'admission d'élèves externes, décidée d'abord, fut plus tard écartée.
Établie à l'origine place de l'Arsenal, n® 6, l'école fut transférée en 1878 boulevard Bourdon, n® 13, dans une maison construite exprès pour elle.
L'Ecole ne fut pas créée uniquement en vue de l'ap-
> M. Maurice Bloch ea est le directeur. — La maison est administrée par un Comité de direction et par un Comité de dames. Le Comité de direction est composé de MM. S.-H. Goldschmidt, président ; Cahen d'Anvers, trésorier ; Derenbourg, secrétaire ; Jules Béer, R. Bischoffsheim et N. Leven. — Sont membres du Comité des dames : M"«« Isidor, présidente ; Jules Béer, secrétaire ; Zadoc Kahn, Àlcan, Bischoffsheim, Brandon, Brtihl, Jules Epbrussi, Léop. Goldschmidt, Leven, £ug. Manuel, Mayer [rabbinj, Oberudœrffer.
52 LES PROFESSIONS MANUBLLBS
prentissage des arts et métiers. A côté des classes spéciales aux ouvrières, on ouvrit, en effet, d'autres classes pour les jeunes filles qui se destinaient soit au commerce, soit à l'enseignement. Les institutrices et les commerçantes eurent les cours communs, sauf celles qui, ayant obtenu le brevet élémentaire, désiraient se préparer au brevet supérieur. Enfin l'enseignement comprit le perfectionnement dans toutes les branches de l'instruction primaire, et particulièrement dans celles qui se rapportaient plus spécialement à la profession que chacune de ces jeunes filles devait embrasser.
Les élèves ouvrières suivent la classe le matin et vont toute l'après-midi aux ateliers. Les professions manuelles qu'on enseigne à cette école sont celles de couturière, de fleuriste, de lingère et de modiste. Des maîtresses du dehors sont chargées de ces différents cours : elles apportent l'ouvrage, le distribuent et surveillent les travaux. L'atelier de lingerie est du reste commun à toutes les pensionnaires.
A leur sortie de l'Ecole, les ouvrières furent dès l'origine, placées dans des magasins ou des ateliers à Paris. Quelques-unes allèirent en province où elles sont accueillies avec la plus grande faveur. A Toulouse, à Poitiers, à Tours, à Clermont-Ferrand, des places ont de tous temps été mises à la disposition de ces jeunes filles ; les demandes furent même si nombreuses, un moment, que la direction put offrir des emplois vacants aux écoles professionnelles Lemonnier.
L'École, depuis sa fondation jusqu'en 1818, avait admis 152 jeunes filles et elle en avait placé 106, sur lesquelles 13, se sont adonnées au commerce (comme comptables, employées, etc.) ; 9 ont embrassé
Vétat de couturière ; 10, celui de fleuriste ; 4, celui de liiîgère et 12, celui de modiste.
De 1878 à 1883, elle en reçut 125; 16, pendant cette période ont embrassé l'état de fleuriste ; 19, celui de couturière ; et 10, celui de modiste. Le nombre des commerçantes et des institutrices égale à peu près la moitié des élèves sorties.
L'extension qu'a prise l'école Bischoflfsheim * est considérable, et le succès qu'elle obtient répond aux efforts tentés en vue d'élever, d'instruire et de moraliser lès jeunes filles que leur situation précaire obligerait à végéter. Les Dames Patronnesses, chargées de la surveillance, suivent les élèves bien au delà de leur sortie de la maison, et elles s'ingénient, au moment du mariage ou de l'établissement de ces enfants, à augmenter le pécule, quelquefois important, qu'elles emportent en quittant la maison et qui provient de récompenses décernées, sous forme de livrets à la Caisse d'épargne, soit à la distribution des prix, soit en raison de circonstances solennelles.
Une caisse dite Caisse des troicssêaux a été fon* dée dans le but de venir en aide aux familles trop pauvres pour fournir à leurs enfants le trousseau exigé par le règlement. Les anciennes' élèves contribuent à cette caisse par des libéralités d'autant plus précieuses qu'elles sont le témoignage du souvenir de gratitude qu'elles ont gardé pour cette école.
' L*Ecole accepte des donations d'up capital de huit mille francs oa 400 francs de rente pour fondation d^un lit» Le lit port» à perpétuité le nom du donateur ou de la donatrice. Le comité des Ecoles Israélites de Paris accorde quelques bourses à des élèves sorties de ses écoles pour être admises à la maison Bischoifsheim. L'AUiance Israélite j entretient actuellement 12 Jeunes filles.
51 LBS PROFESSIONS MANUELLES
Leurs sentiments se sont même manifestés d'une manière plus efficace eacore : elles ont, en effet, crëë une Caisse d'association destinée à former un lien de solidaritë entre elles et les jeunes ûlles élevées dans le même établissement, à constituer le patronage des élèves sortantes par les élèves sorties, à assister, à . secourir celles que la maladie ou le cliAmage pourrait placer dans une situation difScile ■.
L'école fonilée par M. et M"" Bischofisheim avait pour mission de diriger les jeunes filles pauvres vers des carrières honorables où, grâce à renseignement spécial qu'elles avaient reçu, elles pouvaient être à même de sortir de la misère oii leur origine les avait
Mais à C(3të des familles de ces enfants dont Texistence, quoique précaire, était cependant honnête et droite, il y avait une classe d'enfants particulièrement dignes de sollicitude et pour la moralisation desquelles il était urgent de faire les plus grands efforts et le» plus grands sacrifices : nous voulons parler de celtes qui, entraînées par l'exemple pernicieux de leurs parents ou par des dispiisitions vicieuses, se rendaient
* L'Ecole B une bibliolbèque qui reorsTma plus de 900 volâmes. Presijue tous proTisnaeal de dona. Des jourDBUi de modes sont tma gracieusement à la dispopiliaa des Kleliers de l'Ecole. Des publtcitions périodiques lui Eout enTOjJeB gratuitement et d'une manièie tria régoliËre.
coiipables de faits que réprouve Thonneur et qui exigent la répression, remprisonnement.
XTn Comité de surveillance, composé de dames, s'était, — il y a plus de vingt ans déjà, — attaché à sauver ces enfants du vice et à relever celles qui étaient déjà tombées. Le nombre en était bien restreint, fort heureusement, et leur internement n'avait pas nécessité une organisation spéciale. Cependant, vers 1865, TImpératrice, dans une visite qu'elle avait faite dans les prisons, avait paru s'intéresser d'une manière spéciale aux jeunes détenues Israélites et elle avait exprimé le vœu que ces enfants fussent recueillies — comme les jeunes détenues des autres cultes — dans une maison spéciale de refuge.
Cette question avait été souvent agitée dans le sein du Comité de surveillance ; mais, nous venons de le dire, il avait toujours paru difficile et surtout onéreux de fonder et d'entretenir un établissement spécial pour cinq ou six enfants.
Le Comité avait obvié à ces difficultés en plaçant ces malheureuses dans des familles et en exerçant sur leurs actions une continuelle surveillance; mais ce système n'avait pas donné de résultats suffisamment satisfaisants, et la facilité avec laquelle les jeunes filles parvenaient à se soustraire à l'autorité du Comité le détermina à seconder les vues et les désirs exprimés par l'Impératrice.
Le comité prit donc immédiatement la résolution de fonder un établissemsnt spécial, et, grâce aux dons et aux souscriptions qu'il recueillit, la Maison de refuge j^ur V enfance fut créée ^ . L'établissement s'ouvrit le
* La maison fut installée d^abord 17, rue Lecouteux, à Romainville :
17 juillet 1866 avec cinq jeunes détenues qui avaient été retirées de la prison de Saint-Lazare. Placées sous la diFection d'une dam,e exp^imentée, elles trouvère nt dans cet asile une bonne in^tructton^éléinentaîre et des principes de morale capables de faire rentr€>r dans la bonne voie ces malheureuses égarées <
Ces soins, au reste, n'étaient pas superflus, et li bienveillance, la sollicitude maternelle des Dames, succédant au régime dur et désespérant de la prison, ne pouvaient produire sur ces victimes de l'abandon et de la misère que les plus heureux résulta t§. L'influence de ce patronage fut même si salutafre que bientôt une nouvelle catégorie de pensionnaires vint se joindre aux précédentes : d'honnêtes ouvriers, absorbés par leur travail et désirant assurer à leurs enfants une surveillance qu'ils ne pouvaient exercer eux-mêmes,
puis elle fut transférée 45, boulevard Eugène, à Neuilly, où elle est restée jusqu'à l'inauguration du local construit spécialement puur cette Œuvre (4 juin 1883), boulevard de la Saussaye, n® 19, 4 Neuiîly, ^râce aux libéralités de généreux donateurs, et sur un terrain donné par M. Saint-Paul, membre du Consistoire.
Le Comité de U maison de Refuge est composé de quarante^troîs dames i M™» Coralie Gaben, Présidente ; M"»" Isidor et Ig. Weill, vice-présidentes. M'"«* Zadoc Kahn, G, Bernheim, Bickart Sée, Jules Béer, Beaucaire, Brisac, Albert Cobn, Dalsace, Joseph Halpben, Uartog, Georges Halpben, (Hesse, Lantz, Louis Leven, Félix Lévy, Fernand Lisbonne, Anselme Moyse» MarsdfiQ, Eug. Ma» nuel, Maycr (Rabbin), Oulry, Oberndœrffer, Gustave Polac, Eug. Péreire, Pontremoli, Premsei, A. Reitlinger, A. Ratisbonoe, Sigismond Reitlinger, baronne Salomon de Rotbscbild, Hélène de Rotbscbild, Louis Singer, Léopold Sée, Jules Worms, Sigismond Roibscbild, Harbleischer, générale Sée, Horace Helbronner, Serebriany. M*^ la baronne Salomon de Rothschild qui, jusqu'en ces derniers temps, fat trésorière de l'Œuvre, et M"« Hélène de Rothschild, sa fille, s'occupent avec un soin particulièrement touchant des malheureuses enfunts dont le Coiaité prend la charge. — La maison est dirigée par , M"* a, Lévy. * • V
ET IiBS INSTITUTIONS DE PATRONAOB ' ' 5?'
lemandèrent à les placer dans rétablissement ^ C'est
amsi que la maison, modifiée peu à peu dans sou In^ti-
tution pirimitive, est devenue presque uniquement une
maison boâpitaliôre» pour les orphelines op les aban-
donnëes qui sont placées dans des locaux absolument
séparés de ceux réservés- aux enfants soumises à la
correction. Dans l'espace de sept ans, en effet (187T(-
1884>, le Comité admit 105 enfants etsur ce nombre il
n'y exit que 4 détenues* I De répressive TŒuvre put
^ire, à juste titre, qu'dle devenait pré,ventive.
Les Dames placées à la tête de cette' œuvre, en preivant la charge de ces enfants ^ en entourant leur enfance des soins que leur situation irrégulière imposait, ont eu en vue également de leur prégarer un avenir honorable et respecté. Par l'encouragement qu'elles donnent à l'instruction et au travail, par l'enseignement pratique qu'elles assurent aux élèves, elles témoignent de l'importance qu'elles attachent à la nécessité pour ces enfants de se consacrer à des professions manuelles. Toutes elles reçoivent là une instruction élémeotaîre des plus complètes, à laquelle s'ajoute l'enseignement très suivi des travaux à l'aiguille. Un atelier de couture a donné de sérieux résultats, et le nombre des jeunes filles placées «omme confection-
^ Au l" janvier 1867, la maison comptait 5 pensionnaires ; — 7 en IS68 ; — 12 en 1869 ^ — 17 en 1870 ; — et 19 en 1879. — La dépense était pour 186Ô de 10,007 fr. 65 1 — pour 1867-68. de 18,040 fr. 45;
— pour 1869, de 11,726 fr. 70 ; — pour 1870, de 12,375 fr. 03; — pourl871, de 12,725 ir. 05.
Il y avait 30 enfants en 1880 et la dépense était der 25,840 fr. 10.
— U y en a actuellement 57.
Le Ministre de Tlntérieur accorde à la Maison une subvention de' 1,000 francs.
* * Trois ont été pourvues d'emploi à*leur libération. Une est ré$tée élève.
Ô8 LES PROFESSIONS IdAKUBLLES
neuses, lingères ou modistes prouve Tutilité <ie cette création. Un atelier spécial de broderies d'ar^t a. été récemment installé ^ dans cet établissement, et l&s enfants y ont acquis une grande habileté.
Pourvues ainsi d'une instruction primaire solide et de la connaissance d'un métier, suivies avec un intérêt constant à leur sortie de la maison par le Comité de patronage qui continue à les assister de son concours moral et pécuniaire, elles peuvent enfin prendre un rang honorable dans la société et attendre avec confiance de leur travail et d'une conduite régulière — les unes, la réhabilitation complète d'un passé momentanément obscurci, les autres la satisfaction profonde de pouvoir sortir du rang misérable oii leurs parents les avaient abandonnées ^.
^ Il a été fondé par une demoiselle Lehmann qui a pris à sa charge tous les frais d'outillage, d^enseignement, d'entretien, etc., etc.
' Le Comité de la Maison de Refuge subvient aux dépenses de cet établissement au moyeu de fondations, de pensions, et de dons et de souscriptions recueillis dans la Communauté. En 18S3, les souscri.ptions annuelles se sont élevées à la somme de 9,732 fr., et les dons à 16,556 fr. 50. Les travaux faits par les élèves ont produit 690 fr. 70. Enfin, grâce à une entente récente, TŒuvre admet dans cette maisoni moyennant une subvention annuelle de 6,000 fr., les jeunes filles abandonnées que le Comité de Bienfaisance mettait jusque là en pension dans des familles.