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DIVERSES MÉTHODES DE TIRAGES PHOTOGRAPHIQUES AUX ENCRES GRASSES

LS

Si nous voulions considérer la Photographie comme une industrie spéciale, se suffisant à elle-même, les procédés négatifs ou positifs que nous avons étudiés ci-dessus formeraient l’ensemble de cette industrie, qui se trouverait alors forcément limitée dans sa production et dans ses applications, mais si, la considérant d’une manière beaucoup plus générale, nous voyons dans la Photographie un moyen nouveau de représenter tout ce qui peut frapper nos yeux, si nous la rattachons à ces autres moyens qui forment l’ensemble des arts graphiques sous le nom de typographie, gravure, lithographie, nous ouvrons à l’ensemble de ces industries un horizon dont nous ne saurions poser les limites.

En effet, d’une part, les arts graphiques se prêtent à l'invention, à l’interprétation artistique, à l’émission de la pensée humaine, mais ils peuvent être limités par les difficultés d'exécution et sujets à l'erreur ; d'autre part, la Photographie est copiste fidèle et authentique, elle reproduit sans peine comme sans erreur tout ce qu’elle voit, quelle qu’en soit la complication, mais elle ne saurait interpréter. Ces deux moyens doivent donc se compléter l’un par l’autre et c’est dans leur union qu'est le progrès.

Or, que faut-il pour réaliser cette union? Transformer un cliché en une planche d'impression.

Le problème peut-il être résolu ? Depuis longtemps déjà de larges essais ont répondu affirmativement; nous ne pourrions dire encore que le problème soit résolu dans toutes les conditions que peuvent demander les arts graphiques, mais nous n’hésitons pas à répondre qu’il est résolu dans des conditions industrielles, et dans un temps prochain la Photographie s’imposera et prendra une place importante dans l’art des impressions.

Déjà en France, et surtout à l’étranger, la Photographie dite aux encres grasses est appliquée dans l’industrie. Cet emploi, encore trop restreint, deviendra général ‘quand la Photographie et l'impression, identifiées l’une à l’autre, connaîtront mieux les nécessités de l’une et de l’autre industrie et lorsque disparaîtront quelques entraves apportées par les intérêts particuliers.

Ce qui rend difficile la solution parfaite du problème, c’est que lessarts graphiques se divisent en trois grandes branches admettant elles-mêmes divers modes d'opérer, ayant chacune leurs exigences, et que ces exigences semblent quelquefois incompatibles avec la nature de l’image photographique.

Nous avons, en effet :

1° La typographie, pour laquelle il faut une image en relief dont toutes les parties soient sensiblement sur le même plan, l’encre du rouleau devant s'arrêter sur les reliefs sans pénétrer dans les creux ;

2° La gravure en creux, qui est l'opposé; l’encre ne doit rester que dans les creux plus ou moins profonds, tandis que, au contraire, toute la surface plane de la planche doit être parfaitement essuyée et nettoyée.

3° La lithographie qui, théoriquement, présente une surface plane sur laquelle. l'encre adhère plus ou moins par suite d’une affinité plus ou moins grande pour cette surface.

Photographiquement, de nombreux essais ont été faits, de nombreuses inventions et de nombreux brevets en sont résultés pour arriver à réaliser avec plus ou moins de bonheur les conditions nécessaires pour ces divers modes d'impression ; une foule de noms différents ont été donnés à ces inventions, tels que autotypie, phototypie, albertypie, collotypie, héliotypie, héliogravure, photogravure, etc., etc. Nous commencerons par faire table rase de tous ces noms, sans vouloir toutefois nier un instant le mérite des hommes qui ont donné leur temps, leurs peines et leurs études pour rendre pratique l'application de ces procédés, mais, tout en nous efforçant de leur rendre justice dans le cours de nos explications, nous croyons devoir remonter aux inventeurs premiers, à ceux qui, utilisant les propriétés du bitume de Judée ou de la gélatine bichromatée, firent les premiers essais d’où découlèrent tous les autres, c’est-à-dire à Nicéphore Niepce, à Talbot, à Pretsch et surtout à Poitevin qui, par son étude complète des réactions

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