‹ Les progrès de la photographie: résumé comprenant les perfectionnements apportés aux diversChapitre 19 sur 22 · ÉMAUX PHOTOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

ÉMAUX PHOTOGRAPHIQUES

Si le temps est très-chaud ou très-sec, on ajoute seulement trois ou quatre gouttes de la solution de miel (n"" 3).

La liqueur sensible, quelle qu'elle soit, est étendue sur une glace bien propre, égouttée et séchée immédiatement à l'aide d'une douce chaleur à l'abri de la poussière et de la lumière. On doit l'employer ensuite très-rapidement, car la préparation sèche ne se conserve pas.

Cette glace préparée doit être exposée sous un positifs car c'est la lumière qui, passant à travers les clairs de l'image, agit sur la couche sensible et l'empêche de prendre la poudre d'émail : les blancs sont donc représentés par les blancs, un positif donne un positif. H faut des épreuves très-douces, et ici, comme pour les agrandissements, nous pensons qu'il y a lieu d'employer les positifs faits soit par le procédé au charbon, soit par le procédé Taupenot, et développer par la solution alcaline; on obtient ainsi une extrême transparence dans toutes les parties.

n est souvent nécessaire d'agrandir ou de diminuer l'épreuve pour l'approprier à la dimension de l'émail ; on fera alors l'épreuve à la chambre noire, soit par l'un des procédés secs connus, soit par le procédé du collodion humide.

L'épreuve positive est posée face contre face sur la glace préparée avec la liqueur sensible; on expose dans un châssis positif pendant un temps qui, suivant la lumière, varie de quelques secondes à six ou huit minutes.

L'épreuve retirée du châssis est développée dans le cabinet noir avec la poudre d'émail que Ton trouve toute préparée chez les marchands de produits photographiques.

Pour que le développement puisse se faire, il faut un certain état hygrométrique du laboratoire dans lequel on opère ; si la pièce est absolument sèche, la glace ne prend aucune trace d'humidité et elle ne retient pas la poudre d'émail ; si elle est trop humide, c'est le contraire qui a lieu et l'image s'empâte rapidement. Cette difficulté de réaliser un milieu convenable est une des plus grandes du procédé. Pour obtenir le développement complet, il faut promener régulièrement la poudre sur l'épreuve au moyen d'un blaireau très-doux ; mais le mieux semble être, suivant les indications de M. de Lucy-Fossarieu , de promener pendant quelques instants un peu de poudre avec un fin blaireau, puis de recommeneer quatre ou cinq fois cette opération pendant un temps très-court : la glace

l4o 1*BS PlOGmÈS M LA PHOTOGIAPHIB.

prend ainsi peu à peu la somme d'humidité qui lui est nécessaire pour un développement complet.

Trop de pose donne une épreuve dure et sèche, pas assez donne une épreuve voilée ; un développement trop prolongé produit le même résultat.

L*épreuve développée est couverte de collodion normal à i ou a grammes de coton pour loo centimètres cubes du mélange d'éther et d'alcool, puis lavée dans Tenu fieublement acidulée par Tacide nitrique ou cfalorhydrique; le collodion se détache alors complètement de la glace et emporte avec lui toute la poudre d'émail qui forme Timage. Cette pellicule est rincée à Teau froide, de manière à enlever toute trace d'acidité et de bichromate de potasse, et enfin mise dans une cuvette profonde pleine d'eau dans laquelle les mains puissent facilement se mouvoir pour placer l'image sur la plaque d'émail avec laquelle elle doit s'incorporer.

Parmi les opérateurs, les uns veulent que la pellicule de collodion soit mise sur l'émail avec la poudre en dessous; dans ce cas, le collodion n'adhère pas sur la surface émaillée de laquelle la poudre le sépare, et il faut que l'eau servant au transport soit légèrement sucrée pour qu'il y ait complète adhérence après la dessiccation. Si l'on emploie cette manière de procéder, il est nécessaire, a\'ant le passage au feu, d'éliminer le collodion, qui s'écaillerait en brûlant. On le détruit par une immersion dans l'acide sulfurique suivie de quelques lavages à l'eau.

U nous semble préférable d'employer la méthode indiquée par M. de Lucy-Fossarieu et par M. de Roydeville, qui consiste à mettre la pellicule de collodion directement sur l'émail, l'image en dessus : par ce moyen, n ne se fait aucun décollage, le collodion adhère seul à la surface émaillée, et, lorsqu'il est bien sec, il brûle régulièrement au feu en laissant à l'épreuve toute sa netteté. Avec ce mode d'opérer, l'image est dans son vrai sass, tandis que dans celui qui précède elle est renversée, à moins que l'on n'ait fait un positif retourné.

La fusion de l'émail se fait dans un fourneau d'émailleur dont on chaufie la moufle bien régulièrement au rouge vif; on y place une plaquette de terre que l'on chauffe d'abord légèrement, on la retire et sur saa milieu on pose la pièce à cuire, puis on la repousse peu à peu jusqu'au centre de la moufle.

L'opération dure à peine quelques minutes; il faut que l'émail soit assez

ÉMADX PHOTOGRAPHIQUES. iJ^l

chauffé pour être glacé partout; une chaleur trop intense laltère. L'observation et la pratique peuvent seules servir de guides à cet égard.

Le même procédé sera appliqué aux pièces de faïence, de porcelaine ; on Ta môme appliqué aux vitraux.

Application de ce procédé pour faire de nonveanz clichés snr le cliché tjpB. — M. Geymet (' ) a utilisé dans une voie nouvelle cette action de la lumière et des bichromates solubles sur les matières adhésives pour obtenir directement, sans le secours de la chambre noire, un cliché nouveau fait par application sur le cliché type.

Sur une glace bien nettoyée on applique la liqueur sensible préparée comme suit :

Eau * loo*'"

Gomme arabique lo*'

Glucose io«*"

Sucre * . . . 2.''

Miel 0,5

Solution saturée de bichromate d'ammoniaque 20**

On fait sécher complètement à une douce chaleur et à Tabri de la lumière comme pour faire les émaux.

On pose cette glace sur le cliché et Ton expose deux minutes au soleil, cinq ou six minutes à Tombre, puis, reprenant cette glace dans l'obscurité, on attend quelques instants pour que l'humidité ambiante agisse sur la surface préparée et l'on y promène un blaireau très-doux chargé de plombagine en poudre impalpable : le nouveau négatif se développe rapidement et prend pbis d'intensité à chaque passage du blaireau; on peut môme, de cette manière, modifier à son gré l'intensité de certaines parties.

n est souvent bon de laisser la glace au repos pendant quelques secondes et de reprendre le développement; comme pour l'émail, l'insuflBsance de pose donne une épreuve grise et blafarde, l'excès de pose brûle les demi-teintes.

En opérant avec des plombagines plus ou moins grosses, on peut obte-

{}) Bulletin de la Société française de Photographie, année 18721 p. i85.

■ 42 LIS MOQEÈS DE LA rHOTOGftAPm.

air, dit fauteur, un grain plus ou moins marqué qui rend le didié trèsfavorable pour les reproductions aux encres grasses.

L'avantage de ce procédé pour un grand nombre d*applicatioos est que le cliché ainsi fait se trouve retourné. S'il était nécessaired^avtiiroediché dans son vrai sens, on pourrait soit faire une nouvelle épremne sur ce cliché retourné, ou procéder comme pour l'émail, en recouvrent le cliché de coUodion et l'enlevant ensuite sur gélatine, ou faire la préparation sur une glace collodionnée préalablement, que l'on traitera ensuite par un des moyens connus pour avoir un cliché pelliculaire, pages 76 et 78.

TIRAGES PHOTOGRAPHIQUES AUX ENCRES GRASSES. l43

DIVERSES MÉTHODES DE TIRAGES PHOTOGRAPfflQUES

Page 1