INDIVIDUALISME ET SOCIALISME. L'INDIVIDU ET L'ÉTAT
L'individu et ]a société se supposent mutucUemenl, comme la partie et le tout, et pourtant nous voyons surgir des doctrines, se former des partis qui opposent l'individualisme au socialisme, comme si cette opposition, surtout dans la forme absolue sous laquelle elle est présentée, se rencontrait dans les faits. Elle n'a même pas pu être complètement réalisée en théorie, on n'a pu que manifester des tendances dans un sens ou dans l'autre. On sait que l'individualisme est un défaut qu'on attribue volontiers à l'économie politique qui, comme science, ^e borne pourtant h. constater comment s'opère la production et comment les produits se distribuent, qui n'est donc ni individualiste ni autre chose ; le socialisme est une doctrine purement critique qui n'a encore présenté, sous les noms de communisme et de collectivisme, que d'informes essais de reconstruction de la société qu'elle prétend démolir.
S'il n'avait fait que de la critique, nous aurions à peine eu besoin de nous y arrêter, car il va sans dire que rien n'est parfait en ce monde, et la critique est d'autant plus aisée, qu'on commence toujours par exagérer les délauts qu'on veut attaquer, on les suppose même souvent portés à l'extrême (1). Mais en matière sociale, on ne peut
(1) Par exemple, au lieu de dire : le laisser- faire, on dit « le laisser-laire