‹ Les progrès de la science économique depuis Adam SmithChapitre 25 sur 35 · CHAPITRE XIII LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII LE TRAVAIL

Au point de vue économique, le travail c'est riiomnie agent de production, c'est l'homme s'occupant de Ja satisfaction de ses besoins ou de ceux d'autrui. ?s'ous sommes assez disposé à nous contenter de celte définition, en prenant le mot besoins dans le sens le plus large, car plus une chose est compliquée, moins il est prudent d'éviter les définitions développées. Du reste, le mot travail a paru si clair par lui-môme, que beaucoup d'économistes se sont abstenus de le définir. Ad. Smith et Ricardo sont de ce nombre, et lorsque J.-B.Say dit (Traité, liv. I, chap. VU); «J'appelle travail l'action suivie à laquelle ou se livre pour exécuter une des opérations de l'industrie, ou seulement une partie de ces opérations », il oublie qu'il a été (peut-être) le premier à parler des produits immatériels, et qu'il aurait dùleur faire une place dans sa définition. M. de Molinari, au mot Travail du Dictionnaire de l'économie politique, formule ainsi la sienne : « Le travail consiste dans l'application des facultés de l'homme à la production. » En Allemagne, une des plus courtes définitions est celle de IL de Mangoldt : « Tout effort fait par un être vivant en vue du résultat », définition oi!i le travail apparaît comme une charge (1), une peine, car tout

n) Le besoin de la denrée est la cause immédiate du travail r-l do la production, et la consommation est la récompense du irasail qui pr^iluit. Forbonnais, Principes économiques, p. 175.

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effort obligé est une peine. Il y a, en effet, des occupations très fatigantes, dangereuses môme, ([iii coiistitu(M)t autant déplaisirs, de jeux (sport); mais elles sont volontaires et répondent à certains sentiments ou à une exubérance de forces pbysiques et non à la nécessité. Ces ctforts-là ne constituent pas du travail. C'est la nécessité qui rend proportionnellement pénible même un léger effort. Et en elfet, rhonime ne travaille que sous Faiguillon du besoin ou sous rinfluence d'une passion, généreuse ou destructive. Dans ces conditions on pourra trouver le travail honorable, mais on ne le qualifiera pas volontiers d'agréable. C'est pour cette raison que le travail est rémunéré. Nous consacrons un chapitre spécial aux salaires, qui figure dans la division réservée a la « distribution » ; ici nous nous efîorcerons de considérer le travail uniciuement comme agent de production.

Le travail, même séparé des salaires, est encore un sujet assez vaste pour qu'il soit utile de le subdiviser, afin de pouvoir mieux l'examiner sous toutes ses faces.

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