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CHAPITRE XVIII

Dans le chapitre précédent nous avons vu que la production est grandement influencée par le mode d'organisation du travail. Ce mode d'organisation est avant tout d'ordre technique, mais l'économique y est intéressée, car c'est elle qui choisit le procédé par lequel le plus grand résultai est le plus sûrement atteint avec le moindre effort. Avec sa longue pratique et son expérience consommée, avec sa connaissance des lois naturelles du travail, elle a bien vite trouvé que, pour nombre d'industries, notamment celles dont les produits sont de grande consommation, la fabrication en grand à l'aide de machines est la plus efficace et la plus avantageuse, tandis que la production en petit est réservée au\ industries dans lesquelles l'art et la diversité de goûts et des besoins jouent un rôle plus grand que les capitaux et les forces puissantes.

La machine est le complément naturel de la division du travail. Une fois la tâche décomposée dans ses éléments, on invente aisément un instrument pour chaque mouvement distinct — le travail est du mouvement (1) — on atlelle à cet instrument une force naturelle, de nos jours le plus souvent la vapeur, et la machine est faite. On se contentera

(1) Uominiin naluram nulla alla poteslas qunm 7nolus. Cite par M. Jourdan, Cows analytique, p. 99, sans indication de source.

même rarement de mettre un seul instrument au bout de la force, on en mettra le plus possible : 100 broches, 500 broches, 1,000 broches; de plus, la force naturelle étant insensible et infatigable, on n'aura pas à la ménager, on accélérera le mouvement à rcxtrème : 100 tours à la minute, 1,000 tours, 10,000 tours, ce qu'on pourra, et la production s'accroîtra en proportion. Il est d'ailleurs des produits, ou des résultats, qu'on obtient uniquement à l'aide de machines, soit à cause de l'énorme force qu'il faut concentrer sur un point déterminé, soit à cause de l'habileté soutenue qu'il faut déployer et qu'on ne réalise qu'avec un mécanisme automatique parfaitement ajusté.

Tout cela a été dit et longuement développé; on a même déjà exalté la machine et chanté la Vapeur en beaux vers couronnés par l'Académie française. Certains auteurs, comme Ure en Angleterre, M. W. Roscher en Allemagne, M. Frédéric Passy en France — et beaucoup d'autres — ont réuni de nombreux faits pour prouver en détail la puissance de l'efficacité des machines, preuve que nous pouvons donc nous dispenser de faire. Cette puissance et cette efficacité sont maintenant connues de tous, et incontestées. Nous aimons mieux nous arrêter à un autre point de vue. Depuis que la vapeur est devenue leur principal moteur, les machines constituent un véritable problème économique et social, social plus qu'économique, et pour plus d'un ce problème ne semble pas encore complètement résolu. C'est que la machine a été le Mieux qui est l'ennemi du Bieu, c'est dire qu'elle a causé des maux transitoires. Elle a, en effet, éliminé dans plus d'une industrie l'ouvrier qui faisait moins bien qu'elle, et cet ouvrier n'a pas retrouvé sans peine sa place au travail. Ouand on souffre — et autrefois ceux qui souffraient par cette cause étaient nombreux — on est injuste; il est deux choses au moins que, en pareil cas, on ne voit pas, ou ne veut pas voir :

LA GRANDE ET LA PETITE INDUSTRIE, ETC. 4do

1° le bien que lait à autrui la chose même qui cause \os souffrances ; 1" la mesure dans laquelle vous avez vousmême contribué à les rendre plus intenses. On a sans doute exagéré ainsi les griefs et abusé du droit de plainte, mais les souffrances ont été réelles et la société qui profite des progrès enfantés avec tant de douleur doit s'efforcer de venir en aide aux exilés de l'atelier.

Reprenons, avant de continuer, les points auxquels nous venons de toucher :

1° Ceux qui so^iffrent ne veulent pas voir le biefi que font les machines; leur attention se porte plutôt au bénéfice que le fabricant en tire, bénéfice qui est cependant loin d'être certain, car : a, la machine peut avoir ses défauts; b, le marché peut ne pas être assez grand pour absorber les produits ; c, les conjonctures peuvent être défavorables à l'innovation ; f/, on peut inventer une machine plus parfaite, et dans tous ces cas le fabricant est menacé de ruine. Mais supposons qu'il réussisse : au lieu de produire 10,000 pièces par an, il en fournira 100,000 et au delà; le prix de la marchandise baissera de 30 p. 100, et 90,000 personnes qui en avaient été privées jusqu'alors pourront dorénavant en jouir. Il y a même des cas où des millions d'individus pourront atteindre à des jouissances dont ils étaient « déshérités » (1) jusqu'à ce jour. Ces avantages durables ne sont-ils pas une compensation pour les souffrances de nature transitoire?

2° La mesure dans laquelle vous avez contribué à rendre le mal plus intense. On n'aime pas se reconnaître coupable, on est comme fraïqié de cécité sur ce point. On est cependant toujours un peu l'artisan de son sort. En tout cas, si les hommes se préoccupaient davantage de l'avenir,

(I) Le mot ih'shérilé est un mot de parti ou de passion. Personne n'est deshérité dans nos sociétés, le plus pauvre peut devenir riclic et puissant, soit par son talent, soit par des chances l'avorables. Le mendiant qui par héritage devient millionnaire, jouira demain de tous les avantages de cette position.

45)6 Lk PRODUCTION.

s'ils songeaient à la possibilité de perdre leur travail, leur place, leur revenu, ils ne manqueraient pas de se préparer une ressource pour les mauvais jours, ce qui atténuerait bien des maux. Malheureusement, la majorité des hommes manquent totalement de prévoyance; jeunes, beaucoup s'adonnent aux plaisirs, ou se marient avant l'heure, mettent au monde plus d'enfants qu'ils n'en peuvent nourrir, conservent des habitudes coûteuses (tabac, cabaret, etc.), et alors naturellement, pour ceux-là, une crise se change facilement en désastre. Ce qu'on ne dit pas aux ouvriers, c'est que la prévoyance est plus efficace pour notre bienêtre à tous que presque toutes les autres qualités et même que le talent. On connaît des hommes de talent qui sont morts dans la misère, faute de prévoyance. Sur dix hommes qui arrivent à l'aisance, neuf ont été prévoyants, un a été habile.

3° Il faut venir en aide à ceux qui souffrent. L'introduction des machines, que l'humanité a saluée comme un immense progrès, ayant causé des souffrances, ceux qui en profitent, et c'est tout le monde, doivent s'efforcer de les atténuer. C'est cependant aux éliminés h. prendre l'initiative, c'est à eux à chercher une autre occupation, ils savent le mieux à quoi ils sont propres; mais on doit être très accueillant à leur égard. Il ne semble pas bien difficile d'adoucir la transition, le progrès s'opérant avec une certaine lenteur. Il doit d'abord vaincre la force d'inertie des producteurs qui y sont intéressés, puis leur procurer les connaissances nécessaires, enfin les capitaux. L'opération transformatrice en elle-même exige encore un certain temps — et toutes les fabriques ne la font pas ensemble — de sorte que l'élimination a lieu peu à peu. Cette lenteur permet à un certain nombre d'éliminés de rentrer bientôt dans leur profession, car la machine, en multipliant fortement la consommation, étend la production, fait enrôler un

nombre croissant de travailleurs, et avec un salaire plus élevé. C'est un fait acquis, l'ouvrier armé d'une machine est mieux rétribué, et le fait s'explique, car cet ouvrier a besoin de plus d'intelligence, de plus de soin, a plus de responsabilité et surloul produit davantage : le salaire est proportionnel au produit du travail. On a cité un grand nombre d'industries qui doublèrent, triplèrent et même décuplèrent le nombre de leurs ouvriers après l'introduction des machines. Comme la lance d'Achille, la machine guérit les blessures qu'elle a causées.

Ajoutons que toutes les machines n'ont pas déplacé des ouvriers. Un grand nombre d'industries ont surgi depuis un siècle, ces industries sont nées, pour ainsi dire, avec une machine dans les bras, et elles ont pu absorber bien vite nombre de ceux qui ont dû se retirer devant d'autres machines. Rien que la fabrication des machines a fait créer de nombreux et souvent d'immenses ateliers. Et qui énumérera les autres nouvelles industries, depuis le sucre de betterave, les produits chimiques, le télégraphe, la photographie,.,, jusqu'cà l'éclairage électrique? Enfin, les pays qui introduisent une industrie qui est ancienne ailleurs et nouvelle chez eux, l'importent avec les machines et même avec les premiers ouvriers, sans enlever à personne son gagne-pain.

Les ouvriers n'ont pas tant à se plaindre que la petite industrie, car ils se recasent généralement assez vite. Cela est plus dil'ficile au petit industriel qu'un concurrent muni d'une machine force de fermer boutique. Mais, lui aussi, finit par se tirer d'affaire. S'il ne peut pas acquérir de machine, il changera d'industrie, ou il entrera comme contre maître dans un grand établissement, ou il se placera autrement, selon ses capacités et ses qualités. Parfois, il sera plus beureux comme simple ouvrier dans une fabrique, avec un travail constant, que comme patron avec

ses charges, les exigences de sa position et un gain variable, aléatoire, incertain, toujours dans l'anxiété à l'approche des termes et des échéances. La position est souvent une simple question d'amour-propre et pour la satisfaire on devient un des cent qui ouvrent boutique cette année; mais sera-t-il un des dix qui réussiront, qui prospéreront? On peut se demander combien ont fait le nécessaire pour mériter de réussir.

Somme toute, un homme intelligent, laborieux, économe, se tirera toujours d'aflaire (1), car il y a du travail pour toutes les capacités; il faut seulement ne pas perdre trop tôt courage ; la vie est une lutte, ce sont les plus vaillants qui emportent la victoire. Au demeurant, l'époque de transition est à peu près close, la machine s'est déjà emparée de presque tout son domaine, lemal qu'ellepouvait faire est fait et presque guéri, il reste tout au plus à compléter le travail réparatoire.

S'il en est ainsi, il faut en prendre son parti : la société civilisée, qu'elle le veuille ou non, est obHgée de vivre avec les machines comme avec la pluie et le beau temps. Il ne peut plus être question de les supprimer, et cela, parce que trop d'intérêts s'y rattachent et qu'elles trouveraient au besoin de nombreux défenseurs. Des millions d'individus fabriquent des machines, sont attachés aux chemins de fer et aux bateaux à vapeur, travaillent dans les mines et dans mille autres industries qu'on ne conçoit plus sans machines. Mais supposons les défenseurs des machines vaincus et que l'émeute victorieuse se décide à détruire les engins qui font la gloire de notre civilisation. Qu'arriverai t-il? Rien que ceci : au bout de un an ou deux,

(1) C'est précisément do la nécessité de faire des efforts dont se plaignent les gens sans énergie, ils voudraient que les choses marchassent toutes seules. C'est impossible; la terre elle-même ne roule pas bénévolement, il faut deux forces pour la tenir en mouvement, la centrituge et la centripète! Et il en est ainsi de toute chose.

cent millions dEuropéens seraient morts de faim, de maladie ou par suite de luttes effroyables. S'il est un fait certain, c'est que l'invention de la machine à vapeur a seule permis à l'Europe de doubler sa population depuis cent ans. Pour ne citer qu'un détail, l'Europe importe tous les ans pour 2 milliards de blé — calculez en passant le personnel et le matériel qu'il faut pour transporter et distribuer cette marchandise encombrante; — or, il faut payer ces 2 milliards avec les produits de nos fabriques, voilà encore un personnel nombreux;... mais faites-y bien attention, le calcul est très compliqué, chaque marchandise passe par beaucoup de mains, il faut des matières premières et des instruments, des bâtiments et bien autre chose. Pour que cet ouvrier de Lyon qui tisse des soieries destinées à payer le blé venu d'Amérique ait des vêtements, il faut qu'on p)"épare du drap pour lui à Elbeuf ou à Lodève, qu'on ait fait venir la laine d'Australie, fabriqué des instruments, les navires, etc., et l'on aurait pu pousser bien loin la démonstration.

Ainsi donc, la vie d'une centaine de millions d'individus au moins est attachée en Europe à l'existence des machines, et il en serait ainsi, même si le socialisme pouvait l'emporter. Supposez-le vainqueur, il ne détruirait pas les machines, il décréterait : « Toutes les machines appartiennent à l'Etat. » Et après? Grosjean et Petitjean travailleraient comme par devant. Le socialisme ne pourrait pas se passer de machines. En fait, chacun n'en veut qu'à la machine qui le gène, il défendrait au besoin toutes les autres. Aussi, considérons-nous cette cause comme entendue... et jugée et gagnée.

Reste la question de la grande et de la petite industrie.

Le mot question est peut-être impropre ici, car il est douteux qu'il y ait beaucoup de choses à résoudre, il y a plutôt

à expliquer. Les qualifications grande et petite sont bien vagues, entre le plus petit et le plus grand il y a de nombreux échelons, et la grandeur normale, ou la grandeur la plus ayantageuse d'une industrie, dépend le plus souvent de sa nature propre. Ainsi, pour la construction d'un navire cuirassé ou d'un paquebot transatlantique, il faut de bien autres ateliers que pour une fabrique de bijoux ou de pinceaux. Outre la nature de l'industrie, il y aurait aussi à considérer la capacité du chef de l'entreprise, le montant des capitaux dont il peut disposer, l'étendue du marché qui s'ouvre devant lui, et nombre de circonstances locales et spéciales que nous ne pouvons énumércr. 11 est donc impossible de rien préciser; nous nous bornerons à indiquer quelques points généraux.

Et d'abord, nous avons déjà dit que certaines industries appartiennent naturellement à la catégorie des petites, comme d'autres à celle des grandes; chaque catégorie a ses avantages et ses inconvénients. L'industrie qui, par la nature de ses produits, ne peut travailler que pour la localité, ou pour des besoins dont la mesure et la forme varient selon les individus qui font appel à l'art, ou qui ne peuvent intéresser que peu de personnes, resteront nécessairement petites. La petite industrie est favorable à l'esprit de famille ; si elle est prospère, elle donne une vie calme avec un bien-être modeste ; mais elle n'est pas toujours prospère, et souvent les chefs de ces petites industries sont moins heureux que de simples ouvriers.

La grande industrie, si elle est établie dans des conditions économiquement bonnes, répand un bien-être plus large; elle arrive à produire avec une économie et une puissance telles que ses produits se vendent à bas prix et deviennent accessibles à la population la moins aisée ; elle peut travailler pour l'exportation et permettre ainsi au pays d'entretenir une population plus nombreuse que celle que son

propre territoire peut nourrir (I); elle peuL et doit même employer des machines qui assujettissent des forces naturelles puissantes et les font travailler au profit des hommes ; elle occupe souvent de petites industries accessoires, offre un marché rapproché à l'agriculture, elle stimule les sciences, est favorable au progrès, etc. Seulement, ajoutet-on, les avantages qu'elle apporte à la population ouvrière ne sont pas sans mélange d'inconvénients.

A ce « seulement » on peut objecter que tous les avantages, ici-bas, sont doublés d'inconvénients. Mais ne nous arrêtons pas à cette fin de non-recevoir, malgré la profonde vérité qu'elle exprime. Les plaintes exprimées sont de nature assez grave pour que nous leur consacrions toute notre attention. Il en est que nous avons déjà rencontrées en parlant de la division du travail, nous n'y reviendrons pas ; mais nous devons examiner deux reproches qui nous touchent beaucoup : IMa fabrique détruit la vie de famille en attirant à la fois le mari, la femme et les enfants, ce qui éteint le foyer domestique ; 2" elle met en danger la moralité, en réunissant les deux sexes dans les mêmes ateliers. Examinons ces griefs (2).

Constatons d'abord que le caractère propre de la grande industrie, ou de la machine, n'est pas nécessairement d'employer les femmes et les enfants. Dans beaucoup d'industries les hommes seuls travaillent, les femmes s'occupent chez elles et les enfants vont à l'école. Mais il reste assez de fabriques oii le mal existe réellement, par exemple dans les filatures. Gomme on ne peut pas les supprimer pour en revenir au rouet de nos aïeules et à tout ce qui s'ensuivrait, il importe de chercher le remède; c'est le remède qui doit absorber notre attention.

(1) Nous appelons tout particulicroment l'attention sur ce point si important.

(2) Nous ne parlons pas du travail des enfants, parce que la législation y a déjà pourvu presque partout.

L'un (les sujets de plainte est assez facile à faire cesser, c'est la réunion des ouvriers et ouvrières dans les mêmes ateliers ; déjà on a attribué presque partout à chaque sexe des ateliers et même des portes de sortie séparées. On peut aussi procurer des logements surveillés aux jeunes ouvrières qui n'habitent pas avec leurs parents. De bonnes choses ont été faites sur ce point dans différents pays, et il résulte de l'enquête allemande sur le travail du dimanche, publiée eu 1887, que rimmoralilé n'est pas plus répandue parmi les ouvrières que dans d'autres classes de la société. Des questions spéciales avaient été posées sur cet objet.

Le problème le plus ardu, c'est l'ouvrière mariée avec enfant. L'idéal serait de l'occuper à la maison. Faute de mieux, on pourrait encore voir s'il est possible d'établir pour elle (comme pour les enfants) un système de demitemps [halftime)\e\\Q ne travaillerait qu'une demi-journée à la fabrique. Elle gagnerait moins ainsi, sans doute ; voudrait-elle, ou pourrait-elle s'en contenter? Si ce remède est inapplicable, on devrait porter l'attention sur le terrain mécanique; il s'agirait de trouver un métier qui, en produisant une quantité de travail supérieure, serait devenu trop lourd pour la femme, on y mettrait des hommes qu'on payerait davantage — on le pourrait dans ce cas — et leurs femmes seraient ainsi dispensées de venir à la fabrique. Notre idée est un peu utopique, nous ne l'ignorons pas, nous émettons simplement une suggestion, persuadé que la science et l'art technologique sauront faire des merveilles.

La solution la plus simple, la plus proche du problème, celle qui dépend des intéressés eux-mêmes, est la dernière qu'on présente ; il est même des gens au cœur très sensible qui ne consentiraient jamais à la mettre en ligne. Et pourtant, n'esl-il pas permis de se demander s'il est bien raisonnable et bien moral pour les ouvriers des fabriques

de se marier si jeunes? Pourquoi n'attendraient-ils pas aussi longtemps que nombre de médecins, avocats, employés, etc. ? Ils auraient ainsi le temps de ramasser quelques économies, et les jeunes ouvrières, leurs futures épouses, se seraient fait une petite dot. En revanche, ils n'auraient pas douze enfants comme quelques-uns que nous connaissons (1), mais les enfants qu'ils auraient, ils pourraient les soigner et les élever. — On voit que nous ne sommes pas pour le « laisser aller » ou le « laisser faire » si décrié. — Sous ce régime de prévoyance on trouverait plus facilement des combinaisons pour dispenser la femme mariée, la mère de petits enfants, de venir travailler à l'atelier. Quelles objections peut-on opposer au retard des mariages? On dira que les jeunes gens qui ne se marient pas, vivront en concubinage, ce qui est immoral. C'est dire que l'homme nest pas supérieur à l'animal; dès qu'il ressent le désir de se livrer aux plaisirs sexuels, il faut qu'il cède. Mais est-ce que la cohabitation qui suit la cérémonie devant M. le maire est de beaucoup supérieure lorsque, séparé pendant la journée on ne se retrouve que la nuit sans avoir un moment à donner aux enfants? Beaucoup de ces couples presque improvisés se séparent après le mariage, malgré la consécration légale... Ne serait-ce pas une garantie pour l'avenir — comme de jouissances pures pour le présent — si l'usage des longues fiançailles s'établissait? Nous prêchons dans le désert, soit, mais nous aimons mieux cela que d'approuver les mariages précoces qui n'élèvent pas un seul homme (2).

Nous avons parlé des industries qui sont naturellement petites et des autres qui sont nécessairement grandes ; il est inutile d'ajouter (|u'il est des catégories de productions

(1) Mais y aura-t-il un seul parmi ces enfants malingres et rachiticiues qui sera reconnu apte au service militaire?

(2) On a soutenu qu'il faut pousser à la multiplication des enfants, dussent ces pauvres êtres mourir en bas àgo, naturellement de misère.

46i LA PRODUCTION.

OÙ les établissements sont grands ou petits selon les circonstances. C'est surtout sur ces industries-là qu'on voudrait exercer une influence en empêchant ceci et en favorisant cela. Ces interventions sont toujours très dangereuses, car le premier qui intervient est généralement incompétent ou intéressé — il peut être passionné et violent. — Le plus souvent la politique s'en môle, et alors la justice et la mesure seront chassées et remplacées par des mots sonores. Les intérêts électoraux des députés font surgir des lois douanières, des lois fiscales, des lois de travail favorisant des catégories de citoyens aux dépens d'autres catégories. Sous ce régime l'organisation industrielle de la nation se détraquera, les rouages ne s'engrèneront plus, chaque production subissant sa loi différente, l'accord manquera et la crise s'établira en permanence. C'est que la nature des choses ne se plie pas aux convenances ou aux intérêts étroits des politiciens. E pw si muove (1) !

L'effet de l'introduction des machines s'est naturellement fait sentir dès le premier moment, et les premières machines, ainsi que les premiers inventeurs en ont été les victimes. Qu'un artisan à vue étroite n'ait considéré dans la machine qu'une concurrente, qu'il ait cherché à la détruire, cela peut se comprendre, c'est un reste de barbarie; mais qu'un gouvernement s'y soit prêté, cela est plus surprenant. Or, au dix-septième et au dix-huitième siècle encore presque tous les gouvernements européens interdisaient l'établissement des machines. Au commencement du dix-neuvième siècle, lorsque Ricardo écrivait, la machine s'était déjà implantée en Angleterre, et l'illustre économiste se voit obligé de lui consacrer un chapitre dans la 4* édition de ses Principes (chap. xxxi). Or, dans ce chapitre, le froid, le raisonnable, l'abstrait Ricardo a surtout en vue l'intérêt de l'ouvrier — il importe de le dire aux détracteurs des économistes, el aux adversaires spéciaux de Ricardo, — à tel

(1) La statistique n'entrant pas dans notre cadre, nous nous bornons à dire que si la grande industrie s'accroît, la petite ne diminue pas, elle augmente même, mais sans doute en se modifiant.

point qu'il se cioit obligé de dire (Édit. Guill. de 1882, p. 331) : « Il ne faudrait pas croire cependant que mes conclusions définitives soient contre l'emploi des machines. » Quant au fond même de ses idées, elles reposent sur des erreurs; ce que la machine multiplie, c'est avant tout le produit brut, l'augmentation du produit net est moins certaine, c'est à tort quellicardo croit le contraire.

Sismondi {Nouv. Principes d'écon. poL, 2* éd. 1827, p. 394) n'est donc pas le premier qui ait montré le revers delà médaille, maisil est peut-être le premier qui ait fait des machines un sujet de déclamation. Je vais prouver qu'il déclame, rien qu'en analysant le chapitre vu du IV livre et en citant les passages les plus saillants. « La multiplication des machines qui remplacent ou abrègent le travail de l'homme demande toujours un premier établissement coûteux, une première avance qui ne rentre qu'en détail : elle suppose donc aussi la possession de capitaux oisifs (?) qu'on peut ôter au besoin présent, pour en fonder une sorte de rente perpétuelle ». Le mot « oisif» aura choqué le lecteur, surtout en le rapprochant des mots suivants, car ce qui satisfait à un « besoin présent » n'est pas oisif. Puis une machine n'est pas une « rente perpétuelle », c'est un instrument qui s'use et dont il faut amortir le prix. On voit bien que Sismondi n'a pas approfondi la matière dont il parle. Continuons :

« La division croissante du travail est, comme nous l'avons déjà vu, la plus grande cause de l'accroissement de ses pouvoirs productifs. Chacun fait mieux ce qu'il fait uniquement; et lorsque enfin tout son travail est réduit à l'opération la plus simple, il arrive à la faire avec tant d'aisance et de rapidité, que les yeux ne peuvent le suivre, et que l'on comprend à peine comment la main de l'homme peut parvenir à ce degré d'adresse et de promptitude. » Ce n'est déjà pas si mal. L'auteur continue ainsi : « Souvent cette division fait reconnaître que l'ouvrier n'équivalant plus qu'à une machine, une machine peut en effet le remplacer. Plusieurs grandes découvertes dans les mécaniques appliquées aux arts sont le résultat d'une semblable observation de l'ouvrier ou de celui qui l'emploie. Mais, par cette division, l'homme a perdu en intelligence, en vigueur de corps, en santé, en gaieté tout ce qu'il a gagné en pouvoir pour produire des richesses. C'est par la variété des opérations que l'àme se développe; c'est pour en faire des citoyens qu'une nation veut avoir

4GCi LA. PRODUCTION.

des hommes, non pour en faire des machines à peu près semblables à celles que le feu ou l'eau font mouvoir. La division du travail a donné du prix à des opérations si simples que des enfants, dès le plus bas âge, en Sont capables; et des enfants, avant d'avoir développé aucune de leurs facultés, avant d'avoir connu aucune des jouissances de la vie, sont condamnés en efTet ;\ faire mouvoir une roue, à tourner un robinet, à dévider une bobine. Plus de gallons, plus d'épingles, plus de fils et de tissus de soie et de colon sont le fruit de cette grande division du travail; mais à quel prix odieux ils ont été achetés, si c'est par le sacrifice moral de tant de milliers d'hommes » (p. 396)!

Sismondi a oublié de nous dire comment ces travailleurs auraient pu gagner leur vie, s'ils n'avaient pas eu ce travail, sur lequel il a déjà porté deux jugements différents. Continuons. « Quoique l'uniformité des opérations auxquelles se réduit toute l'activité des ouvriers dans une fabrique semble devoir nuire à leur intelligence, il est juste de dire cependant que, d'après les observations des meilleurs juges, en Angleterre, les ouvriers des manufactures sont supérieurs en intelligence, en instruction et en moralité, aux ouvriers des champs. Ils doivent ces avantages aux moyens nombreux d'instruction qui, dans ce pays, ont été mis à la portée de toutes les classes du peuple (i). Yivant sans cesse ensemble, moins épuifés par la fatigue, et pouvant se livrer davantage à la conversation, les idées ont circulé plus rapidement entre eux; dès qu'elles ont commencé à être excitées, l'émulation les a bientôt mis fort au-dessus des ouvriers de tout autre pays. Cet avantage moral est bien autrement important que l'accroissement de la richesse; tout comme d'autre part la dégradation morale qu'on a vue suivre l'établissement de plusieurs manufactures est un mal qu'aucun accroissement de production ne pourrait compenser... » (p, 397). L'auteur réduit ici la dégradation à un fait propre à « plusieurs manufactures » ; le mal est donc guérissable. Empruntons- lui encore la phrase suivante : « C'est un malheur que d'avoir appelé à l'existence un homme qu'on a privé en même temps de toutes les jouissances qui donnent du prix à la vie. » C'est le père qui

appelle à l'existence », si c'est aussi lui qui « a privé... de

(1) Il y a près de soixante-dix ans que Sismondi a écrit ces lignes, et à cette époque l'enseignement primaire était bien plus avancé sur le continent que dans les Iles-Britanniques.

toutes les jouissances... », la société n'y est donc pour rien. . On ne saurait dire de Ch. Dunoyer qu'il déclame. Après avoir montré {De la liberté du travail^ I, p. 503) que les machines : 1" multiplient la demande de travail; 2" en élèvent le prix; 3° et rendent la tâche moins pénible et moins subalterne..., il ajoute (p. 504) : « Ainsi, quoiqu'elles améliorentle sort de toutes les classes de producteurs, il est peut-être vrai de dire qu'elles sont, toute proportion gardée, plus utiles à la classe ouvrière qu'à aucune autre. Telle est la somme des avantages qu'il est en leur puissance d'assurer à cette classe que, si elle n'abusait pas, comme elle le fait, de la prospérité qu'elles lui procurent (1), elles seraient capables, à elles seules, d'opérer une révolution dans son état, et de lui faire obtenir, dans le partage des produits, une part beaucoup mieux proportionnée à l'importance de sa fonction. » Ch. Dunoyer trouve, en effet, que si le nombre des ouvriers se multipliait moins vite, les salaires s'élèveraient bien davantage.

Proudhon, dans ses Contradictions écon., t. I, p. 143, nous fournira un excellent passage : « La machine est le symbole de la liberté humaine, l'insigne de noire domination sur la nature, l'attribut de notre puissance, l'expression de notre droit, l'emblème de notre personnalité. Liberté, intelligence, voilà tout l'homme. » Mais en voici un autre, qui ressemble à un cliquetis de mots (p. 184). « Réduction de main-d'œuvre est synonyme de baisse de prix, par conséquent d'accroissement d'échanges; puisque si le consommateur paye moins, il achètera davantage. Mais réduction de main-d'œuvre est synonyme aussi de restriction du marché, puisque si le producteur gagne moins, il achètera moins. Et c'est ainsi, en effet, que les choses se passent. La concentration des forces dans l'atelier et l'intervention du capital dans la production, sous le nom de machines, engendrent tout à la fois la surproduction et le dénuement... » Ce n'est pas très instructif, mais cela a l'air contradictoire, et c'est tout ce que voulait l'auteur.

Tous les économistes ayant traité la question, nous ne pourrions que tomber dans des redites en multipliant les citations. Parmi les auteurs français, outre l'intéressant livre de M. Fr. Passy sur les machines, nous signalerons surtout, en y ren-

(1) Mariages prcniaturcs.

voyant, le Traité de Joseph (iarnier et le Précis de M. Cauwès (\) comme très complet sur la matière; on lira aussi avec fruit Les lois naturelles de M. de Molinari (Paris, Guillaumin), p. 70 et suiv.

Les économistes anglais les plus récents n'ont rien ajouté ou modifié aux vues d'Ad. Smith sur la matière. En Allemagne, quelques économistes de renom n'ont pas abordé la queslioUj mais elle a été étudiée par Hermann [Untersuclningen), W. RoscluQV [Ansichten),^mm'm%hdin?,{Allg .Gewerskslehre , i^Q^) , Schonberg {Handbuch, t. II, p. 396 et 400 (2), 1886) et quelques autres. C'est de l'ouvrage de M. de Schunberg seulement que nous allons nous occuper un instant. L'auteur tient surtout à distinguer la petite de la grande industrie, sans oublier de mentionner la moyenne, dont les contours sont si incertains. Le petit entrepreneur travaille de ses mains, il lui faut peu de capitaux, il est seul ou entouré de deux ou trois aides, dont il ne se distingue guère, tout en dirigeant leur travail; ses revenus sont ceux d'un bon ouvrier ou d'un petit bourgeois, c'est-à-dire, les revenus sont bas ou à peu près moyens. Les mots « revenus moyens » sont d'un vague... illimité. H n'est pas nécessairement prospère, ce petit entrepreneur.

Dans la grande industrie, la direction de l'entreprise occupe l'attention tout entière d'un homme, et liouvent il a besoin d'aides : contremaître, surveillants, comptables, etc., les ouvriers sont nombreux, le capital est considérable, le travail est divisé, le produit net constitue généralement un grand revenu. Ce produit, dit M. Schonberg (et j'ai trouvé la même idée dans le livre précité de M. Emminghaus), est plus particulièrement le fruit du capital, comme le revenu du très petit entrepreneur est plutôt celui du travail. Cela est vrai dans une certaine mesure, car, si la grande industrie occupe de grands capitaux, elle emploie aussi de nombreux ouvriers, une masse de travail. Nous craignons seulement que la pensée qui est au fond de la propo-

(1) Nous lisons dans ce Précis, I, p. 234, en note : « Les capitaux engagés dans l'industrie ont en somme plus à souffrir encore que la main-d'œuvre par suite du renouvellement du matériel de production. On en a vu des exemples pour l'industrie métallurgique. Beaucoup de chefs d'industrie ont été ruinés parce qu'ils ne pouvaient, ni lutter avec un matériel arriéré, ni le renouveler assez promptement. (Cela confirme indirectement notre remarque : chacun n'est l'adversaire que des machines qui le gênent.)

(2) Et aussi, mais très brièvement, t. I, p. 223.

sition de M. Sch(")nberg tend à diviser le revenu de l'entrepreneur en 1° salaire et 2" l'intérêt du capital, et comme l'entreprise •est grande, on dit ;\ l'entrepreneur qu'une bonne partie de son revenu vient des capitaux, de la « rente de capitaux », expression équivoque qu'on doit éviter (1). Or, pour nous, le loyer des capitaux (intérêts, zins) ne fait pas partie du bénéfice de l'entrepreneur. S'il est en même temps capitaliste, il touchera en cette qualité les intérêts qui lui sont dus — souteneur de livres l'en créditera séparément — et son bénéfice sera également noté à part. Nous n'admettons pas volontiers le mot salaire, car l'expression n'est pas bonne, le mot salaire est réservé à une rémunération fixe, mesurée au temps ou à la tâche et n'a rien d'aléatoire, tandis que le bénéfice est essentiellement incertain, il dépend de la justesse des calculs et des prévisions de l'entrepreneur et de la faveur constante des conjonctures (voir le chapitre spécial).

M. Schonberg aborde la question de savoir si la petite industrie et la moyenne peuvent concourir avec la grande. Les socialistes, dit-il, sont d'avis que la grande industrie absorbera nécessairement la moyenne et la petite; certains auteurs, comme Held, etc., pensent que l'absorption ira loin, mais ne sera pas complète ; M. Schonberg trouve, avec raison, qu'ils ont tort les uns elles autres. Il montre que pour certains produits (locomotives, ponts en fer, canons, marteaux à vapeur, etc.), les grands établissements avec leurs machines et leur nombreux personnel sont tout à fait indispensables. Mais ces produits sont exceptionnels, la majeure partie des objets en usage pouvant ■être établis indifféremment sur une grande ou sur une petite échelle. Pour ceux-là, la production en grand a incontestablement des avantages : 1" En grand, l'industrie produit à moindres frais, «lie peut employer des entrepreneurs très capables, utiliser des machines qui seraient trop chères pour de petites entreprises, se procurer à de meilleures conditions des matières premières et du crédit, tirer meilleur parti des instruments et les remplacer plus aisément; le personnel de ces grands établissements est plus choisi, car ils peuvent l'occuper plus régulièrement et le mieux rétribuer, la division du travail est poussée plus loin,

(1) Cette expression rappcllo trop les tliôorics do Rodbcrtus. Il est d'usaf^o de dire les intérêts du capital, ot Ton doit s'y tenir, >>l l'on ne veut pas produii-e de confusion.

les frais généraux sont moindres, etc. ; 2" Ils peiiventfournir des produits plus beaux, plus solides, nnieux confectionnés, 3" Ils peuvent enfin réaliser plus vite les commandes, ils offrent un plus grand choix, des provisions plus considérables... Ces avantages sont certains, mais ils ne sont pas partout, ni toujoiu-s, réalisables, les conditions de succès ne sont pas réunies dans tous les cas.

Il reste donc un champ très vaste — peut-être le plus grand — qui sera toujours le domaine de la moyenne et petite industrie, où elle pourra soutenir la concurrence, savoir : 1° la réparation des produits déjà en usage ; 2° les productions (d'objets neufs) quand : a, le produit doit être préparé dans la localité où on le consomme et lorsque cette localité n'offre pas un marché assez grand à la production en masse fpar exemple, boulangerie, boucherie, etc.) ; <5», quand la production n'exige, ni grands capitaux, ni grande capacité, qu'elle peut être exercée par le premier venu ; c, quand le produit n'exige pas la coopération de plusieurs personnes, mais plutôt de l'habileté manuelle et du goût; d, quand il est fait sur commande et doit s'adapter à la personne, à ses habitudes, etc. Ce domaine est immense, et la petite industrie pourra efficacement se le conserver en multipliant les associations, sociétés de crédit et autres; en répandant les petites machines, celles qui n'exigent que peu de force; en assurant une bonne instruction aux apprentis et par d'autres moyens semblables.

La lutte entre la grande et Li petite industrie, qui a commencé au siècle dernier, n'est pas terminée et il y a, comme dans toutes les luttes, des victimes, mais la grande industrie est un progrès certain, évident, qu'il faut accepter malgré les inconvénients qui peuvent s'y rattacher; ces inconvénients, on cherchera à les atténuer, à les faire disparaître si c'est possible, mais en aucun cas on ne peut mettre un frein à l'esprit d'invention, et il n'y a pas à songera garantir artificiellement à la petite industrie la vente de produits que la machine fait aussi bien et à meilleur marché. Nous sommes heureux de pouvoir adhérer sans restriction à ces vues de M. Schonberg.

RI. G. Boccardo, EconomJa politica, 2" vol. (Turin, 1885, 7'' édit.), p. 128 et suiv., traite de la grande et de la petite industrie. Il les distingue ainsi : dans l'une, peu de capitaux, peu de machines, peu de bras et l'entrepreneur attend les com-

mandes; dans l'autre, beaucoup de capitaux, de machines, d'ouvriers et l'entrepreneur n'attend pas les commandes. Cela n'est pas très exact. Dans beaucoup de grandes industries on attend également les commandes. Je ne crois pas qu'on fasse, par exemple, des locomotives ou des bateaux à vapeur autrement que sur commande.

Les avantages de la grande industrie sont, d'après M. Boccardo :

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