‹ Les projets de 1793 à 1810 [microforme]Chapitre 2 sur 5 · IT · texte numérisé non relu

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Chittenden, opposé à l'union, r'osa pas la combattre Par crainte de la majorité, ou plutôt dans l'intérêt de son poste, car la majorité était mécontente de la loi du 18 février. Au mois de juillet rien n’était encore changé de l’ancien état de choses, mais en novembre on entra pratiqÜement dans l'union. Chittenden se fit battre par un nommé Robinson à la première élection, puis l’on s'aperçut que de graves irrégularités avaient été commises, on recommença l’appel au peuple et Chittenden se trouva Souverneur du nouvel Etat.

Ethan Allen, était mort à Burlington le 13 février 1789. Ira Allen, dominé par la crainte de perdre ses terres des frontières, ne s'était pas remué, Levi Allen, un jeune, de la même famille, était furieux contre Ira, contre le Congrès, contre l'union; il s'adressa au &uuverneur Simcoe, qui fondait en ce moment le Haut-Canada, et lui fit croire que la faction

lSociété Royale, 1906, I. 123,

(le cinquième ci-dessus) la plus importante du Vermont était disposée à se joindre aux Canadiens. En même temps, Lévi parle commerce, industrie. On lui donne des terres, il construit un moulin, fait acte en tous points d’un véritable sujet britannique. Ceci se passait en décembre 1791. Pour clore l’année, Ira Allen fonde, de ses propres deniers, l’université du Vermont; déjà, en 1789, il avait donné les terrains nécessaires, puis dressé le plan de l'édifice comme le plan d'instruction; il compléta l’œuvre en déboursant une somme d'argent qui répond à 850,000 de nos jours. Vers le même temps, Lévi disait qu’on ne pouvait rien tirer d’Ira à cause de son avarice. La vérité est tout autrement. Ira était un exalté, ce qui ne l'empêchait pas de s'enrichir, mais sa passion dominante le portait plutôt du côté du sacrifice que de l'amour sordide de l'argent. Celui qui recherche uniquement la fortune ne se met pas, comme il l'a fait, dans les conspirations et surtout il ne conspire pas en faveur des gens qui se moquent de lui. Ce fou lucide a tout essayé pour être pendu.

L'engouement des Américains pour la révolution française s'explique sans difficulté; elle est naturelle au début. Mais en 1792, elle devint de l'enthousiasme par suite de ses excès, ce qui n’est pas eroyable. Les massacres des Suisses de la garde royale, l'arrestation de Louis XVI, les massacres de septembre, provoquèrent des manifestations de joie insensée. On applaudit l'ouverture de la Convention, le fonctionnement de la guillotine, les victoires de Valmy, de Jemmapes, l’annonce du procès du roi, &c.

Les hommes sages n’ôsaient ouvrir la bouche, tant le republicanisme devenait féroce. Survinrent l'exécution de Louis XVI (21 janvier 1793) le décret contre le clergé condamnant à l'exil 40,000 personnes, la guerre (février) entre la France, l'Espagne et l'Angleterre, la marche des armées autrichienne et prussienne contre la France et le peuple américain s’entiammait de plus en plus. Enfin, l’automne de 1793, ce fut un délire aux Etats-Unis lorsque l’on sut que la France avait repoussé la coalition. On alla jusqu’à supprimer les qualificatifs de Monsieur, Docteur, Révérend pour s'appeler Citoyen. Le costume, les discours, la conduite des gens étaient copiés sur la forme et le ton parisien. Un auteur sarcastique proposa de dire Bipède au lieu de Citoyen, comme plus approprié à la nature des êtres. Les Canadiens voyaient avec horreur ce qui se passait en France; ceux qui avaient été, en 1787, entraînés par les idées nouvelles revenaient sur leurs pas et mettaient leurs compatriotes en garde contre nos voisins.

Wasiington, entrant le 4 mars 1793 dans sa seconde présidence, était en face d’une rude tâche. Il n’était pas du “parti français” et se tenait sur la plus stricte réserve à l’égard de la révolution, mais le peuple savait ce qu’ilen pensait. A partir de 1794, il se dépopularisa chaque

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{suLre] LES PROJETS DE 1793 A 1810

Les Girondins, qui av menées de Morris avec l’ virent à M. de Ternant prier Washington de le faire. A quelques semaines de 1: ; tête, mirent la main su ut l'ami du parti, attendu que les Girondi Cette situation anormale d’un ministre angl e représentant une nation républicaine dura jusqu’à la fin de 1794, six mois après la chute de Robespierre.

Vers la date (novembre 1792) où M. de Ternant recevait la demande du rappel de Morris, les Girondins lui nommaient un successeur auprès des autorités américaines. Ici nous entrons dans les complots qui sont Je sujet du présent travail.

Ternant avait été envoyé à Philadelphie par Louis XVI. Il était donc suspect aux yeux des révolutionnaires, Mais non pas dans l'estime Ce Washington et de son entourage. Son remplaçant changea la situation du tout au tout.

En matière de politique international deux sujets de profond mécontentemen

uisiane, six postes (Détroit, par exemple) u traité, tant que les créances des ées. Les Girondins, ant des Etats-Unis, à l'Espagne. Ils s’ima-

vertus de la révolution !

e plan causerait au gou-

Loin de là! Brissot et res collègues se félici-

taient de lui rendre service “tout comme avait fait Loui: Ces ineffables politiciens trouvè

Ed- 53, avait été étrangères et

(1779) attaché militaire à l'ambassade de Berlin, d'où il pasa (1780) à l'ambassade ce Vienne, puis (1781) fut nommé chef du bureau des truducteurs des affaires étrangères à la place de son père qui venait de mourir. Protégé de Marie-Antoinette, à cause de madame Cuinpan, on l'envoya (1787) à Saint-Petersbourg comme secrétaire de légation et, en octobre 1789, il devint chargé d'affaire au départ de l'anbussadeur le comte de Ségur.

Le grand-duc Paul l'avait en horreur, en raison de es principes politiques. L'impératrice Catherine le battait à froid. Au printemps de 1792 elle le chassa. Ségur dit qu’il était spirituel, instruit, possédant plusieurs langues, avait quelques talents agréables, “ mais sa tête était furt vive.” Il paraît être rentré en France au mois d'août avec la réputation d'un homme qui brave les tyrans, selon la manière de parler de cette époque. En novembre il eut une courte ambassade du côté de la Hollande et retourna à Paris au moment où l'influence des Girondins était à son apogée. Vers le milieu de décembre, on le nomma ministre plénipotentiaire aux Etats-Unis, sans avertir Morris, ni par conséquent Washington. On lui donna pour secrétaire le baron Pichon, un homme souple, approprié au genre de service qu'on exigeait de lui, et qui resta pareillement avec Fauchet.

Rolland, Brissot, Lebrun écrivirent les instructions de Genet dans le sens indiqué plus haut, en ajoutant qu’il x urrait délivrer des lettres de marque aux consuls français des Etats-Unis pour armer des corsaires en course contre la marine anglaise. Conway(!) dit que Jefferson et ses amis encourageaient cette ligne de conduite, tandis que Washington seul travaillait à un traité avec l’Angleterre. Le 21 janvier, jour de l'exécution de Louis XVI, Genet était encore à Paris. Les Girondins pliaient. Robespierre et les Jacobins triomphaient.

Lorsque l'on apprit dans la capitale américaine la nomination de Genet, Washington et son conseil, raisonnant mieux que le peuple, se demandèrent s’il était convenable de recevoir un délégué ou des Girondins ou des Jacobins. S'ils avaient donc connu Genet! En avril, tout préoccupé de ce sujet, le conseil fit une proclamation de neutralité, avertissant les Américains d'avoir à s’y conformer sous des peines sévères, mais une partie du peuple, les basses clasess, ne l’entenait pas sur ce ton, de sorte qu'on vit bientôt se dessiner une crise presque générale dans le pays. Le 22 avril arriva la nouvelle que (Genet était débarqué à Charleston avec les allures d’un sauveur de nation.

La marche triomphale de Genet, de Charleston à Philadelphie, est la plus extraordinaire entrée én scène que l'on rencontre dans l’histoire de ln diplomatie. Les fêtes se succédaient, les adresses pleu-

@) Dans l'histoire de Thomas Paine.

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suzri:] LES PROJETS DE 1793 A 1810 29

vaient de la part des Allemands, des Français et des Américains. Genet faisait de la propagande jacobine avec d'autant plus de succès qu'il était orateur bouillant, parlait aisément l'anglais, le bon comme le mauvais, écrivait d'une plume brûlante, et toujours activait la haine contre l’Angleterre qui était vivace dans cette population. Vrai brandon de discorde, méprisant les lois et toute autorité, il s’avançait vers la capitale à la manière d’un conquérant et ce qui devient incroyable c’est que cette ville elle-même gagna la fièvre avant son arrivée dans ses murs, Il semblait que la république américaine fût entre les mains de ce maître sans-culotte.

Ces démonstrations l'enivraient, 1] s'arrêtait en route pour en jouir. Le mois de septembre approchait lorsqu'il se décida à se faire voir à Philadelphie. I] Y avait dix-huit semaines qu'il parcourait les Etats de l'Est en dictateur, acquérant de plus en plus de la popularité. Sa réception aux abords et à l'intérieur de la capitale dépassa toutes mesures, avec la note des extravagances de Paris. Le gouvernement se renferma dans ses bureaux, ne pouvant pas même protester contre de tels abus. L'ambassadeur se logea commodément et attendit. Au bout de quinze jours, ne voyant rien venir il écrivit pour demander audience. Elle eut lieu, froide, courte, sans paroles, sauf:

“C'est vous qui êtes... —Oui— Nous communiquerons avec vous, selon le besoin.‘ Pas davantage. (ienet, furieux, éclata comme le Père Duchesne—mais il attendit d’être retourné à sa résidence pour cela: ensuite, le 1S septembre s'adressant au ministère qui avait confirmé ion, il rage et finit par dire que “le premier magistrat d’un peuple libre décore son salon des portraits de Capet et de sa famille, peut-être Pour servir de signe de ralliement aux royalistes comme à Paris.”

Durant sa campagne de Charleston à Philadelphie, avant que de <e présenter officiellement aux autorités, (ienet ordonna aux consuls françai. des Etats-Unis de se constituer en cours d’amirauté. En même temp: il achetait des bâtiments, les armait en course, montés par des équipages américains, sous pavillon tricolore, pour faire la chasse au commerce anglais. Cette insolence prit des proportions épiques—elle n’a pas de pendant en histoire. Un navire anglais fut capturé par ces corsaires dans les eaux des Etats-Unis. Washington le fit libérer, A ce sujet, il écrivait, le 12 juillet 1793 que “le ministre de la république française continue impunément à ne tenir aucun compte de notre gouvernement et il va jusqu’à nous menacer d’un appel au peuple améri- Cain. Qu'est-ce que le monde pensera d’une telle conduite et de nous qui la souffrons ?

De septembre à décembre notre homme continua es provocations et ses insolences, Washington écrivait, le 5 décembre. “Tous ses

eftorts tendent, à nous engager dans une guerre contre la Grande-Bretagne et semer l'anarchie dans notre peuple.”

Visant plus haut, Genet se fit réformateur, apôtre en chef de la liberté à sa manière. Il voulait rendre le gouvernement américain plus démocratique et il alla jusqu’à tenter de ruiner le crédit de Washington. Il travailla constamment à préparer une attaque d' possessions anglaises et telles étaient son activité et son énergie qu’il commença des hostilités contre les Espagnols de la Louisiane.

Le bruit courait que des émissaires à ses gages pratiquaient les Canadiens(!) dans l’espoir de les soulever contre l’Angleterre. Ceci pouvait se faire plus aisément avec la participation des gens du Vermont et Genet n’y manqua point. Chittenden et les gens “bien pensants” ne cherchaient qu’à faire pièce aux Etats-Unis et se tenaient en bons termes avec Québec, mais un assez grand nombre d’autres voyaient dans l’Angleterre l'ennemi qu’il fallait combattre. L'automne de 1793, alors que les menées de Genet embrassaient le Canada, Ira Allen et Lévi Allen étaient en correspondance avec Simcoe sur un pied confidentiel et même intime, au sujet d’une alliance des deux colonies, soit dans leur intérêt personnel, soit pour masquer le jeu d’un certain parti.

Dès le 8 février 1793, à la déclaration de guerre, le secrétaire des colonies avait expédié de Londres aux gouverneurs des colonies — Haut-Canada, Bas-Canada, Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick— des instructions relatives à la défense. Il est à croire que le gouvernement britannique ne redoutait rien du côté des Etats-Unis, étant persuadé que Washington ne voulait pas revoir les Français en Amérique et de plus qu’il détestait la Convention. :

Un nommé Mezières, qui avait été quelque temps secrétaire de Genet, fut signalé, au mois de septembre, comme se rendant au Canada par le Vermont, pour faire de la propagande sous un nom d'emprunt. On le disait jeune, avenant, d’une grande adresse, excellent parleur jacobin.

Le 5 juin 1793 Genet avait nommé consul de France un aventurier connu sous le nom d’Antoine Charbonet Duplaine et celui-ci s'était emparé d’un navire anglais. Comme il n’obéissait pas aux injonctions du cabinet de Philadelphie, disant ne pas le reconnaître, Washington signa, le 10 octobre, une proclamation le démettant de sa charge—c'est vers cette date aussi qu’il demanda à Paris le rappel de Genet.

Dans ce mois d'octobre, on apprit à Québec qu’une flotte française composée de deux vaisseaux de 74 canons, deux grandes frégates, un sloop et deux bricks armés, était partie de New-York, amenant des pilotes connaissant Halifax et le Saint-Laurent; que ses troupes de dé-

(:) Ici j'entre dans les papiers secrets déposés aux archives d'Ottawa.

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sure] LES PROJETS DE 1793 A 1810 31

barquement s’élevaient à 2,500 hommes Pourvus de vêtements d'hiver: que dans le nombre il Y avait cent Irlandais du corps de Galbaud, () gouverneur de Saint-Domingue, puis une bande de chenapans qui refusent d'obéir au Bouvernement des Etats-Unis. Le conseil exécutif de Québec s'assemble Pour prendre des mesures afin de protéger les navires marchands en Partance, qui portaient des Cargaisons attendues avec hâte en Angleterre. Le capitaine Minchin, de la frégate royale Severn fut chargé d'est rter ces navires. On décida que ceux-ci iraient aussi loin que possible, mais rebrousseraient chemin à l'apparition de l'ennemi. Halifax mit sur pied 1,000 miliciens. On n'eut pas connaissance de la flotte en question. Mais Galbaud était à Montréal, avec un aide-de-cump et un sergent.

Ils disaient avoir quitté 1 a suite d’une querelle entre eux et (ienet. était-ce qu'un artific

ertain qu'ils avaient

classe du peuple.

écrivait, le 23 oc faux principes, endoctrinés. Ii dit neur de Saint-Pierre et Miquelon, est à Qu Parole. Quant à Galbaud, il voudrait passer , Mais ceci n’est Pas acceptable: alors voyant son cou vec l’aide-de-camp vers les Etats-Unis. vern qui partira bientôt.

Pour 6 £ et fut rappelé par Robespierre qui ne i , de plus, désapprouvait tous les agisseambassadeur, Comme Genet était persuadé qu'on lui Couperait le cou s’il revoyait la France, il resta aux Etats-Unis, se maria avec la fille de George Clinton, déjà mentionné, et vécut jusqu'au mois de juillet 1834. Il avait publié, en 1777 et 1778 des ouvrages sur la Suède et la Finlande, qui sont avant tout des traductions. Son fils, George Clinton Genet, avocat de New-York, à écrit des Pages d’histoire.

L'année 1794 con clandestine répandue dans le Bas-Canad: urs frères les Canadiens.

la Convention, à st. Domingue,

rre civile. Il y eut des massacres.

» Gi écrasé, re de gens, ct arriva à la baie de Apeake, puis se rangen sous les ordres de Genet. Ê

Je regrette de ne pas l'avoir vue, elle renterme, sans doute, de choses que nous ne connaissons pas.

Une lettre de Dundas, ministre des Colonies, en date du 15 février 1794, annonce à Dorchester que 2,000 fusils avec accessoires sont en route, et il le prie de lever deux bataillons de Royal Canadian Volunteers. I! s’agit, dit-il de réveiller le sens martial chez les Canadiens... mais on l'avait laissé disparaître intentionnellement depuis une trentaine d'années, et la nouvelle génération n'en voulait pas entendre parler.

Dans ce mois aussi le baron Carondelet, gouverneur de la Louisiane pour l'Espagne, écrit au général Simcoe que les jacobins de Philadelphie ont publié une circulaire au sujet de la Louisiane et que le brigadier Clarke, agent de Genet, essaye d'enrôler 5,000 hommes sur l'Ohio pour marcher contre cette colonie. Il parle d’un Flamand du nom de Péan qui achète des fourniturr: dans le même dessein.

Genet pouvait être encore en fonction puisque Fauchet n'arriva que le 21 février. C'était un digne continuateur. Jean-Antoine-Joseph Fauchet, né À Saint-Quentin en Picardie, 1761, était chef de bureau dans l'administration de la guerre en 1791, secrétaire de la mairie de Paris en 1792, et, la même année, secrétaire du pouvoir exécutif. Comme Genet il tait de la fine fleur du jacobinisme. Lord Dochester dit que le système des agents envoyés par Genet pour visiter le Bas- Canada resta le même sous les ordres de Fauchet.

Le défilé des rôdeurs en question était devenu familier aux Vermontois et ils en conclurent que le Canada devait posséder bien des attraits puisque les étrangers le convoitaient avec tant d'ardeur. En avril 194, les autorités du Vermont voyant le nouveau ministre de France tout aussi actif de ce côté que son prédécesseur, voulurent lui couper l'herbe sous le pied en s’emparant du Canada. Elles en firent la proposition sérieuse au Congrès, en appuyant sur ce fait que le Congrès n'aurait rien à débourser attendu que la guerre paie la guerre on ne demandait que la permission de piller. TL'effervescence des esprits à cette époque nous mène toujours de surprise en surprise.

Les propagandistes avaient maintenant un thème sur lequel ils pouvaient broder des discours sans fin, savoir: l'armement des Canadiens, par le bureau de la guerre de Londres. Outre l'organisation des Volontaires Royaux il y avait un projet de lever 2,000 miliciens, aussi volontaires, qui resteraient dans leurs foyers la plupart du temps. Sur cet article, les habitants se montraient froids, n'ayant jamais eu le goût des armes. La paix! laisez-nous en paix, disaient-ils. Le penchant militaire n'existait plus; il était mort avec les derniers milicien< du régime français, mort parce que les autorités britanniques avaient pris le soin de ne pas l'entretenir. Pour le faire revivre, il aurait fallu du temps et surtout un autre motif qu’une lutte contre la France, car si les

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lsuvre] LES PROJETS DE 1793 À 1810 33

Canadiens ne désiraient point se revoir entre les Mains des Français, du moins ils ressentaient une certaine pudeur à verser leur sa, g,

—seulement ils n’aimaient Pas le métier militaire, ni les frais de justices trop lourds, ni les exaction : de certains seigneurs, et, dit M. Monk, en prévision d'événement fâcheux, ils ramassent l'argent monnayé en circulation et le gardent au fond de leur bourse,

Le procureur-général James Monk disait de plus que les Canadiens, en général, ne feraient rien contre une invasion ou se porteraient vers l'étranger. Ii ajoute: “ remarquez la manifestation publique de sentiments s6litieux à la Parade de Québec.” Ce jour-là personne n’a été arrêté.“ On voyait la timidité de ceux dont le devoir eut été d’agir avec résolution,” c’est-à-dirs les magistrats, les bourgeois, &e., de la classe élevée. “Les émissaires ont îté jusqu’à dire qu’il serait facile de saisir Québec et que les Canadiens sont fous de se laisser mener Par quelques

Préparé une invasion par la voie du lac Champlain et de Saint-Jean. La manifestation générale de sentiments de défection que l'attente de ces événements a suscitée, montre qu’il faudrait peu de chose pour faire perdre cette province À Sa Majesté, si le Bouvernement ne renforce pas les troupes réglées, chargées de la défense.” Le bagout des meneurs français avait beau jeu avec l'ignorance des Canadiens; c’est ce que M. Monk compread—mais comment y remédier?

On soufflait aux Canadiene de se plaindre résolument des frais de justice qui, à vrai dire, étaient trop élevés par suite du système d’honoraires établi en faveur des employés de cette branche du service public, mais il n’y avait Pas de quoi faire une révolution, massacrer les gens, brûler les maisons et appeler au gouvernement du pays les malandrins du sieur Genet. La réforme en Pareil cas se fait sans égorger personne et on se passe très bien de cocarde tricolore. Nous avons eu, nous avons à présent et nous aurons toujours quelque chose de ce genre qui cloche et que l’on corrige sans courir aux armes.

Les jacobins se donnaient la peine de crier très fort contre les abus des seigneurs, comme si les Canadiens avaient eu besoin de ces apôtres

M. Monk, Procureur-général, blâme la conduite des seigneurs. Nous allons voir comment cette question si simple fut réglée.

Quelques années après la cession du Canada, le ministère de Londres voulut s’attacher les seigneurs Par des nominations aux emplois civils, et, Successivement, les nouveaux Partis au pouvoir dans le parlement adoptèrent cette politique. Quelques Canadiens eurent des sièges au conseil. L'influence des seigneurs comptait pour beaucoup

Sec. I., 1911. 3,

dans le pays, au commencement du régime anglais. On leur ouvrit même des emplois dans l’armée, pour ceux de leurs fils qui avaient des tendances à la vie militaire, mais le nombre de ces officiers fut toujours restreint, vu leur manque de moyens pour acheter des commissions et vivre au service selon le grand train de vie des Anglais. Les seigneurs ne surent profiter de la situation qui leur était faite dans les affaires du pays que pour se procurer des avantages personnels et, encore, ils y allèrent avec une tièdeur remarquable, se contentant, presque tous, de toucher les émoluments attachés à leurs places. Vers 1790, les habitants disaient hautement que cer’ ? classe d'hommes ne représentait qu'ellemême et non pas la population. Néanmoins, à la première élection, le nombre de seigneurs envoyés en chambre pa: le vote populaire fut considérable, mais au second parlement on n'e1 revit presque aucun. Ils étaient alors entrés dans le régime des abus envers les censitaires et, ceux-ci s'en prenaient à l'administration qui semblait tolérer ces exigences; seigneurs et gouvernement étaient mal vus parce que on les croyait d'accord pour oppresser l'habitant. De cette manière disparurent de la vie publique plusieurs familles notables qui étaient appelées à jouer un rôle marquant, à remplir des devoirs honorables et productifs tant pour elles-mêmes que pour le pays, mais cette classe de privilégiés ne sut pas le comprendre.

En beaucoup de choses cv. *ernant la tenure seigneuriale, on s’était départi, au cours des dernières années, de certaines coutumes et usages, mais comme le résultat tournait toujours à l'avantage des seigneurs, les censitaires se plaignaient, s’en prenaient au gouvernement et cela suffisait pour préparer le terrain aux agitateurs des Etats-Unis. Le due de Portland insistait pour que toutes les questions de terre en seigneuries fusrent traitées rigidement et uniquement d’après l’ancien système des tribunaux français du Canada, qui avait été de tout temps la sauvegarde des censitaires.

Des papiers séditieux répandus dans les campagnes grossissaient cette affaire (banale et corrigeable sans violence) au point d’en faire un grief contre l'Angleterre. Lord Dorchester pensait qu’il se formerait un parti aristocratique et un autre démocratique luttant l’un contre l'autre:—la chose n’en valait pas la peine! Au fond, qu'est-ce qu’il y avait dans cette crise idiote? Certains acheteurs de seigneuries, mettant de côté les lois et les coutumes, tâchaient d’élever le taux des rentes et allaient jusqu’à menacer de la justice ceux qui repoussaient leurs prétendues réclamations. En dix minutes, M. de Rocheblave plaça la question devant l’assemblée législative; le solliciteur-général, Jonathan Seweli, donna une opinion favorable aux censitaires. Les seigreurs voulurent commencer «les poursuites, mais Henri Dundas, ministre des Colonies, appuya Sewell et déclara qu'il suffirait d’un procès pour tout

{suurr] LES PROJETS DE 1793 A 1810 35

régler car on n’en permettrait pas un second. Le calme se rétablit sur ce point important de la politique du jour,

Le 25 avril 1794, à Montréal, on devait mettre au pilori un nommé Léveillé, un filou, mais il Y eut émeute et le condamné s’échappa. Or l’émeute n'agissait Pas en faveur du condamné et ceux qui la conduisaient n'étaient Pas des Canadiens, Aux environs de Montréal on remarquait l'existence d'un esprit turbulent tout à fait nouveau, On parlait de résister à la loi de mi ce, de forcer les prisons, &e. A la fin de juillet Léveilié retomba aux mains de la justice et fut gracié à la demande des magistrats, L'un des meneurs de l’émeute fut arrêté, Le calme se ré‘ablit momentanément,

En juin un nomn hison.

massacrer les Anglais,

M. Monk assure qu'il n Çais.

geance, &e., mal appliqués, m surtout par la canaille.

Les déragogues fran

s qui ne veul,

damna sept hommes

pour trahison faite pour attaquer la prison

et les meneurs iers dans les cam agnes avec gn

ordre de brûler les maisons de ceux qui refuseraient de se joindre eu mouvement, mais la justice était sur ses gardes et le complot manqua son effet. Restaient sous les verrous quatre individus accusés de sédition. Des clubs se formèrent dans les campagnes pour les délivrer. Les juges de paix et les miliciens réprimèrent ces agitations; les chefs se sauvèrent aux Etats-Unis, d'autres sur “des vaisseaux français,” de New-Yc*k probablement.

L'acte de milice, l'acte des étrangers, la suspension de l'habeas corpus, les ju: + de paix un peu plus stimulés que d nabitude à l’égard de leurs devo, le développement de la Loyal Association produisaient des fruits, mais il était temps car le district de Montréal commençait à donner dans les principes révolutionnaires,

Le général Simcoe écrivant au ministre à Londres, le 5 août 171, rapporte que les gens de New-York font courir le bruit que le Vermont est prêt à engager les hostilités contre le Canada, ce que Simcoe prend pour un canard. Il est sous l'influence des Allen et ne voit que par eux, c'est pourquoi il affirme que le Vermont est plutôt avec le Canada et il le tient du gouverneur Chittenden, du général Allen, du colonel Allen, de Lévi Allen.

Lcrd Dorchester est moins optimiste. Le 4 septembre il dit clairement qu’il a trouvé des choses étranges dans la province, depuis son dernier voyage en Angleterre: “J'ai bien vite découvert qu’un esprit éloigné de la bonne entente anime les Etats-Unis—il y a là une animosité intense; on fait des efforts extraordinaires, tantôt cachés, tantôt ouvertement, pour enflammer le peuple. Toute chose tend à une rupture, tout ferriente comme sous une influence occulte—je dirai l'influence française. Dans le Bas-Canada la cause britannique est peut-être en péril. Je crois voir une crise prochaine. Ici comme chez nos voisins, l'opinion publique a été travaillée au moyen du vieux truc politique qui consiste à parler avec horreur de notre “insigne mauvaise foi, injustice et déloyauté.” Alors le peuple prétant à ce qui s’est passé récemment et aux questions du jour une importance et une couleur exagérées, il s’est crü en sûreté auprès des jacobins, les uns ne prévoyant pas à quelles extrémités cela pouvait conduire et les autres prêts à pousser jusqu’au bout—tous désireux de profiter de l’embarras supposé de nos affaires, et tous convaincus que nous n’oserons pas résister. Indépendarment de l’inclination personnelle et du devoir publie, ce serait presque folie pour un commandant en chef, dans ma situation, sans troupes, sans autorité, avec une population presqu’en armes contre le roi, de provoquer, de son propre mouvement, les aggressions, où de commencer les hostilités. Le mépris avec lequel les Etats-Unis traitent le Canada, témoigne assez de leur connaissance de notre situation critique. Ils savent qu’on laisse à nos seuls et faibles efforts le soin de le conserver.

[CUIR 73 | LES PROJETS DE 1793 A 1s10 37

reconandent la

>ncert avec le cabinet de Etats-Unis toutes sortes de nouvelles disant

, Il ne voulait Pas revoir les Français en Amérique, et, par conséquent était opposé à leurs tentatives sur le Canada. Nos voisins, dit M. Monk(t), qui semblent favoriser ces fauteurs de révolte, s’apercevront, si le Coup réussit, qu’ils ont joué le rôle de dupes e que tous nos

qui conduiront à rébellion paraît êt Le danger n’ às-Canada. Dans le Haut-Ca-

nada s’exer Pendant longtemps, au Ken-

» à guerre parut inévitable.

choix bre du

sur le Canada et de prendre les postes dont la possession était contestée aux Anglais; que des officiers français avaient levé des miliciens dans le but d’une invasion—et tout cela n’était que la pure vérité, comme nous le savons à présent. L'automne de 1794, Genet, qui se mélait encore d’intriguer, offrit trois cents commissions en blanc, rédigées en français, au général Clarke, au colonel Lyon et à Graham, aide-de-camp de Chittenden—tous trois parents ou alliés de ce gouverneur.

Washington voyant que les relations entre l’Angleterre et les Etats- Unis prenaient de plus en plus un caractère alarmant, fit choix d’un homme habile, John Jay, qu’il chargea d’instructions précises et toute pacifiques, dans le but de conclure un arrangement qui pourrait sauver la situation en faisant disparaître le malentendu qui règnait partout d’un pays à l’autre. Jay arriva à Londres le 15 juillet 1794. Au milieu de septembre les bases d’un traité de bonne entente, commerce et navigation étaient acceptées de part et d’autres. On tenait l’affaire secrète pour le moment. Le 19 novembre tout était signé. Les démocrates américains n’en voulurent pas, disant que c'était un acte de soumission à la Grande-Bretagne, mais il y avait, aux Etats-Unis, une majorité mécontente de la France qui aurait volontiers fait corps contre elle avec l'Angleterre. Dans ce dernier pays, l’opposition disait que Jay avait joué Grenville. Le sénat américain fit mauvais accueil au traité qui, cependant passa par vingt voix contre dix, avec suspension de l’article 12 concernant la presse des matelots. C'était l'établissement d’un paix ‘ vrmelle. Le parti favorable à la France, la basse classe, manifesta son animosité par des actes de violence et les Français furent, plus que jamais, regardés pas elle comme alliés naturels. Washington reçut sa bonne part des outrages de la populace qui détestait sa politique de neutralité. :

Le représentant des Etats-Unis en France était James Monroe. très bien vu parce qu’il était carrément anti-anglais, mais le traité de Jay rendit sa position impossible, il s’en alla. Cotesworth Pinckney, son successeur, reçut un accueil froid.

Dans les années de trouble et d'incertitude, l'imagination s'exerce à tort et à travers. Les rapports ne sont pas scrutés, pesés, analysés, au contraire, on les amplifie, et leur absurdité ne frappe que le petit nombre des intelligences. Les basses classes sont toujours mdifférentes ou trop impressionnées. Dès qu’elles adoptent une idée elles la poussent à l'extrême. Si elles restent froides, la raison ne saurait les émouvoir. C'est du sentiment: dangereux d’un côté comme de l’autre. La haute classe, parmi les Cartadiens, paraît avoir été unanime à mépriser les eou-

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(SULrE] LES PROJETS DE 1793 A 1810 39

reurs d'aventures qui cherchaient à enflammer les masses; je suis porté à croire que son action a été directe et effective. Tel habitant que les théories des agitateurs ébranlaient a dû rentrer en lui-même en entendant un commerçant, un notaire, un ecclésiastique les rejetter par un mot de mépris ou un simple haussement d'épaule. Comme disait le Bouverneur Milnes, “les Canadiens sont des hommes tranquilles, ” par conséquent les doctrines échevelées des révolutionnaires ne devaient captiver que les têtes chaudes, c’est-à-dire le tout petit nombre. Ensuite, comme cela s’est vu en tout Pays, dix hommes qui font du ta- Page paraissent représenter cent mille individus qui ne bougent pas. Ceci n'aurait guère gêné le Rouvernement si ce même gouvernement n'eut été composé de personnes étrangères au Pays et préjugées à l'égard des ‘nouveaux sujets.” Le bon sens des Canadiens, ne pouvant se fier à l’administration qui les Suspectait, se repliait sur lui-même et faisait bien, mais les autorités, voyant cette espèce de réserve qui semblait être de la tiédeur, de l'indifférence peut-être, ou encore de la répugnance, s’alarmaient sans se rendre compte de l’anomalie de la situation. A tout prendre, les Canadiens de 1793-1810 ne se sont pas fait de mauvais Sang à cause des tentatives des émissaires français et américains, mais le gouvernement s’est complu à tomber d’une alarme dans l’autre et à donner du Corps à ses préjugés, ses visions, ses chimères.

Les récoltes de 1794 et 1795 avaient produit moins de la moitié de ce qu’elles semblaient Promettre. L’exportation en Grande-Bretagne avait tout enlevé, par le fait des accapareurs. Une ordonnance parut, l'automne de 1795 prohibant ce commerce, mais on avait donné le temps aux meneurs de brasser cette affaire et d’aigrir les gens faciles à aveugler. Les Canadiens ne connaissaient pas les journaux; une partie d’entre eux furent ébranlés par les circulaires et les brochures des agitateurs. Pensez donc! c'était imprimé, est-ce que le papier pouvait mentir? .

Les agitateurs de 1793-1810 partaient du principe qu'il fallait arrfcher le Canada à l’Angleterre, mais dans cette dispute, la population de la colonie avait son mot à dire. Elle ne songeait nullement à la révolte. Il fallait done lui persuader adroitement qu'elle était malheureuse et que, par un effort, une violence quelconque, elle arriverait À l’âge d’or.

Quoi de plus absurde et de plus canaille qu’un étranger apparaissant tout à coup au milieu d’une population paisible et lui disant: “J'arrive Pour vous sauver, vous délivrer de la tyrannie de votre &ouvernement. Levez-vous! prenez les armes, je serai votre chef. Et, si vous ne m’obéissez pas, je ferai venir mes camarades qui mettront le feu à vos maisons, à vos granges, vous couperont le Cou et promèneront vos têtes au bout d’un pique.”

Quand on a vu l’histoire de tant et tant de conspirations qui se formaient et se défaisaient en Europe, à la même époque, on comprend le genre maniaque de certains Américains et Français engagés dans ces entreprises; on cesse d’être étonné de leur maladresse, de leur naïveté et de l'ignorance qui revêtent ces complots d’un ridicule fait pour l'opéra bouffe.

Les faux espions pullulent en temps de guerre ou de troubles politiques. A l’heure même où ce prétentieux Louis XVIII se laissait exploiter si largement par des escrocs sauveurs de la royauté, les ministres de la république française prenaient au sérieux une légion de ‘‘faiseurs”’ qui flattaient leurs ambitions en leur vendant pour de l’or une foule de contes en l'air. Cela s’est vu dans tous les siècles. Napoléon, avec son génie, en a été constamment victime. Va sans dire que Robespierre, Tallien, Barras, Genet, Fauchet, Adet Turreau et autres, se sont fait rouler de la même façon par les fous et les fourbes qui leur offraient de conquérir le Canada.

Dans ane lettre du 25 juillet 1795, Dorchester dit qu’il a refusé au duc de la Rochefoucault-Liancourt la permission de visiter le Bas-Canada, ce qui a paru comme une rigueur inutile à plusieurs écrivains, mais il faut savoir que ce duc était un sans-culotte et que s’il avait été chassé de France ce n’était pas précisément à cause de sa noblesse, mais bien plutôt parce que la faction à laquelle il appartenait s'était fait battre. Le général Simcoe qui l'avait reçu dans le Haut-Canada, n’y voyait pas plus loin que son nez. Heureusement Dorchester voyait clair pour deux.

Fauchet partit en 1795 lorsque le Directoire succéda à la Convention (ler novembre) et bientôt après s’attacha à la fortune du général Bonaparte qui le nomma préfet du Var en 1800, préfet de la Gironde en 1804, baron en 1810. A la Restauration il se retira des affaires et mourut à Paris (1834) la même année que Genet. C’est ainsi que le jacobin ardent de 1794 plia l’échine et devint, en 1800, le serviteur du despotisme le plus complet.

Son remplaçant était né à Nevers en 1763. Il se nommait Pierre- August Adet, avait été dans l'artillerie, puis chimiste, puis politicien. Une fois ‘installé à Philadelphie il adopta le programme de Genet et Fauchet.

Fauchet se serait contenté de recouvrer la Louisiane, comme le voulait Genet, mais Adet était d'avis de reprendre aussi le Canada. Depuis l’adoption du traité de neutralité, les Français des Etats-Unis semblaient avoir pour principe de former un parti afin d’influencer les élections et, au nombre des moyens qu’ils proposaient, il y avait la conquête du Canada. Cette colonie une fois entre leurs mains, ils comp-

taient mater Washington par le prestige que promettait un pareil

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