SULTE] LES PROJETS DE 1793 A
je suis prêt À me mettre à leur tête, et j'ai un p … ‘d’attaque qui ne peut pas faillir. Les Canadiens feraient mieu : de xe lover ex armes pour conquérir la province eux-mêmes, car ui» armée auxilia ’e leur occasionnera de grandes dépenses.” Alors, F ‘ciatte lui dit « ue s’il prenait Québec il ne pourrait pas le garder, MeLans dit, [je a aux Etats-Unis dix mille hommes qui sont prêts à se joindre à nous quand nous commencerons, au premier appel. ”
Charles Fréchette s’ouvrit à son frère Etienne, à Saint-Nicolas, mais celui-ci ne voulut Pas entendre parler de ces Projets. McLane sollicitait Charles d'en parler à d'autres Personnes, te qu'il refusa de faire.
McLane, ensuite, s’est enquis de M. Black homme d'affaire, disant qu’il le connaissait, que Black avait à se plaindre du gouvernement et voulait le consulter, car, disait-il, si nous tombons d'accord, Québec est à moi. Là-dessus, les deux hommes se séparèrent au Foulon, MeLane gagnant le bois de Woodfield et Fréchette se rendant en ville pour voir John Black, charpentier de navire, l’un des députés du comté de Québec. C'était le 10 mai. Fréchette lui était inconnu. Tout d’abord, ce messa que Black avait fait en Chambre c ince et lui dit qu'il le consi-
se plaindre du gouvernement, titude, en l'invitant à parler.
français aux Etats-Unis connt qui règnait en Canada et qu’il avait envoyé un général français pour s'entendre avec Black et ses amis pour aviser au moyen de battre le Bouvernement des Anglais dans la Province. Dans ce dessein, le gééral désire une entrevue. Black et son guide se mettent en route pour Woodfield où se tenait MecLane, costumé en marchand de chevaux. Tout d’abord, ce dernier se nomma et remit une lettre de Hundson, du lac Champlain, que Black connaissait, puis il ajouta que sa tête était mise à prix. Il affirma qu’il gagnerait aisément les Canadiens. Dix hommes de confiance lui Sufliraient pour tout mener, aussitôt qu’il les aurait endoctriné l'un après l’autre. Il dit que M. Adet avait dà partir de Philadelphie le 10 avril Pour aller en France chercher des troupes et que, en attendant, on s’armerait de piques de bois durcis au Au premier signal 15,000 hommes étaient prêts à accourir des Etats-Unis. Et puis, d’ailleurs, il était facile de surprendre Québec, la garnison étant très faible; peut-être suffrait-il de l’enivrer, ce dont M. Black pourrait se charger puisqu'il a accès partout. On ne tuera que ceux qui résisteront; les autres se joindront à nous. Sa cause est celle de l’humanité.
Finalement, le chat sortit du sac. MceLane posa la question:
quelle est la valeur de ja Propriété des Anglais dans la ville, argent ou
marchandises? Un très grande valeur, répondit Black. Alors dit le général ce sera tant mieux pour les vainqueurs, surtout les chefs. Black en savait assez long. Il fut convenu de se réunir, le soir même, avec des amis...la police en était, cette fois, et McLane se trouva bientôt logé.
McLane avait été signalé en juillet 1796, et cependant ni lui ni les autres meneurs n'étaient arrêtés, c’est ce dont le duc de Portland se plaint dans une lettre du mois de décembre de la même année. Il est impossible, à présent, de deviner les motifs de cette inaction qui durait depuis 1793 et qui se continua jusqu'à la fin de ces troubles, vers 1N10. Mec- Lane et d’autres ne furent pris que par aventure et comme au déplaisir des autorités. A quoi bon dire, avec Prescott, que les Canadiens ne -e transformaient pas en gendarmes pour dénoncer ou livrer les agitateurs à la justice, alors que le pouvoir lui-même se tenait sur la réserve? Siles brochures et les circulaires semés par ces intrus ont été peu connues dans les bureaux du gouvernement et encore moins conservées, c’est que les habitants les brûlaient, ainsi que plusieurs l’ont raconté, disant que tout cela ne valait pas une guénille.
Le procès de MeLane eut lieu le 7 juillet. Condamné à mort, cet espèce de maniaque fut exécuté le 21 du même mois, On libéra son frère Daniel le 31 août. Fréchette servit de témoin et se retira de l'affaire avec la renommée d'un imbécile.
Pour récompenser Black d’avoir mis la main sur MeLane, le gouverneur Prescott demanda en sa faveur un octroi de terre, ce qui, probablement détermina le voyage de Black en Angleterre, mais au retour, il fut capturé par les Français et envoyé à Bayonne. Il eut occasion d’entendre des conversations qui révèlaient un plan d'attaque contre le Canada. Etant parvenu à s'évader, il rentra à Québec au mois de septembre 1798 et y trouva des influences soulevées contre lui parce que, disait-on, il s’était identifié de bonne heure aux complots des Français. Arrêté sur ce chef, il ne fut pas condamné, cependant il n’en fut pas moins ruiné à tout jamais.
L’arrestation de MeLane ne refroidissait par les agents d’Adet. Ce John Hunsdon, déjà cité, écrivait, le 15 mai 1797, qu’il y avait un complot préparé pour envahir le Canada au mois de juillet et que les Français en étaient les instigateurs. Le 20 mai, à St. Jean, le lieut.-colonel J. de Bernière ou Berrière, avertissait le capitaine Green, du 26e régiment, secrétaire militaire du gouverneur, qu’il allait lui envoyer deux hommes, venus de Rousse’s Point, qu’il a arrêtés sous soupçon et qui ont déclaré avoir laissé un Anglais ou Yankee à l’hôtellerie Watson près de l’île aux Noix. L’un des deux se donne le nom de Joseph Worthington et paraît être frère de McLane. L'autre est Thomas Butterfield, “il passe et repasse par St. Jean et ne doit pas être occupé uniquement de son com-
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merce régulier. On dit que c'est lui qui a conduit David MeLane dans la province; c'est un nommé Sullivan, de St. Jean, qui m'en a donné avis. Un nommé Low, de Sorel, s'était trouvé chez Rousse avec Worthington et Butterfield, I] Y avait aussi deux Canadiens, employés chez Rousse; ils ont conduit les deux individus que j'ai entre les mains, sans toutefois être d'aucun complot.
À Montréal, le 22 mai, Daniel MeLane «ins Worthington fait une déclaration devant les magistrats:—Je suis né à Dedham, environ douze milles de Boston; je demeure à Pittsburg en Pennsylvanie, d'où je suis parti au milieu de mars dernier et j'arrivai à New-York au commencement d'avril en compagnie de an frère David. De New-York, nous sommes allés à St. Alban où notre sœur est mariée à un nommé Scovil et nous Y avons passé environ quinze jours.” Vers la fin d'avril, David était en route pour le Bas-Canada. Daniel resta au Vermont achetant des terres et les revendant. Lorsqu’arriva la nouvelle de l’arrestation de David, il dit qu’il partit avec Butterfield, dont il fit la connaissance au début de ce voyage dans la baie de Missisquoi.
Thomas Butterfield parla à son tour et dit au juge de paix, John Richardson, qu’il s'était rendu à St. Jean par Windmill Point et Rousse’s Point en compagnie des nommés Worthington et Low de Sorel, en canot, Pour vendre des planches et acheter du sel. À son dire, Worthington se rendait à Montréal, peut-être même à Québec,
Le 10 août 1797 quelqu'un écrivait de New-York une lettre qui fut reçue à Québec vers la fin du mois: Un Allemand, nommé Jacob Astor, qui visite fréquemment le Canada, qui fait un grand commerce de fourrures et qui est, dit-on, au Canada, en ce moment, a fait venir sur le dernier bâtiment venu de Londres 6,000 fusils avec leurs accessoires et 100 barils de poudre. Pour la poudre il en a annoncé la vente.
L’exécution de MeLane avait rétabli la tranquilité. On apprit que, rendu en France, Adet ne s'était pas entendu avec le Directoire et ne devait pas revenir. Remarquons qu'il était bien de l’école de Genet et Fauchet: avant de quitter Philadelphie il avait lancé une adresse au peuple américain lui disant de se tenir en garde contre son propre gouvernement. Il mourut en 1832.
Il faut noter aussi que, l’automne de 1797 M. l'abbé Desjardins, prêtre français, présenta une pétition de la Part d’un certain nombre d’habitants de la Martinique qui demandaient à venir au Canada parce que, disaient-ils, ils pensaient bien que leur Pays serait rendu à la France lorsque la guerre finirait.
On a toujours cru que le gouverneur Chittenden avait été mêlé À l’affaire de David MeLane comme à celle d’Ira Allen. Il eut le temps de voir la couleur que prenaient ces machinations puisqu'il mourut le 23 août 1797 à Williston, Vermont, âgé de 67 ans, en pleine activité. Le
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capitaine Pennoyer ecrivait le ler septembre que Chittenden, quelques jours avant sa mort, avait été condamné à une amende de $180 pour avoir vendu de la boisson à petite mesure sans licence; “on ne peut dire si l'amende l’a fait mourir ou non.” Isaac Tichenor lui succèda comme gouverneur. En 1813, le fils Martin Chittenden remplit les mêmes fonctions, et jusqu'à 1815.