I. Calendar of State papers
reine était unanimement désiré par la nation, mais qu'aucun prétendant, soit étranger, soit Anglais, n'avait été jusqu'ici désigné. Gondé, poussant plus loin ses questions, lui demanda s'il n'y avait pas quelque promesse secrète échangée entre la reine et Dudley. Smith répondit qu'elle avait beaucoup d'atlection pour Dudley, mais qu'elle ne s'abaisserait jamais à épouser un de ses sujets. Enhardi par cette réponse, Condé n'hésita plus et lui proposa à brûle-pourpoint Charles IX, et, avec sa faconde si habile et si colorée, il passa en revue rapidement tous les avantages de cette union : la reine deviendrait la plus puissante princesse du monde ; elle pourrait faire la loi à tous les papistes. Smith lui objecta l'inégalité d'Age : le roi serait à peine un homme qu'elle serait déjà une vieille femme; on pourrait dire d'elle ce qu'on disait de la reine Marie, sa sœur, qu'elle était la grand'mère du prince d'Espagne ; puis il appuya sur les répugnances et les préjugés des Anglais à l'endroit des étrangers. A celte objection Condé répondit que l'on pourrait convenir que tous les emplois seraient réservés aux Anglais; que, si la reine n'avait qu'un enfant, il séjournerait en Angleterre, et s'il y en avait deux, la couronne d'Angleterre appartiendrait
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au second. L'entretien en resta là, et Gond»'" ne le reprit plus : mais, quelques mois plus tard, le Navre ayant été repris sur les Anglais, au cri de « Vive la France ! » et une paix glorieuse ayant été conclue avec l'Angleterre au mois d'avril 1564, Catherine de Médicis revinl à l'étrange projet de ('onde. Lors du séjour qu'elle lit à Marseille, au mois de novembre lo64, en se rendant à l'entrevue de Bayonne, elle apprit de source certaine qu'Elisabeth venait d'envoyer en Allemagne Mundt. un de ses plus habiles agents, pour renouer la négociation de son mariage avec l'archiduc Charles. En flattant la vanité d Elisabeth, toujours satisfaite quand on lui faisait des propositions de mariage, voulaitelle entraver celui de l'archiduc? L'orage protestant, depuis qu'elle s'approchait de Bayonne. commençant à se reformer derrière elle, voulait-elle neutraliser le mauvais vouloir d'Elisabeth et, en cas d'une nouvelle prise d'armes, enlever par avance aux chefs protestants l'appui de l'Angleterre? voulait-elle enfin, par cette diversion, exercer une pression sur Philippe II et le rendre moins défavorable aux projets de mariage qu'elle se réservait de mettre en avant à l'entrevue de Bayonne ?
Quel que fût son but, Catherine se décida
à s'en ouvrir d'une manière détournée à sir Thomas Smith, qui la suivait dans ce longvoyage. Dans un de ces entretiens familiers qu'elle avait souvent avec lui, elle demanda si la reine Elisabeth avait choisi ceux qu'elle devait désigner pour recevoir le collier de l'ordre de Saint-Michel. Smith ayant répondu que la reine voulait réfléchir encore avant de choisir Robert Dudley et un autre : « A quand son mariage, répliqua-t-elle, et pourquoi n'épouse-t-elle pas Dudley ? » A la première question, Smith répliqua qu'il n'en savait rien; à la seconde, qu'il ne pouvait dire ni oui ni non. A diverses reprises, les membres du Parlement avaient invité la reine à se marier, mais sans lui désigner personne, s'en remettant uniquement à son choix. « La raison en est bien simple, repril Catherine: ils préfèrent un Anglais a un étranger. » Smith observant qu'il y avait des raisons pour et contre et que les opinions étaient partagées : « Quelle est la vôtre ? » lui dit-elle. Et, comme il ne répondait pas : « On voit bien, ajouta-t-elle, que vous aimez bien Dudley ; si cela ne dépendait que de vous, re ne serait pas long. » 11 répondit qu en effet il aimait Dudley et qu'en tout temps il était prêt à lui rendre service. Au moment
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où il allait la quitter, elle lui dit à mots couverts qu'elle serait heureuse de voir la reine agréer le roi son fils; mais elle laissa encore passer deux mois avant {Yen écrire à notre ambassadeur à Londres et de le charger officiellement de la proposition. Pour lui en faciliter la tâche, elle fil écrire à Elisabeth par madame de Crussol, sapins intime confidente, une de ces lettres ambiguës dont il faut chercher le sens à travers les lignes. Madame de Crussol passait pour à demi protestante, c'étail la langue la plus affilée delà cour: Le jeune roi l'appelait sa vieille lanterne et se disait son jeune falot. Catherine ne pouvait choisir une plus fine interprète de sa pensée. Après forceprotestations des sentiments d'amitié que Catherine portait à la plus parfaite sœur qu'elle eût au monde et force compliments « sur les grâces et les perfections que Dieu avoit mises en Elisabeth », madame de Crussol terminait ainsi sa lettre : « Je vous dirai davantage, madame, que, si mes souhaits avaient lieu, vous ne seriez, avec une bonne occasion, sans espérance de vous voir un jour; si j'étois une des poupines que Sa Majesté vous envoie présentement, je vous en dirois davantage1. »
t. Record office, France. vol. X. I. vm : Le Seizième siècleet les Valois, Pion, 1859, p. In'k
Le choix que Catherine avait fait de Paul de Foix ' pour négociateur du mariage de Charles IX était des plus heureux. Arrêté en plein Parlement avec Dubourg et du Ferrier, dans la mémorable séance présidée par Henri II et qui précéda de si peu de jours sa mort, de Foix, mis à l'écart sous François II pour ses opinions religieuses, était rentré en faveur sous . la régence de Catherine, et il devait à sa tolérance en fait de religion la haute situation qu'il s'était faite en Angleterre. C'est dans les premiers jours de février 1565 que lui parvint la lettre de Catherine. Sans perdre une heure, il sollicita une audience qui fut remise au dimanche 14 février.
Elisabeth le reçut dans la salle de présence et s'excusa de ce retard sur une légère indisposition ; après quelques paroles insignifiantes échangées de part et d'autre, de Foix lui dit qu'il avait quelque chose de plus particulier à lui communiquer, mais qu'il désirait l'entretenir dans un lieu plus secret '.
t. Son ambassade à Rome en 1381 a été imprimée à Paris chez Chapelain, en 1628. Elle est précédée de sa harangue funèbre en latin par Marc- Antoine Muret.
•J. Bibl. nul., Fonds français, n° 13888, p. 234.
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Elisabeth l'emmena dans sa chambre; Là,
après quelques mots de préambule, il lui lut la dépêche qu'il avait reçue. Catherine, dans sa lettre, après force compliments sur les vertus et les grâces d'Elisabeth, se disait la plus heureuse des mères si, de l'un de ses enfants, elle avait une fille de sa bien-aimée sœur. Puis, connaissant bien toutes les exigences d'Elisabeth sur le physique, elle se hâtait d'ajouter qu'elle trouveroit tant au corps qu'à l'espril du roi son fils de quoi la contenter. » En écoutant celte lettre fort inattendue, Elisabeth changea plusieurs fois de couleur. La lecture finie, elle remercia Foix avec effusion du grand honneur que la reine mère lui faisait, soupirail! toutefois de n'être pas plus jeune de dix ans. Elle regrettait une si grande dilFérence d'âge; elle en redoutail les inconvénients, et pour elle et pour le jeune roi; elle risquait • l'être bientôt délaissée, comme l'avait été sa sœur Marie par le prince d'Espagne. Paul de Foix chercha à la rassurer; la reine mère savait très bien son âge et elle espérait d'elle de nombreux enfants. Mais, insistant. Elisabeth ajouta qu'elle aimerai! mieux mourir que d'être méprisée et abandonnée : du côté de ses sujets, elle n'avait à craindre aucune opposition, ils
se conformeraient toujours à ses intentions, quoiqu'ils désirassent pourtant qu'elle épousât un Anglais. En Angleterre , il n'y avait que le comte d'Arundel à qui elle pût se marier; mais il en était plus éloigné qu'il n'y a de distance de l'Orient à l'Occident. Quant au comte de Leicester, elle avait toujours estimé sa vertu; mais elle avait trop le sentiment de son honneur et de sa grandeur pour l'admettre et le souffrir comme son compagnon et son mari. Paul de Foix lui ayant demandé de tenir cette affaire secrète, elle répondit « qu'elle avait assez fait preuve de savoir se taire au temps de la reine Marie ; si elle se fût en rien découverte, il lui en eût coûté la vie ». Elle demanda quelques jours pour réfléchir et lui promit de le faire appeler prochainement '.
Elle consulta d'abord Cecil, son confident habituel. Le dogmatique et prudent ministre, pour plus de clarté, rédigea ses observations en latin : la première objection était relative à l'âge, celui de la reine étant double de celui du roi : la seconde concernait la succession :
\. Bihl. \y,\\.Ji>t,<;-hPK de Paul <(,■ /•:./>. n° 15888, p. 235 el suiv.
l'Angleterre pouvait un jour se trouver subordonnée à la France ; la troisième avait trait aux situations respectives des deux royaumes : la France, en contestations perpétuelles avec le roi d'Espagne pour l'Italie, avec l'empereur d'Allemagne pour Metz, entraînerait fatalement dans ses luttes l'Angleterre, qui par sa position semble providentiellement destinée à la paix. Il ajouta quelques réflexions sur le danger pour le peuple anglais de compromettre ses libertés dans cette aventure. Comme conclusion, ce mariage présentait, selon lui, beaucoup d'inconvénients pour l'Angleterre, aucun pour la France, et lui semblait suspect.
Elisabeth lit appeler Paul de Foix le 17 février; elle lui dit qu'elle avait cru rêver en se rappelant ce qu'il avait proposé. Elle n'en avait parlé à aucun de ses conseillers, ce qui n'était pas exact, car elle reprit toutes les objections de Cecil, y ajoutant qu'elle ne pouvait se marier sans l'assentiment du Parlement. Paul de Foix ne resta pas sans réponse : « Il y avait grande dill'érence entre les mariages des rois et ceux des particuliers; ceux-ci peuvent en tout temps trouver des partis convenables, mais les rois doivent oublier leur propre personne pour assurer le bien de leurs sujets. Charles IX ap-
portait à la reine la fleur de sa jeunesse; les inconvénients, s'il y en avait, seraient de son côté. Ils auraient certainement des enfants, et, quand ils n'en auraient pas, la reine demeurerait toute-puissante, comme elle l'est aujourd'hui ; elle n'aurait pas à s'absenter de l'Angleterre, le roi viendrait l'y voir. Et, quant à l'assentiment du Parlement, il lui rappela que, trois jours auparavant, elle lui avait dit que son mariage dépendait d'elle seule. Du reste, il serait facile de prévenir, par de bonnes conventions, tous les inconvénients qu'elle paraissait redouter. « Mais, si le roi y contrevient, qui l'appellera en justice? » répliqua-t-elle. De Foix, prenant cela pour un refus, répondit que la reine mère, encouragée par les propos qu'il lui avait mandé que la reine Elisabeth avait tenus du roi son lils, avait eu d'elle-même cette pensée, mais qu'il voyait bien que l'affection de la reine avait pris place ailleurs et que peut-être même elle était engagée. Elle reprit que ce n'était pas un refus, qu'elle le priait de soumettra à la reine mère les difficultés qu'elle entrevoyait; dès qu'elle aurait reçu sa réponse, elle examinerait plus à fond son offre; c'était la première fois qu'on lui en parlait, elle ne ouvait en dire plus, ni faire mieux. L'ambas-
sadeur était debout; elle fit approcher un siège el le remercia longuement du rapport flatteur <|if il avait fait d'elle au roi et à la reine mère ; et sur ces bonnes paroles, elle lui donna congé, lui promettant de lui envoyer Cecil dans un ou deux jours '.
En effet, le lendemain, il reçut la visite de Cecil, qui lui dit qu'il venait de la part de la reine pour causer avec lui des propos qu'il avait eus la veille avec elle. Avant d'entrer en matière, de Foix lui dit qu'il désirait savoir si c'était vraiment l'intention de la reine d'y donner suite ; à plusieurs reprises, elle lui avait déclaré qu'elle ne se marierait jamais à l'un de ses sujets. Avec de grands serments, Cecil affirma qu'il en était ainsi et qu'elle n'épouserait jamais un Anglais, pas même Leicester, qu'elle aimait pour ses vertus, non comme un sujet, mais comme un frère; puis, sous une forme adoucie, il reprit une à une toutes les objections qu'il avait suggérées à Elisabeth. De Foix plaida de nouveau sa cause et proposa ce qu'avait proposé Condé, de faire régner l'aîné des fils en France, le second en Angleterre; ajoutant que l'appui de
1. Bilil. nat., Dépêches de Paul de Foix, n° 15888, p. 236 et suiv.
la France préserverait à jamais l'Angleterre de toute menace d'invasion. Cecil répliqua fièrement que l'Angleterre n'avait rien à redouter; de Foix se borna à lui rappeler les diverses invasions qu'elle avait déjà subies. En le quittant, Cecil lui promit de mettre par écrit ses observalions; cependant, à quelques jours de là, de Foix les ayant réclamées, il s'y refusa; avant d'aller plus loin, la reine voulait avoir la réponse de Catherine '. Paul de Foix lit donc partir sur-le-champ son secrétaire, afin de rendre compte à la reine mère de l'état des choses et rapporter la lettre qu'exigeait Elisabeth. De Foix avait fait promettre à Elisabeth de garder le secret de sa négociation ; mais elle n'en tint pas compte et raconta tout à Guzman de Silva, l'ambassadeur d'Espagne. « On prétend, lui dit Silva, que Votre Majesté épouse le roi de France. » Elle baissa un peu la tête et se mit à rire; puis elle ajouta : « Je veux bien me confesser à vous, puisque nous sommes en carême et que vous êtes mon ami. Il a été traité de mon mariage avec le roi catholique, avec le roi de France, avec les rois de Suéde et de Danemark.
1 Bibl. nat., nr-phlrs </>■ l'<ml <h Foix,n° I5888,p.240 et suiv.
— El avec l'archiduc Charles aussi? reprit Silva.
— C'esl vrai, répondit-elle. Votre prince royal est le seul qui ne m'ait pas été proposé. — La raison en est claire, dit Silva, en l'interrompant : notre roi a dû croire que vous ne vouliez pas vous marier; lui, qui est le plus grand prince de la terre et auquel vous avez de grandes obligations. Votre Majesté me Ta dit, vous a offert sa main et vous ne l'avez pas acceptée. — Cela n'est pas aussi clair pour moi, répliqua Elisabeth; dans ce temps-là, je pensais beaucoup moins à me marier, et même, aujourd'hui, si je pouvais désigner un successeur, je ne me marierais pas, je n'y ai jamais été bien portée ; mais mes sujets m'en pressent tant que je ne pourrai m'en dispenser. Une femme qui ne se marie pas est exposée aux propos du monde ; on lui suppose ou des imperfections ou de vilains motifs. On disait de moi que je ne me mariais pas parce quej'étais attachée au comte de Leicesteret que je ne pouvais l'épouser parce qu'il avait une femme. Aujourd'hui, il est veuf, et je ne l'épouse pas davantage. Dieu connaît ma pensée et mon âme, qui sont bien dillérentes de ce qu'on suppose; mais, enfin, si j'épousais le roi de France, qu'en penseriez-vous? — Que le chemin, répondit Silva. n'est ni bon ni court, et que. même dans
un chemin large, il y a toujours de mauvais pas ' . »
Le 3 mars, de Foix, ayant été prévenu par une dépêche que le jour de l'arrivée de la reine d'Espagne à Bayonne était enfin fixé, se servit de ce prétexte pour revoir Elisabeth ; elle répondit qu'elle était très aise de ce que ni les fatigues de ce long- voyage, ni les rigueurs de ce rude hiver n'eussent altéré en rien les santés de Leurs Majestés ; qu'elle s'associait à la joie qu'elles en ressentaient et regrettait de n'avoir pas la bonne fortune d'y assister comme une troisième reine2; puis, passant au projet de son mariage, elle «lit à de Foix que, si elle n'avait pas voulu que Cecil mît par écrit les objections qu'il lui avait faites, c'est qu'en réalité il n'y en avait qu'une, celle de l'âge, et elle demanda si Castelaau.de Mauvissière, en allant en Ecosse, apporterait enfin la réponse de Catherine. De Foix lui dil qu'il l'attendait de jour en jour. La conversation, venant alors naturellement sur Charles IX, elle ajouta que Smith lui avait dernièrement écrit que le jeune roi croissait merveilleusement et qu'après une absence de trois semaines à
I . archives de Simancas, Guzman </■ Silva à Philippe II, leg. M s. Mignet, Hist. de Marie Stuart, t. I, p. 199. 1. Bibl. nat., Fonds français, no 6613, p. 2.
peine l'avait-i] reconnu, tant ii avait grandi el qu'il parviendrai! à la hauteur de son père. Ce jour-là, le chancelier avait invité de Foix à souper avec la reine ; elle lit asseoir notre ambassadeur à coté d'elle ; elle paraissait toute joyeuse; elle but à la santé du roi. Après le souper, on joua devant elle la tragédie de Sophonisbe, qui fut suivie par des mascarades; elle avait gardé de Foix auprès d'elle et lui parla du royaume de France, de sa grandeur, des passe-temps accoutumés de la cour et du grand nombre de dames qui en faisaient l'ornement, « comme personne, écrit de Foix, qui se délecteroit de choses qu'elle espère posséder un jour J ».
Tandis que de Foix poursuivait son illusoire négociation, Catherine, durant le séjour qu'elle fit à Bordeaux au mois d'avril 1565, avait de son côté un nouvel et long entretien avec Smith. De prime abord, elle lui dit qu'il n'y avait que trois objections sérieuses. La première, c'était Page de son fils; mais, si la reine s'en accommodait, elle s'accommoderait de l'âge de la reine. Charles IX, qui était là, appuya sur ces dernières paroles. « Je voudrais bien, dit-il,
1. Bibl. nat., Dépêches de Paul de Foiœ, n° 6613, p. 2 el suiv.
que votre maîtresse se contentât de mon âge comme je me contente du sien. » La seconde difficulté, c'était L'obligation pour la [reine de résider en France. Smith en convint. « Mais ne pourrait-elle trouver dans son entourage, reprit Catherine, un lieutenant pour gouverner en son absence? — Le peuple anglais n'obéit pas si facilement, observa Smith, et les lieutenants deviennent souvent fort insolents. » Catherine tint cela pour peu de chose; d'ailleurs, son fils pourrait résider de temps en temps en Angleterre. La troisième difficulté, c'était le mécontentement du peuple et de la noblesse que la reine semblait redouter; mais, réunies, les deux nations seraient si fortes, qu'aucun trouble n'était à craindre, que pas un souverain n'oserail aller contre. Smith lit observer que ses instructions, très limitées, ne lui permettaient pas de répondre. « Si le roi avait trois ou quatre ans de plus , ajouta-t-il , s'il avait vu la reine et si vraiment il avait de l'amour pour elle, je m'étonnerais moins de cet empressement. — Mais, en vérité, je l'aime ! s'écria viveinenl le jeune roi. — A votre àg-c, lui répondit Smith, on ignore encore ce que c'est que l'amour; mais bientôt vous passerez par là; c'est bien la chose la plus folle, la plus impa-
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tiente et la moins respectueuse qu'il se puisse. » A ces mois. Le roi rougi! e! Catherine répondil pourlui: - Ce n'esl poinl un fol amour. — J'en conviens, repril Smith, mais c'esl parce qu'il «1< » î t reposersur de sérieuses raisons, de grandes et dignes considérations <iu*il ne faut s'y engager qu'après de mûres délibérations. ' ■> Pour atténue] ces dernières paroles, il dil quelareine, jusqu'à ce qu'elle eûl pris une détermination définitive, ne prêterai! l'oreille a aucune autre proposition, mais qu'elle enlemlait rester libre de «lire oui ou non. En donnant congé à Smith, Catherine insista pour qu'on abrégeai Le délai de la réponse; car le roi comptait être à Bayonne le 12 mai. Smith se rejeta sur la longueur de la distance et sur Le désir exprimé par Elisabeth de consulter les chefs de sa uoblesse. Catherine dit que, d'après ce que Lui avait mandé Paul de Foix, la reine les aurai! tous sons sa main le 23 avril, jour de la fête de saint George. L'en tretien en resta Là; mais. Le Lendemain, pour répondre à L'objection de Smith sur Vkge du roi, elle lui opposa l'exemple de Cecil, qui avait eu un fils à L'âge de quinze on seize ans. Le secrétaire de Paul de Foix arriva a Lon-