‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 11 sur 92 · Calendar of Siate papm lb64 lo6o . p. 33o · texte numérisé non relu

Calendar of Siate papm lb64 lo6o . p. 33o

;i,S LES PROJETS DE MARIAGE D ELISABETH

dres le 20 avril; il apportait une lettre de Catherine; Paul de Foix alla sur-le-champ la mettre sons les veux d'Elisabeth. Catherine, dans sa lettre, rappelait qu'il lui serait bien difïicile d'attendre plus longtemps la décision d'Elisabeth : car, sans aucun doute, des propositions de mariage pour le jeune roi seraient faites à Bayonne, et, pour 1rs écarter, il faudrait avoir quelques bonnes raisons à alléguer. Si la reine lui faisait connaître ses intentions, elle in- tiendrait aucun compte de tous les avantages qui lui seraient offerts ailleurs1. A cette mise en demeure, Elisabeth ne répondit que par de banales protestations d'amitié. Paul de Foix se plaignant de ce qu'elle ne s'en élait encore ouverte qu'à Norfolk, elle s'excusa sur le retard de la fête de saint George, remise .1 huit jours; la cérémonie passée, elle promit d'en parler à ses principaux conseillers. De Foix insistant pour avoir une réponse avant le 12 mai, elle se plaignit à son tour de ce que Catherine la pressait trop; l'entrevue de Bayonne ne devail avoir lieu que le 20 mai, il n'étail (loue pas nécessaire d'avoir une réponse avant le 12. Tous ces retards, toutes ces ré-

1, Bibl. nat., Dépêches de Paul dt Foix, n° 6613, p. li

et suiv.

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serves tenaienl à ce qu'Elisabeth attendail un ambassadeur de Maximilien, qui venait de nouveau lui proposer la main de L'archiduc Charles. Il arriva en effet le :{ mai el se nommail Adam

Swetkôwitz; il venail soi-disant | rapporter

1rs insignes de l'ordre de la Jarretière, donl feu l'empereur Ferdinand étail chevalier '.

Duranl toul le mois de mai, les pourparlers continuèrent aux objections de Paul de Foix; étaient opposées les mêmes répliques. Pour gagner du temps, Elisabeth élevait des doutes sur la sincérité de Catherine, qui, à l'entendre, en lui offranl son fils, ne voulait qu'écarter l'archiduc; elle étail dans le vrai, toutes les deux jouaient leur jeu. Catherine traitait, dans le moment même, du mariage de Charles IX avec une des filles de Maximilien. Le cardinal de Lorraine en avait porté les premières paroles lors de sod voyage à [nspruck, en 1563, »'t la réalisation de ce projet ne dépendail plus que de l'accueil que Philippe Il y triait. De son col.'-, Elisabeth faisait semblant d'avoir pris en sérieuse considération la proposition de l'archiduc Charles. Norfolk el Sussex, ennemis déclarés de Leicester, l'appuyaient chaudement. Ceci]

I. Bibl. oat., Dépêches de Paul de Foix, n° 6613, p. 20 et auiv.

avait de fréquentes entrevues avec Swetkowitz et lui avait même communiqué le contrat de mariage qui, dix ans auparavant, avait été passé entre la reine Marie et le prince d'Espagne.

Elisabeth invitait Swetkowitz à dîner dans ses appartements privés; elle jouait du luth et de l'épinette devant lui, la plus haute marque de sa faveur. De Foix, croyant la négociation sérieusement engagée, tint à s'en expliquer; il profita d'une invitation qu'il avait reçue pour assister à un tournoi à Greenwich; mais, ce jour-là, il ne put obtenir de la reine aucune réponse positive. Quelques jours plus tard, il lui en parla de nouveau. Cette fois, elle affirma qu'elle n'avait donné aucune espérance h l'archiduc, et, pour couper court à l'entretien, elle prétendit avoir reçu des lettres d'Espagne qui la prévenaient que le roi cherchait à prendre parti ailleurs; elle avait tout dernièrement envoyé en France Somers, un des négociateurs de la paix signée à Troyes, en 1564; Somers devant rejoindre la cour à Hayonne, elle manifesta le désir de l'ai tendre avanl de donner une réponse définitive ; dans ses paroles se trahissait déplus en plus un refroidissement marqué. De Foix s'en rendit bien compte,

LES PROJETS DE MARIAGE d'ÉLISABETQ 'il

sans en deviner La véritable cause '. Toul en faisant si bon accueil à l'envoyé de Maximilien, Elisabeth ne pensail nullement à l'archiduc Charles; elle avait reporté toutes ses vues sur Leicester; mais comment concilier celle nouvelle évolution avec la proposition «pie tout récemment elle avait faite à Marie Stuart d'épouser son favori, lui promettant, si elle y consentait, de la désigner pour son héritière? C'est qu'en réalité ce n'était qu'un moyen d'écarter les autres prétendants à la main de la reine sa sieur; elle ne lui aurait jamais cédé Leicester. Randolph, son ambassadeur en Ecosse, ne s'y était pas trompé : « Quand bien même la reine Marie, écrivait-il à Cecil, serait disposée à oublier sa dignité au point d'écouter cette proposition, il resterait une plus grande difficulté : Sa Majesté voudrait-elle se séparer de Leicester 2? » Elle avait avoué à de Foix qu'elle « ne pouvail laisser passer un jour sans le voir, au moins une fois ». « C'était son petit chien; dés qu'il entrait quelque part, on disait qu'elle allait venir. »

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