‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 17 sur 92 · I. La Mothe-Fénelon, Corresp. dipl., t. VII, p. Ii:t · texte numérisé non relu

I. La Mothe-Fénelon, Corresp. dipl., t. VII, p. Ii:t

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très; il s'en plaignit également à Leicrslrr, qui en attribua la cause au vif tlésir que l'on avait à la cour d'une alliance si convenable. A l'entendre, la reine y était ou ne peul mieux disposée, objectant seulement que le duc, quoique parvenu à l'âge d'homme, serait toujours plus jeune qu'elle. « Ce n'en sera que mieux pour vous, » avait-il répliqué en riant. En quittant La Mothe-Fénelon, Leicester l'engagea ;i en parler de nouveau à la reine, ce qu'il lit le jour même. L'entretien commença par quelques mots sur la façon de vivre de Charles IX avec Elisabeth d'Autriche. La Mothe-Fénelon lui dit que le roi se sentait tout heureux de la douce et intime privauté qu'il avait avec sa jeune femme et qu'il conseillerait à toute princesse désireuse d'avoir un parfait bonheur en ménage de prendre un mari dans la maison de France. « Je vous avoue, reprit-elle, que madame d'Étampes et madame de Valentinpis me font un peu peur ; je veux que mon mari ne m'honore pas seulement comme reine, mais qu'il m'aime pour moi. » La Mothe répliqua que celui dont il voulait parler avait cette qualité toute particulière de savoir bien aimer et de se rendre parfaitement aimable1. Elisabeth reprit qu'elle I. La Mothc-Fénelon, Corresp. dipl., t. III. p. 439.

7i LES PROJETS DE MARIAGE DÉL1SABETH

n'avait jamais entendu parler du duc qu'avec de grands éloges. A ce moment, on annonça le cardinal de Châtillon et La Mothe se retira. Resté seul avec Elisabeth, le cardinal s'avança un peu plus qu'il n'avait fait jusqu'alors et se hasarda à lui poser plusieurs questions. Etaitelle libre de toute promesse ? Voulait-elle épouser un Anglais ou un étranger ? En cas qu'elle préférât un étranger, voudrait-elle accepter M. le duc d'Anjou? — Elle répondit qu'elle ne voulait point épouser un de ses sujets, et que. si le duc lui était proposé, elle l'accepterait sous certaines conditions à débattre. Sur ce, le cardinal, prétendant avoir un pouvoir du roi, la pria de soumettre cette proposition à ses conseillers. Elle ne dépendait nullement d'eux, répondit-elle ; c'étaient eux qui dépendaient d'elle. Leurs vies étaient entre ses mains. Le cardinal insistant et lui représentant les inconvénients que la reine Marie Tudor avait éprouvés en voulant traiter avec le prince d'Espagne la question de son mariage sans l'avis de ses conseillers, Elisabeth se rendit à cette dernière raison, et, dès le lendemain, elle rassembla les membres de son conseil '. En entendant de sa

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