I. La Mothc-tcnclon, C&rfèsp, diphm., i. M, p
76 LES PROJETS DE MARIAGE DÉLISAI3ETU
courir à la cour d'Angleterre et revenaient chaque jour aux oreilles de La Mothe-Fénelon : lady Clinton, femme de l'amiral, consultée par Elisabeth sur son mariage avec le duc d'Anjou, passait pour le lui avoir conseillé, ce dont la reine s'était montrée très satisfaite. Tout au contraire, lady Cobham, également consultée par elle, avait répondu que les meilleurs mariages étaient ceux où l'âge était assorti ; à quoi Elisabeth avait répliqué : « Il n'y a que dix ans entre moi et le duc ; j'espère qu'il se contentera des autres avantages. » Un des adversaires de l'alliance avec la France, voulant exciter la jalousie d'Elisabeth, lui avait parlé en pleine cour d'un voyage que venait de faire à Rouen le duc d'Anjou, à la poursuite d'une jeune Flamande très belle, dont le père, dans la crainte qu'elle ne suivit le duc, avait ordonné le départ précipité pour Dieppe, où elle n'attendait que le vent pour se réfugier en Angleterre. Une des dames d'honneur ayant répondu que « cela prou voit que le duc n'étoit pas paresseux pour aller vers les dames et qu'il ne craindroit pas de passer la mer », Elisabeth avait ajouté : « Ce ne seroit point à mon profit qu'il fût si diligent '.»