Camden
2. Memoirs of the Life and Times of Christopher Hatton, London. Richard Bentley, 1848.
3. LabanotT, Lettres de Marie Stuart, 1. VI. p. 151, i. Calendar of State papi rs •nuire 1563).
o. Life and Letters of Essex, London, Murray, 1858.
aller jusqu'à m'empêcher de vous aimer. » «Vous voir, lui écrivait le naïf Ilatton, qu'elle appelait son mouton, c'est pour moi le ciel ; ne pas vous voir, c'est pour moi l'enferet ses tourments1. » Elle ne sut jamais vieillir, et jusque dans l'âge où l'on ne doit plus croire aux paroles d'amour, elle s'y laissait encore prendre. Henri IV, le plus fin diplomate de son temps, connaissait son faible, et, voulant lui arracher quelque mince subside, feignait d'éprouver un tendre sentiment pour elle. M. de Beauvoir, qu'il envoya en Angleterre en 1590, — Elisabeth à cette date avait cinquante-sept ans, — raconte qu'au sortir d'une audience elle le conduisit dans sa chambre à coucher, où elle lui montra un beau portrait du roi avec des g-estes si expressifs et une si vive démonstration qu'il lui sembla « qu'elle aimeroit mieux le vif »; et en l'écrivant à Henri IV, il ajoute: « Elle ne se courroucapoinl trop, Sire, lorsque je lui dis que vous l'aimiez -. » A son avènement, elle avait été acclamée : le peuple anglais se sentait si heureux d'être délivré de la tyrannie de la sombre Marie Tudor que, dans ce premier moment d'allégresse, on
1. Life of Hallon, by sir Nicolas: Letter to the queen, P. 27.