Record office, State papers : France
KiG LES l'ROJETS DE MARIAGE D'ELISABETH
de Madame la Serpente, c'est ainsi qu'il appelle Catherine de Médicis. Sur ces entrefaites, Castelnau de Mauvissière arrivait à Londres pour reprendre officiellement la négociation du mariage. Maisonfleur adjura de nouveau le duc de monter à cheval et de gagner le Havre, où le vaisseau anglais l'attendait encore. Il écrivit également à La Môle pour décider le duc, sans pouvoir y parvenir l.
La plus grande difficulté à surmonter pour le mariage, — Maisonfleur l'avait bien compris, c'était l'idée peu avantageuse qu'Elisabeth avait du physique de son prétendant ; il fallait l'en faire revenir, Maisonfleur le tenta. Voici le portrait qu'il lit du duc d'Alençon : <( Le duc doit être do ma hauteur, la taille fort belle, le visage aucunement gâté par la petite vérole; car, Madame, nous tenons en France pour une règle générale, même à l'endroit des dames qui épluchent telles choses plus prés, que tout homme qui n'est point bossu ni boiteux, est beau. La beauté du visage ne se regarde pas de si près dans un homme. .Nous autres de la cour de France, nous tenons qu'un beau visage est bien séant aux femmes
\ . Record office, State impers : France; Le seizième siècle es Valois, p. 337 el suiv.
pour complaire à Leurs maris, mais la force, la valeur e>i requise aux hommes '. »
Maisonfleur avail de puissants ennemis h la cour d'Angleterre, et, «m tête, le vidame de Chartres cl Montgommery, tous deux réfugiés à Londres après la Saint-Barthélémy; ils lui reprochaient de n'avoir jamais combattu dans les rangs des protestants, d'avoir été le protégé des (luise e1 de trop aimer à courtiser les dames. Cette dernière accusation pouvant lui nuire dans l'espril d'Elisabeth, il crul devoir s'en excuser ei plaida lui-même les circonstances atténuantes: <( Je ne veux pas nier, Madame, lui écrit-il, que j'aye toujours vécu chastement, avec tant crainte de Dieu que la raison le vouloil : c'esl un pas si ejissanl que la cour;' pour peu qu'un homme ail le naturel gaillard el se soit éloigné de la prédication de l'Evangile, il esl malaisé qu'il puisse toujours marcher droit 2. »
Pendant que Castelnau poursuivait officiellement la négociation du mariage el Maisonfleur 3es secrètes pratiques, la situation eu Franco s'était de nouveau modifiée.
Le diu- d'Alençon était devenu de plus en plus