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étaient injuriés, provoqués. Bussy, attaqué près de la porte Saint-Honoré par Quélus et trois autres gentilshommes, avait eu grand'peine à se tirer de leurs mains et, dansla crainte «l'un nouveau guet-apens, s'était réfugié à Charenton. Le duc se tenait prudemment à l'écart ; mais, sur les instances de sa mère, il se rendit au bal donné le lundi gras àl'hôtel de Montmorency pour les noces de Saint-Luc et de Mademoiselle de Brissac. Enhardis par l'absence de Bussy, les mignons l'accablèrent de leurs railleries. A bout de patience, il s'en plaignit à Catherine, la priant de solliciter du roi un congé de quelques jours pour aller à la chasse. Ne pouvant croire à un refus, il se retira dans ses appartements.
Le lendemain matin sa porte est brusquement ouverte, Henri III entre dans sa chambre, entouré de ses favoris ; il commande à ses archers d'emporter les coffres de son frère, il fouille son lit, espérant y trouver quelques papiers compromettants. Le duv tenait en ses mains une lettre que Henri 111 lui arracha; c'était une lettre de madame de Sauves '.
Simier, La Châtre, ses deux confidents, sont
I. Voy. Lettre de Villeroy, dans les Mémoires du duc de Nevers, t. I"r. p. I.'ii.
LES PROJETS DE MARIAGE D ELISABETH J< »l
envoyés à la Bastille. Catherine s'interposa de nouveau entre les deux frères el les réconcilia,
mais à partir de cemomeni le dur ne chercha plus que l'occasion de s'enfuir. Le I ï février, à huit heures du soir, à l'aide d'une échelle de corde el par la fenêtre il s'échappa de la chambre de Marguerite.
Bussy, qui attendait à l'abbaye de Sainte- Geneviève, avait fait pratiquer dans la muraille de l'enceinte de Paris un trou par lequel sortit le duc '. Il trouva des chevaux prêts et se réfugia à Angers.
Une fois en sûreté, il écrivit à son frère une lettre où se font jour et ses justes griefs et son ressentiment.
« Vous ave/, permis, lui dit-il, que mes serviteursà la porte de vostre château aient été assassinés sans qu'aucune justice en ave été faite. Les pernicieux ministres qui sont à l'entour de vous vous ont induit à me faire arrêter comme un criminel de lèze-majesté. Je n'ai pu moins faire que de me retirer de pareille servitude. pour éviter le péril de ma vie, étanl bien averti que quatre jours après on m'aurait préparé une retraite à la Bastille, attendant quelque résôlu-
I. Mémoires de Marguerite de Valois, édit. Charpentier, p. 20o.
tion et conclusion sur le conseil de César Borgia1. »
Le Vénitien Jean-Michel confirme son dire : « Bien lui en prit de s'évader, car il aurait été condamné à une prison perpétuelle 2. »
Dans une lettre à son oncle le duc de Montpensier il énumère les griefs dont il a eu à se plaindre, les affronts qu'il a subis3: « Vous savez, lui dit-il, comme tous les miens oui été en querelle avec ceux du roi, Bussy avec Quélus, Grammont avec Mauléon, le chevalier Breton avec Àlontigny, la Bourdaisière avec Entraguet. La reine ma mère ne m'a-t-elle pas recommandé de me séparer de mes meilleurs serviteurs? Le roi ne m'a-t-il pas enlevé Mauléon, Livarot et Maugiron? »
Le ducprofitant de sa liberté alla de ville en ville recruter des partisanspour sa prochaine expédition dans les Flandres. Les événements semblaient conspirer pour lui : Mathias, le futur empereur, qui, échappé de Vienne et le gagnant de vitesse, avait été proclamé à Bruxelles gouverneur général desFlandres insurgées contre l'Es^