‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 62 sur 92 · Les ambassadeurs vénitiens, I. II. p · texte numérisé non relu

Les ambassadeurs vénitiens, I. II. p

.'!. Bibl. nat., Fonds Dupuy, n" 135, Lettre du due 'l'Anjou mi duc de Moritpensierj p. i:t.

pagne, venait d'essuyer à Gemblours L7janvier) la plus sanglante des défaites. Dod Juan, h la tête des vieilles bandes espagnoles revenues à sou appel, avait balayé L'armée des états. Le duc d'Anjou était donc imploré comme un libérateur, mais son entrée dans 1rs Flandres pouvait devenir L'occasion d'une guerre avec l'Espagne. Redoutanl ce nouveau danger, Catherine alla voir smi Bis à Bourgueil. Il ne lui cacha pas les propositions des états, mais il affirma qu'aucunes conditions n'avaient été encore mises par écrit. Catherine, après avoir écouté huiles ses confidences : « L'ambassadeur d'Espagne, dit-elle, nous a menacés d'une déclaration de guerre; si une armée française entre dans les Flandres, je vous supplie de renoncer à une telle entreprise. » Le dur ne se rendant à aucune de ses raisons, comme dernière ressource elle revint à lui parler de mariage, et lui proposa l'une des filles «lu roi d'Espagne mi Catherine de Navarre. Sur le point de mener la reine sa fille en Béarn, elle avait encore toul le temps de recevoir une réponse d'Espagne. Si cette réponse n'était pas favorable, on pourrait alors d'une manière plus sûre s'occuper de Catherine de Navarre. Toutes ses remontrances lurent en pure perte, elle ne put

rien gagner sur l'esprit de son iils. Le maréchal de Cosse, qu'elle chargea de revoir le duc, ne fut pas plus heureux; à la liste de ces princesses à marier il eut beau ajouter le nom de la princesse de Mantoue qu'on disait très belle, et qui devait apporter en dot le Montferrat, auquel pourrait s'unir le marquisat de Saluces, le duc ne se rendit pas. Il passa le mois de juin à Alençon, oùMontigny, envoyé par les états, vint le trouver. Catherine y alla de nouveau pour tâcher de le faire revenir sur sa décision, mais sans pouvoir y parvenir. Le 7 juillet, il partait presque seul de Verneuil, franchissait à cheval en deux jours la distance entre cette ville et Bapaume, et le !> juillet entrait à Mous, où il était acclamé. « Je suis venu, écrit-il de cette ville, à M. d'ilumières, en aide à ce peuple opprimé et pour rabattre L'orgueil de l'Espagne qui, par ses conseils, nous a toujours mis en division.»

Cette résolution fut diversement appréciée, les uns l'approuvant comme un acte d'audace, d'autres blâmant le duc pour s'être mis ainsi à la merci des étrangers1.

Giovanni Michel, l'ambassadeur de Venise, et Montréal, celui de Savoie, allèrent le trouver à

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