I. Bibl. natales ambassadeurs vénitiens, Pilza
il - PROJETS DE MARI \u. d'ÉLISABETU 20 i
Mous; ils n'en rapportèrenl < 1 1 1 c des déclarations values, que ces paroles peu concluantes: « Apprit-' par les états, je ne puis pas décliner ce devoir1. »
Henri 111 tenta un dernier efforl : il (il proposer à son frère par Villeroy le marquisat de Salures, avecl'offre de solliciter du pape la cession du Comtat-Venaissin, el de demander pour lui une drs filles «In roi d'Espagne, ou à son défaut la princesse de Mantoue, qui lui ouvrait le chemin de l'Italie. Rejetant, sans vouloir même s'v arrêter, toutes ces illusoires propositions, le due revint de lui-même à l'idée d'épouser Elisabeth. Le 30 juillet il lit partir de .Mous pour l'Angleterre M. de Quincé, gentilhomme protestant, et M. de Bâcqueville, dont les instructions étaient celles-ci : faire connaître à Elisabeth pour quels motifs il est entré dans les Flandres, solliciter ses conseils sur la conduite à y tenir, enfin renouveler la demande de sa main.
Fidèle à la politique anglaise de tous les temps, Elisabeth ne voulait pas plus des Français que des Espagnols dans les Flandres; elle avait blâmé le prince d'Orange pour avoir,
I. Documents diplomatique s oui c la Toscane, i. IV. p. i : :
l'année précédente, engagé sans la prévenir (1rs pourparlers avec le duc d'Alençon1. Elle travailla donc en secret ta déjouer les projets de son prétendant. Tandis que Walsingham et Henri Kobham, envoyés par elle a Anvers, s'efforçaient, mais sans grand succès, de négocier une transaction entre Philippe II et les étals, le duc Jean-Casimir, à l'aide de ses subsides, levait une armée en Allemagne et se préparait à passer dans les Flandres. Immobiliser tout à la fois, grâce à Jean-Casimir, don Juan d'Autriche dans son camp retranché de Namur • t neutraliser le duc d'Alençon, tel était le plan adopté e1 suivi par Elisabeth. Durant tout le temps nécessaire à Jean-Casimir pour rassembler ses forces elle tint à distance les envoyés du duc, laissant à Susses le soin de les voir. Dans une longue conférence, Bacqueville aborda carrément la question : le duc étail très mal en cour; pour assurer sa sécurité, il s'était décidé à cette entreprise. Retourner sans avoir rien fait, ce serait une honte. Sun but, il ne le cachait pas, « était d'épouser la reine ou d'épouser les Pays-Bas ». Si la
I. Archives dé la maison d'Orange, Mémoire anonyme des troubles des Pays-Bas, p. î'i.'i.
LES PROJETS DE KAR1AGE D'ÉLîSABETB 201
reine le repousse, àjoutail Bacqueville, il se mettra du côté de don Juan d'Autriche et, s'unissani à l'Espagne, il raffermira sa situation.
En rendant compte de cel entretien à la reine Susses conclut en faveur du mariage, e1 lui fil entrevoir que, dédaigné par elle, le duc pourrait peut-être penser h Marie Stuart.
L'armée de Jean-Casimir étanl entrée dans les Pays-Bas à la lin d'avril, Elisabeth consentit enfin à recevoir 1rs envoyés du dur. Cecil, Leicesteret Nation assistèrentà L'audience.
« Le due. dit-elle à Bacqueville, ne doil s'en prendre qu'à lui si cette négociation esl restée depuis deux ans en suspens1. Je n'ai d'autre réponse à l'aire que celle que j'ai tant de fois faite : je ne me marierai jamais à un prince que je n'aurai pas vu; si. après nous être vus, je n'accepte pas le due. el s'il prend mon refus pour une offense, il vaut mieux qu'il ne vienne pas: si au contraire ses protestations sont sincères et si, à tout evénemenl , il veul rester mon ami, mi'il vienne, mais sans train; que ce ne soil quune simple visite. » Ceci] écrivait: <■ Je ne sais pas comment Bacqueville prendra cria, mais je sais bien commenl je le prendrais à