I. Fi.mkIc. History of England, '■ XI, P
iU8 LES PROJETS DE MARIAGE D'ELISABETH
sa place ; à coup sur, après une aussi incertaine réponse , je n'engagerais pas mon maître
à venir1. »
Le plan d'Elisabeth avait non moins réussi vis-à-vis de don Juan. L'armée de Casimir s'étant jointe à celle des états dans le voisinage de Matines, les Français, de leur côté, étant maîtres du Hainaut, don Juan se trouvait comme assiégé dans son camp de Namur.
« Dieu nous a coupé les mains, écrivait-il à André Doria, nous n'avons plus qu'à tendre la tête à la hache. » Depuis trois mois, ne recevant d'Espagne ni argent , ni secours , ni instructions, la peste décimant ses soldats, et se sentant mourir, il écrivait une dernière fois à son fidèle compagnon, don Juan de Mendoza : « Notre vie est mesurée par quarts d'heure ; je crie, mais cela me sert à peu de chose ; nous languirons ici jusqu'à notre dernier soupir-. » Dévoré par le chagrin, le vainqueur de Lépante expirait, le Ier octobre, victime de l'ingratitude et de l'abandon de Philippe IL Ces deux armes étaient aussi sûres que le poison.