‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 70 sur 92 · Labanoff, Lettres rfi Mari* Stuart, l, VI. p · texte numérisé non relu

Labanoff, Lettres rfi Mari* Stuart, l, VI. p

et les actions lui revinssent mieux Elle m'a prié d'écrire à Votre Majesté de ne pas trop châtier le duc pour la grande folie qu'il a faite de tant se hasarder pour venir voir une femme de si peu de mérite. »

Le duc était-il vraiment sous le charme, ou bien, élevé à l'école de Catherine, jouait-il la passion? Yillerov, qui le vit au retour, écrivait à Castelnau : « Il me semble qu'il a rapporté de ce pays-là, en sa contenance et en son visage, un certain air qui le rend plus agréable1. » Pour maintenir Elisabeth dans les tendres sentiments qu'elle lui avait témoignés, il lui écrivait dos lettres suffisantes, dit Castelnau, « pour allumer le feu dans l'eau ». Des deux côtés on était aux douces promesses, aux décevantes illusions; mais en même temps se manifestait en Angleterre une vive opposition à ce projel de mariage, et les églises retentissaient d'allusions hostiles; des pamphlets malveillants cireulaienl de main en main. Le plus violent <lr tous fut l'œuvre d'un nommé Jean Stubbes,prof'^seurde droit à Lincoln2. Le titre seul était une insulte : le Gouffre <j>ii <h>ii engloutir VAn-

I. Mémoires de <'<>st<lu<ui, édit. de Le Laboureur. I. I. p. 670.

J. Camdem, Hist. d'Elisabeth, Paris. 1625, in,40,p. 489,

LES PROJETS m MARIAGE D'ELISABETH ^-'.'i

gleterre par le moyen du mariage de France. Le duc d'Anjou y était bafoué, la France insultée. Elisabeth ne se contenta pas de faire imprimer la défense du duc ; exhumant une vieille loi du temps de Marie Tudor contre les auteurs d'écrits séditieux, elle déféra à la juslice Stubbes, l'imprimeur Singleton et l'un des distributeurs. La punition fui terrible; tous trois furent condamnés à avoir la main tranchée : Singleton seul eut sa grâce. L'échafaud fut dressé sur Tune des places de Londres. A l'aide d'un coutelas et d'un marteau, le bourreau coupa la main droite de Stubbes; le supplicié se redressa et, de sa main gauche, levant son chapeau en l'air, s'écria : « Vive la reine! » Le peuple qui remplissait la place resta immobile et silenrieux, mais la haine contre la France, qui se lisait sur tous les fronts, s'en accrut encore.

Simier part pour la France. — Il rend compte de sa mission à Henri III. — Il rejoint le duc à Alençon.

— Stafford présente quelques restrictions relatives à l'exercice de la religion. — Réponse de Henri III.

— Staffcrd va à Alençon. — Le duc se refuse à toute concession. — Catherine atténue ce refus. — Félicite Leicester de sa rentrée en faveur. — Revirement favorable d'Elisabeth. — Prétentions de Catherine à la couronne de Portugal. — Elisabeth visite Castelnau. — Promet de fixer la date du départ des commissaires. — Elle reçoit Coudé en présence de Castelnau. — Lui conseille la paix. — Stafford retourne à Alençon. — Conditions imposées par le duc. — Henri III fixe le départ de l'ambassade. — Lenteur des négociations du duc avec les États des Pays< Bas. — Une députation lui est envoyée. — Convention signée au Plessis-les-Tours. — Balagny cherche querelle à Simier. — Simier disparaît. — La paix avec les protestants peut seule permettre au duc d'entrer dans les Flandres. — Il va à la rencontre du roi de Navarre. — Sa lettre à des Pruneaux. — Le roi de Navarre profite des nécessités de la paix pour ses propres intérêts. — La paix de Fleix. — Traité du duc et des États, signé à Bordeaux. — Elisabeth acee] de le fait accompli. — Prninel

LES PROJETS DE MARIAGE D ELISABETH ^-'."i

au duc de l'aider. - Écril h Henri III qu'elle est prête ;'i recevoir les commissaires français. — La conquête du Portugal par le duc d'Albe inquiète l'Angleterre. — Kobham cherche à sonder Henri III à ce sujet. — Réponse de Henri III. — Il annonce à Kobham l'arrivée de ses envoyés à Calais. — Long séjour qu'ils y font. —Entrevue de Tassis ambassadeur d'Espagne >•! de Catherine. — Dépari «lis commissaires pour Londres. Leur audience. — Grand dîner au palais de Westminster. — Bal qui le suit.

— Première conféren ïhez CeciL- Elisabeth évite de se

prononcer. — Réflexions de Pinari sur ces lenteurs. — Rédaction du contrat. — Audience de <-,iuu;r donnée à nos envoyés. — C;uvs<r< ri protestations que leur fail Elisabeth.

Vers le milieu de décembre, Simier, ayant enfin arraché ;i Elisabeth et à ses conseillers les articles convenus et signés du projet de mariag-e, partit pour la France, comblé de riches présents comme ne l'avait jamais été avant lui aucun ambassadeur. Un croiseur • •nvoyé par Leicester guettait dans le détroit le ) ià liment sur lequel il avait pris passage, mais il eut l'heureuse chance de lui échapper '. Après avoir soumis à Henri III le résultat de sa mission, il se hâta d'aller rejoindre le duc d'Anjou à Alencon. Lord Stafford le suivit de

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