Bibl. nat., fonds français, a
Nos envoyés se regardèrent avec stupeur : ils répondirent à bon droit qu'ils avaient considéré le mariage comme un fait accompli, et que se jeter dans de pareilles discussions, ce serait revenir au point de départ de la négociation. On se sépara sur ces aigres paroles. Le 7 mai, la reine invita nos envoyés à un bal de jour qui se prolongea jusqu'à cinq heures du soir, puis les faisant passer dans la sâlîê de présence, elle leur lit un long- discours sur les nécessités dune ligue avec la France, seul moyen de tenir tète au roi d'Espagne. Pour n'avoir pas à s'expliquer sur la question du mariage, elle prétexta de nouveau qu'elle attendait une lettre du duc en réponse aux questions qu'elle lui avait posées.
Découragé par ces lenteurs, Pinart écrivait le 21 mai ;t Catherine : « La reine nous fait toutes sortes de démonstrations, mais nous n'avons rien pu avancer, bien qu'elle nous accorde de conclure son mariage suivant les articles signes par Simier. » Un projet de contrat ayant été présenté par nos ambassadeurs, les conseillers d'Elisabeth n'en voulurent pas et proposèrent celui adopté pour le mariage de Marie Tûdor. Force fut de céder et le contrat fut rédigé en lai in: mais, quand il fallut signer, les
LES PROJETS DE MARIAGE d'ÉLISABETH 239
anglais voulurenl signer 1rs premiers; cette nouvelle concession leur ayanl été faite, on croyait enfin toucher au dénouement. — Pas dn tout, Elisabeth exigea qu'une contre-lettre fût annexée au contrat. Les termes en étaient vagues et ambigus : « La reine ne serait astreinte à la consommation du mariage que lorsque le duc et elle se seraient éclairais entre eux d'aucunes particularités. » In délai d'un mois leur était laisse pour se mettre d'accord. •• (-'était
donner d'une main, écrivarl Pinarl ;i Catherine, et retirer de l'autre. » Le contrai n'en lui pas moitié signé avec cette réserve qui remettait tout en question. Le 12 juin, nos ambassadeurs eurent leur audience de congé et reprirent le chemin de la France, bien moins assurés dit succès que le jour où ils étaient partie dé Calais. Ge n'est pas les protestations ni les belle* promesses qui avaient fait défaut, jamais Elisabeth ne s'était montrée plus caressante. " Ëllti est plus catholique que moi. dit au retour Lansac à L'ambassadeur de Venise, l.orcn/.o Priuli; elle m'a fait un grand éloge du pape, et s'est servi des expressions les plus dures en me parlant des calvinistes qu'elle tient pour les plus grands ennemis des rois cl des troues '. »