CHAPITRE DEUXIÈME
de Sextus Empiricus ' que Phobos disait le prologue d'une comédie dont le litre et l'auteur sont inconnus. Lucien ^ cite comme personnage d'un des prologues de Ménandre Elenclios, « ami de la vérité et de la franchise ». Il résulte en outre de ce texte très curieux que d'autres divinités étaient venues remplir sur la scène les mêmes fonctions. Et Ménandre avait, semble- t-il, entre tous les poètes de cette époque, une prédilection marquée pour cette sorte d'allégories ; c'est évidemment ce qu'indique le rhéteur Théon ^ quand il dit que l'on trouverait dans ses drames de beaux exemples de prosopopée. Pourquoi Ménandre et les autres eurent-ils recours à l'arlifice de ces personnifications ? Pour deux raisons, les mêmes qui avaient conduit Euripide à l'emploi de moyens analogues : d'abord la nécessité de faire paraître dans ce rôle de narrateur, chaque fois que, pour un motif ou pour un autre, aucun des personnages de la pièce n'était en mesure de fournir au public tous les renseignements indispensables ou désirables, une individualité douée du privilège divin de tout savoir ; — Aer, étant partout, sait forcément tout ce qui se passe en quelque lieu du monde que ce soit-*; il n'est personne, ni homme ni dieu, qui puisse lui cacher une seule de ses actions ; voilà sans doute pourquoi Philémon l'a chargé de l'exposition; — ensuite le désir de corriger par l'agrément du spectacle la grossièreté d'un pro-
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